Sélection Afrique du Sud

Sélection Afrique du Sud

L'Afrique du Sud par ses écrivains

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L’Afrique du Sud, terre aux paysages époustouflants et à l’histoire mouvementée, fascine autant qu’elle intrigue. Si les fantômes du passé continuent à la hanter, elle est aussi d’une exceptionnelle vitalité. Aujourd’hui, malgré ses contrastes, c’est une nation en fête qui célèbre à la fois le football et le centenaire de son indépendance. Occasion de se pencher sur la richesse de son patrimoine littéraire, du prix Nobel J.M. Coetzee aux maîtres du suspense Deon Meyer et Louis-Ferdinand Despreez, en passant par l'immense figure politique qu'est Nelson Mandela.

                                                                                                                   

 



J.M. Coetzee, classique de la littérature mondiale

 

 

J.M. Coetzee

                                                                             © Mariusz Kubik

Né au Cap en 1940, John Maxwell Coetzee est peut-être, aux côtés de Nadine Gordimer, l’écrivain sud-africain le plus connu. Titulaire du Booker Prize à deux reprises, pour Mikael K, sa vie, son temps (1983) et Disgrâce (1999), l’ensemble de son œuvre a été récompensée en 2003 par le prix Nobel de littérature. C’est dans ses origines afrikaaners et son expérience de l’apartheid qu’il puise la matière de ses romans, où la violence, le problème racial et le sentiment de culpabilité habitent des récits allégoriques à la portée universelle.

Disgrâce

 

Couverture de Disgrâce

« Prodigieux roman qui a sa place parmi les chefs-d’œuvre de la littérature universelle. »


Le Nouvel Observateur


A la cinquantaine passée, David Lurie est un homme qui s’ennuie. Deux fois divorcé, il enseigne à l’université du Cap et continue à jouer au grand séducteur, y compris auprès de ses jeunes étudiantes. Un pas de trop, et c’est la déchéance : accusé de harcèlement, il est contraint de démissionner. Pensant trouver la paix auprès de sa fille Lucy, dans une ferme de l’arrière-pays sud-africain, il découvre la colère des populations noires trop longtemps spoliées. De sa plume sèche et habile, J.M. Coetzee dresse le portrait sombre d’une Afrique du Sud post-apartheid.

Extrait :

« Il est dans un tel état de nerfs qu’il ne peut fermer l’œil. A l’aube, il se dirige vers la montagne pour une longue marche. Il a plu, les ruisseaux coulent à flot. Il respire profondément le parfum entêtant des pins. A dater d’aujourd’hui, le voilà un homme libre, qui n’a d’obligations qu’envers lui-même. Il a tout le temps devant lui pour faire ce qui lui chante. C’est un sentiment bizarre, qui le met plutôt mal à l’aise, mais il présume qu’il s’y habituera. »


Mikael K, sa vie, son temps

 

Couverture de Mikael K, sa vie, son temps

Michael K est né avec un bec-de-lièvre. Doux innocent, un peu attardé, il quitte Le Cap à la demande de sa mère mourante, qui rêve de retrouver sa ferme natale à Prince Albert. Mais le pays est en guerre… Sa mère ne survivra pas au voyage. Michael, lui, continue son périple en solitaire. Et ce ne sont pas les contrôles, interdictions et combats qui l’empêcheront de rejoindre la ferme-refuge originelle. Il cultive son jardin dans ce petit paradis à l’écart de la folie des hommes. Mais pour combien de temps ? J.M. Coetzee signe ici une superbe parabole, à la fois sombre et éblouissante, sur la dignité humaine.

Extrait :

« Il gravit la dernière côte, le cœur battant plus vite. Quand il atteignit la crête, la maison apparut en contrebas : d’abord le toit et le pignon effondré, puis les murs blanchis à la chaux ; rien n’avait changé. Sûrement, pensa-t-il, sûrement ai-je survécu au dernier des Visagie ; sûrement chaque jour que j’ai passé à me nourrir d’air dans les montagnes ou à être dévoré  par le temps dans le camp a-t-il été aussi long à supporter pour ce garçon, qu’il ait mangé ou qu’il ait eu faim, qu’il ait dormi ou veillé dans sa cachette. »

 


Deon Meyer, maître du polar sud-africain

 

    Deon Meyer

« L’habileté de ses intrigues, la force de ses descriptions, sa passion sincère pour un pays dont il connaît les fragilités en font un auteur de premier plan, mondialement célébré. »


Télérama


C’est son premier roman, Jusqu’au dernier (Seuil), qui le fait connaître du public français en 2002. Les polars de Deon Meyer explorent les faiblesses de personnages ancrés dans les années post-apartheid. Sur fond d’intrigues haletantes, l’ancien journaliste s’amuse à embarquer ses lecteurs dans des aventures à cent à l’heure. Deon Meyer, né en 1958 à Paarl, a reçu le Grand Prix de la littérature policière 2003 pour Jusqu’au dernier et Le prix Mystère de la critique 2004 pour Les Soldats de l’aube.

Jusqu’au dernier

 

Couverture de Jusqu'au dernier

L’inspecteur Mat Joubert est en deuil de sa femme depuis plus de deux ans. Quand le colonel Bart de Wit devient son nouveau chef, à la brigade des Vols et Homicides du Cap, Mat est forcé de se ressaisir. Et ce n’est pas le travail qui manque : Monsieur le Cœur, braqueur de son état, dévalise les succursales de la banque Premier, tandis qu’une série de meurtres est perpétrée à l’aide d’un Tokarev et d’un Mauser, armes étrangement archaïques… Y aurait-il un lien entre ces deux affaires ? Sur fond d’Afrique du Sud en reconstruction, Deon Meyer mène tambour battant une intrigue à couper le souffle.

Extrait :

« Dans le silence du dernier après-midi de l’année, il pensait à la mort. Mécaniquement, ses mains fourbissaient son pistolet de service, un Z88. Il était assis au salon, penché en avant dans son fauteuil, toutes les pièces de son arme posées sur la table basse, entre des chiffons, des brosses et une burette à huile. Dans le cendrier, une cigarette expédiait de longues et maigres volutes au plafond. Au-dessus, à la fenêtre, une abeille se tapait dans la vitre avec une régularité monotone et irritante : elle voulait rejoindre la chaleur de l’après-midi au-dehors, là où soufflait un léger vent de sud-est. »

Lemmer, l’invisible

 

Couverture de Lemmer,l'invisible

Body Armour, société spécialisée dans la protection de V.I.P., proposent deux types de service : les gorilles intimidants et les invisibles, redoutables. Lemmer, sorti de quatre ans de prison, fait partie de ceux-là. Le jour où il doit jouer le garde-du-corps d’Emma Le Roux, il est perplexe. La jeune femme prétend avoir vu à la télé la photo de son frère, recherché pour le meurtre d’un sorcier et d’un braconnier. Problème : son frère est mort il y a vingt ans. Dans le décor exotique d’une réserve d’animaux sauvages, Deon Meyer peint une société complexe et mouvante où la corruption est reine.

Extrait :

« - D’où êtes-vous, Lemmer ? me demanda-t-elle. Avec un intérêt manifeste.
Un garde du corps ne s’assied pas avec ses clients dans les avions. Le garde du corps, même quand il travaille seul, se fond dans un environnement plus vaste. En général, il voyage dans un véhicule séparé, toujours dans un siège séparé, afin de remplir son office de façon anonyme et impersonnelle. Pas de contact privé ni de conversation, pas de questions sur le passé. C’est une distance nécessaire, un rempart professionnel, ainsi que l’ordonne la première loi de Lemmer.
– Du Cap. »

 


Louis-Ferdinand Despreez, un agent à Prétoria

Mais qui est Louis-Ferdinand Despreez ? L’identité de ce descendant d’huguenots français reste très secrète. Né en 1955 à Transvaal, ce passionné des écrits de Céline a été membre de l’ANC (African National Congress) et est très actif dans le processus de réconciliation nationale du pays. Aujourd’hui, sa profession est bien mystérieuse. On l’imaginerait bien volontiers en agent secret…

La mémoire courte

    Couverture de La mémoire courte

« Un coup de maître ».     Le Figaro

Tous les samedis matin, un homme est retrouvé assassiné dans un lieu public de Soweto. En pleine période électorale, l’inspecteur Francis Zondi est chargé de l’enquête. Mais comment identifier les victimes quand l’assassin s’est acharné sur leurs corps, au point de les mutiler et d’arracher la peau de leurs visages ? Zondi a du pain sur la planche s’il veut réussir à enrayer le cycle infernal de ces crimes. Pour son premier roman, Louis-Ferdinand Despreez fait une entrée en force dans le monde du polar…

La suite des aventures de Zondi, le flic intrépide, est à retrouver dans Le Noir qui marche à pied, disponible chez Points.

 

Extrait:

« Il s’habille en civil dans des costumes de confection à trois cent rands décrochés dans un bazar indien de Marabastadt, un luxe indécent pour ainsi dire vu son salaire, mais Zondi est un coquet. A quarante ans, il en paraît vingt-cinq et sa bizarre incisive en or clinquant accentue toujours son air de tombeur carnassier lorsque, sur la scène d’un crime, il s’adresse aux victimes ou aux témoins d’un air rassurant : “Calmez-vous, je suis là, une bonne fois pour toutes…” C’est sa formule. Personne ne sait vraiment pourquoi il dit ça, parce que ça ne veut rien dire, mais l’effet sédatif est instantané. Tout le monde la ferme, même les Blancs qui auraient finalement préféré voir débarquer un officier blanc. »

 


Réconcilier l’Afrique du Sud : Nelson Mandela

 

 

Nelson Mandela

Président de la « nation arc-en-ciel » de 1994 à 1999, Nelson Mandela reste la figure politique la plus emblématique du combat contre l’apartheid. Récompensé par le prix Nobel de la paix en 1993, Nelson Mandela a lutté toute sa vie contre les politiques de discrimination raciale instaurées en 1948 par le Parti National. Il passe vingt-six ans en prison avant d’être libéré le 11 février 1990. Elu Président en 1994, il sera un acteur essentiel de la période de transition démocratique de l’Afrique du Sud, en particulier par l’organisation de la Commission de la vérité et de la réconciliation.

Le temps est venu…  (Discours de Nelson Mandela, 10 mai 1994)

 

Couverture de Le temps est venu

Il y a des discours qui changent le cours de l’histoire… Celui de Nelson Mandela, prononcé le 10 mai 1994, a marqué le destin de l’Afrique du Sud. Ce jour-là, Nelson Mandela prête serment aux Union Buildings, siège du gouvernement à Pretoria. Le nouveau président, leader du premier gouvernement mixte du pays, célèbre dans son discours d’investiture la fin de l’apartheid dont « doit naître une société dont toute l’humanité sera fière ». Et quoi de mieux que l’amour commun du pays et l’égalité raciale comme ciments de cette nouvelle « nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde » ?

Extrait :

« Le temps est venu de panser les blessures. Le temps est venu de combler les gouffres qui nous séparent. Le temps de construire est arrivé. Nous avons, enfin, réalisé notre émancipation politique. Nous nous engageons à libérer notre peuple de l’esclavage permanent dû à la pauvreté, à la privation, à la souffrance, au sexisme et à toute autre discrimination. Nous avons réussi à franchir cette dernière étape vers la liberté dans des conditions de paix relative. Nous prenons l’engagement de construire une paix complète, juste et durable. Nous avons triomphé dans notre effort à insuffler l’espoir dans le cœur de millions de nos concitoyens. Nous nous engageons à construire une société dans laquelle tous les Sud-Africains, qu’ils soient blancs ou noirs, pourront marcher la tête haute et sans crainte, assurés de leur droit inaliénable à la dignité humaine – une nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde. »

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