La Ville des morts de Sara Gran

7,7€ // 384 pages
Paru le 07/01/2016
EAN : 9782757854570

La Ville des morts

Sara Gran

Policiers, thrillers & romans noirs

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La Nouvelle-Orléans n’est plus ce qu’elle était. Sinistrée par l’ouragan Katrina, il n’en reste que les mystères que le Mississippi n’a pas engloutis. Claire DeWitt, détective au caractère bien trempé, revient dans la ville des morts afin de percer le secret de la disparition d’un procureur. Hantée par ses démons, elle sait qu’ici, entre anciens amis et nouveaux ennemis, personne n’est innocent.



Sara Gran, née à New York en 1971, est l’auteur de Viens plus près et Dope (disponibles en Points). La Ville des morts est la première des enquêtes de Claire DeWitt, en cours d’adaptation à la télévision.



« Un grand roman de Sara Gran. En inventant le personnage ébouriffant de Claire DeWitt, elle se place dans la lignée d’Hammett et de Chandler. »

Le Monde


Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Breton


Macavity Edward 2012

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

21 octobre 2016
Sandrion

Claire DeWitt est une détective privée au caractère bien particulier, plus proche des marginaux en tout genre que des enquêteurs propres sur eux. C’est ce qui me l’a rendue d’emblée tout à fait sympathique. En 2007, elle est amenée à lever le mystère sur la disparition de Vic Willings lors des inondations qui ont suivi le passage de l’ouragan Katrina et pour cela à revenir dans sa ville natale, La Nouvelle-Orléans. C’est une ville sinistrée qui accueille Claire : « des gens qui s’entretuent, il y en a partout. La différence, c’est qu’à la Nouvelle-Orléans, personne n’essayait de les en empêcher. Les flics accusaient le ministère public, et le ministère public accusait les flics. Les écoles accusaient les parents, et les parents accusaient les écoles. Les Blancs accusaient les Noirs et les Noirs accusaient les Blancs. Et pendant ce temps-là tout le monde continuait à s’entretuer. » Ambiance assez sombre, donc, dans cette « ville des morts », l’enquête a bien du mal à démarrer et les témoins ont la gâchette facile… Mais Claire DeWitt n’hésite pas à partager un joint avec les clochards ou les petites frappes pour en savoir plus et ne se laisse impressionner par pas grand-chose.

Peu à peu, au fur et à mesure des progrès de l’enquête, la narratrice révèle son passé, le trio de choc qu’elle formait dans sa jeunesse avec deux autres jeunes filles et le traumatisme suite à la disparition de l’une d’elles, son apprentissage auprès de Constance, une femme étonnante qui l’a formée au tirage du Yi-King, à l’interprétation des rêves ou à la lecture d’un livre un peu ésotérique sur les détectives et dont la mort l’a laissée orpheline.

L’histoire est sombre mais le récit non dénué d’humour et de fantaisie et j’ai été vraiment conquise par cette héroïne assez déjantée, l’intrusion des rêves, visions ou messages mystérieux, mais aussi par ces individus à la vie déjà bien abîmée dont elle croise la route, et la description de la vie dans cette ville fantôme où les armes font davantage la loi que la police.

« – On ne peut pas changer la vie de quelqu’un, m’a-t-elle dit, on ne peut pas effacer le karma d’autrui. […] Tout ce qu’on peut faire, c’est lui laisser des indices. En espérant qu’il comprenne et décide de les suivre. »

28 septembre 2016
Caroline Vallat

J'avais adoré "Dope" et "Viens plus près" de Sara Gran, parus chez Sonatine il y a quelques années...
Je sais que Sara à galéré à trouver un éditeur français pour sa série des Claire DeWitt et je suis très heureuse qu'elle y soit parvenue parce que cette première enquête de cette détective atypique est un bonheur !
Franche, barrée, drôle, fin limier, cette Claire DeWitt, meilleure détective de toute la Terre (c'est comme ça qu'elle se définit elle-même !) prend l'affaire de retrouver un homme disparu après l'ouragan Katrina, un proc de La Nouvelle Orléans.
Elle va croiser sur sa route et son enquête beaucoup de personnages paumés comme elle et qui vont l'aider.
Elle a des connexions dans beaucoup de milieux et certaines personnes lui doivent des services donc Claire avance vite avant de déterrer divers secrets et d'approcher la vérité.
Un roman noir, fou et déglingos !

8 août 2016
D Grimaldi-Guerrini

Il y a d’abord la Nouvelle-Orléans, mal rescapée de Katrina, blessée à mort, avec ses dangers, ses rituels magiques, son Carnaval, une « ville où la magie est la réalité ». Atmosphère.
« La Nouvelle-Orléans, c’est pas un endroit pour les happy ends ».
Il y a aussi la science du Détectiv qui va bien au-delà d’une simple résolution d’enquête. Son travail a à voir avec les signes que le monde nous envoie et que nous négligeons. Rien que ça.
Mystère.
« Pour eux (les gens), la vie est comme un livre rempli de pages blanches. Pour le détective, c’est un manuscrit enluminé de mystères. »
Et puis il y a Claire DeWitt, la détective nourrie des enseignements paradoxaux du « Détective » et elle-même très particulière. Dans sa recherche du meurtrier d’un procureur, elle croise toute une faune étrange et attachante ou malveillante.
Humanité.
La solution finale n’est pas d’une grande nouveauté ; mais la réflexion originale sur le métier de détective, les déambulations dans la ville et la personnalité de la détective sont intéressantes.

29 juin 2016
Jean-Marc Deverre

Un polar atypique, un cadre envoûtant et un personnage attachant amené à devenir récurrent : trois ingrédients d'une recette qui fonctionne !

2007, la Nouvelle-Orléans se remet difficilement du passage de Katrina. Passé le choc, l'émotion planétaire, les (quelques) secours de première urgence, la ville et ses habitants sont livrés à eux-mêmes et tentent de réapprendre à vivre dans une ville où le chacun pour soi est devenu la règle. Dans la ville des morts, il y a également la Communauté des disparus, tous ceux dont on ne sait pas s'ils se sont noyés, s'ils ont fui dans un état voisin ou s'ils sont toujours vivants, terrés quelque part ou subsistant sous une nouvelle identité parmi les hordes de clochards ou les gangs qui occupent désormais les rues.

C'est le cas de Vic Willing, auparavant substitut du procureur et notable de la Nouvelle Orléans, que nul n'a revu depuis l'ouragan. Son neveu charge Claire DeWitt, détective privée atypique de le retrouver. de retour dans une ville où son destin s'est noué dans une vie antérieure, Claire va mettre en pratique les enseignements de Constance qui fut autrefois son mentor, mais aussi ceux de Jacques Silette - le "pape" français des détectives dont la "bible", Détection, ne la quitte pas - pour résoudre à sa manière une énigme que tous veulent conserver enfouie.

L'énigme en elle-même ne mériterait pas ces 370 pages si elle ne se doublait d'une véritable plongée dans l'ambiance de la Nouvelle-Orléans post-Katrina, à la manière parfois d'un reportage télévisé, plutôt descriptif, mais bien plus souvent comme une tentative - réussie - de nous faire capter cette ambiance si particulière d'une ville cosmopolite qui revient à la vie. Certes, la ville est devenue une zone de non droit où, sous l'effet de l'alcool et des drogues, tout est permis puisque la police ne sait plus où donner de la tête. Les armes font la loi : celles des guns glissés sous les ceintures des caïds de quartiers, comme celle des fusils posés à côté des portes des habitants terrés chez eux.

Mais dans cette atmosphère de chaos, de nombreuses lueurs d'espoir apparaissent. Celles d'une ville qui a l'entraide dans son ADN comme en témoignent les initiatives spontanées de sauvetages et d'accueil lors des inondations. Celle d'une ville qui se reconstruit individuellement, maison après maison, tout doucement, dans la terreur mais avec le souhait de ne pas la laisser aux mains des grands opérateurs immobiliers, rapaces modernes déjà aux aguets. Celle d'une ville enfin dont les traditions de métissages s'illustrent parfaitement dans les groupes de carnaval, véritables familles rassemblées et unies par le sens de la fête et des traditions, qui renaissent chaque année et qu'aucun ouragan au monde ne peut anéantir.

Et enfin, il y a Claire DeWitt. Autoproclamée Meilleure détective du monde, Sara Gran la rend attachante dès les premières pages et s'attache ensuite à poser les différentes pièces du puzzle de son histoire, dont elle ne distille que quelques clés : Claire est appelée à devenir l'héroïne récurrente des prochains opus de Sara Gran, il faut donc garder de la matière pour les prochains tomes. Sans en savoir beaucoup plus, on apprend ainsi des bribes de sa jeunesse : sa relation fusionnelle avec ses "soeurs" Kelly et Tracy aujourd'hui disparue ; Constance qui la prit sous son aile ; mais aussi ses tourments, ses démons, ses influences ésotériques... Bref, amateurs de privés à la Marlowe, passez votre chemin. Vous ne retrouverez aucun des attributs chers à Chandler chez Claire. Et c'est tant mieux !

27 juin 2016
Doris Séjourné

2007 : La Nouvelle-Orléans deux ans après le passage de Katrina et Rita. Claire De Witt, la meilleure détective autoproclamée du monde, débarque en ville afin d’enquêter sur la disparition de Vic Willing, un substitut du procureur a première vue bien sous tous rapports. L’homme a-t-il été soufflé par les éléments ou s’agit-il d’autre chose ?
En parcourant une ville devenue l’ombre de celle qu’elle a connue dans sa jeunesse, Claire De Witt devine que la vie à l’embouchure du Mississipi aura pour toujours une saveur de mort. Que la nostalgie des chênes centenaires et des vielles bâtisses coloniales ne pourra jamais effacer tout à fait l’odeur de putréfaction.
Claire enquête en s’inspirant de ses années d’apprentissage auprès de Constance Darling, brillante détective versée dans les arts divinatoires et de la lecture de « Détection », un ouvrage de théorisation sur l’enquête policière d’un français, Jacques Silette.
Des signes qu’elle interprète comme des indices la conduisent dans certains quartiers pauvres toujours embourbés de la Nouvelle-Orléans où des gangs d’adolescents désœuvrés, amateurs de gros calibres, se coltinent à la vie en mode débrouille sous les yeux blasés des clochards de tous horizons.
La rencontre avec Andray Fairview, un gosse livré à la rue, permet à Claire de découvrir la vérité par intuition, plus aidée par des flashs et quelques pauses « fumette » que par la réflexion et l’analyse.
Mais d’autres disparus viennent la hanter : sa meilleure amie et co-détective d’enfance, évaporée du métro de New York en 1987, et la propre fille de Silette, Belle, kidnappée dans une chambre d’hôtel sans que personne ne l’ait jamais revue.
« La ville des morts » est un livre étonnant qui mêle roman noir, fantaisie, humour et humanité. Sara Gran se joue avec dérision des codes du polar américain. Sous sa plume hardie, le désespoir raisonne comme un riff de guitare insolent, façon « We are not dead ». Un roman hallucinant d’où je suis sortie hallucinée avec la vision d’un minuscule perroquet vert s’envolant au loin. Promis, craché, je n’ai rien fumé d’autre que du bon tabac.

21 juin 2016
Bernard

« La ville des morts » est plus un roman d’ambiance qu’un roman policier classique. Sara Gran fait merveille pour projeter le lecteur dans le monde dévasté de la ville submergée, nous fait rencontrer toutes sortes de personnages plus ou moins marginaux plus qu’elle ne nous mène de piste en piste, d’indice en indice ou de coupable potentiel en coupable potentiel. On l’aura compris Sara Gran n’a rien à pas grand-chose en commun avec Agatha Christie tout comme Claire DeWitt est à l’exact opposé du célèbrissime Sherlock Holmès. Avec cette sympathique paumée largement déjantée, foin de logique ou de cartésianisme, bonjour l’intuition, les baguettes chinoises et les rêves prémonitoires. Le lecteur est tellement bluffé par ses méthodes improbables qu’il ne s’étonnerait même pas qu’elle trouve l’inspiration dans le marc de café, les tarots ou les tables tournantes. Si on y ajoute le style fluide, agréable, vivant et le regard plein d’humanité de l’auteure, on obtient forcément un agréable moment de lecture finalement assez peu policière au sens propre du terme, mais qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l'ivresse !

21 juin 2016
Glowaczower

La ville des morts, La Nouvelle Orléans donc, a été ravagée par l’ouragan, comme si le sort s’acharnait à appauvrir une région déjà laissé pour compte face à la délinquance, aux violences et la corruption.
Claire DeWitt, détective privé, la meilleure, est engagée pour retrouver un disparu, un juge, moins pire que les autres dont la trace s’est effacée lors de cette catastrophe. Claire connaît bien la ville, et beaucoup d’autres comme Brooklyn où elle a grandi, appris son métier et trouvé ses mentors. Plus qu’un personnage, c’est une héroïne, revenue de pas mal de chose, pour qui les illusions se sont évaporées.

Je n’ai eu aucun mal à me laisser emporter par le livre, le rythme est soutenu, les personnages attachants, une héroïne cabossée mais courageuse, des mystères à plusieurs niveaux de lecture et une construction très originale.
J’ai particulièrement apprécié le focus employé sur les personnages ; de généralités toutes faites qu’on nous laisse souvent avoir et à voir se profilent des âmes meurtries, piégées dont la valeur reste cachée à ceux qui ne veulent pas voir. Une très grande empathie se dégage du livre pour ses personnages mais aussi pour cette région aux difficultés importantes mais à la magie séculaire au sens propre comme au sens figuré et aux traditions bien enracinées. Il est intéressant de noter qu’une coutume ou festivité d’origine indienne se perpétue grâce aux afro-américains comme dans le cas de ces tribus qui paradent le Mardi gras dans les rues de la ville. La force de Sara Gran dans ce livre est de nous captiver à tout point de vue, intrigue, personnages, documentations et en situant l’action dans un cadre réel. Il reste à souligner que le personnage et la doctrine de Jacques Silette est une trouvaille parfaitement opérante pour aller nous perdre dans Google.
Un petit mot sur la construction savamment dosée entre le passé de Claire et le présent, entre l’apprentissage de détective et la mise en pratique, entre New-York et La Nouvelle Orléans, qui s’avère très efficace.

Si je devais souligner un petit bémol je le situerais au niveau de l’intrigue dont l’intérêt se floute quoique le dénouement soit cohérent.
Bon, il y a aussi les fameux préceptes du père Silette, plus moralisateurs que thérapeutiques, sans doute faut-il être adepte ou apprenti détective, j’en parlerai au club des 5.

J’ai beaucoup aimé La Ville Des Morts pour toutes les raisons que vous venez de lire et aussi pour cet humour discret et un peu décalé un peu corrosif, parfois d’autodérision par rapport à Claire, parfois pour désamorcer des situations terribles et éviter le pathos, j’ai bien peur que tout cinématographique que soit ce roman cet aspect soit difficile à adapter avec subtilité.
En tout cas je suis ravi d’avoir découvert un nouvel auteur à suivre.

20 juin 2016
Sandrine Fernandez

Un an et demie après l'ouragan Katrina, la Nouvelle-Orléans n'en finit pas de panser ses plaies. Porté disparu lors de l'inondation et déclaré mort, le procureur Vic Willing a légué tous ses biens à son neveu Léon qui aimerait connaître les circonstances de cette disparition. Il fait appel à celle qui s'est autoproclamée meilleure détective du monde, l'étrange Claire DeWitt. Originaire de Brooklyn et exilée à San Francisco, Claire a vécu un temps à la Nouvelle-Orléans, jusqu'à la mort de Constance, son amie et mentor. Dix ans après, elle revient dans une ville dévastée où les séquelles de la tempêtes sont encore très présentes dans les rues et dans l'âme des habitants. Bien décidée à faire toute la lumière sur la mort du procureur, la jeune femme, adepte de Jacques Silette, le célèbre détective français, promène ses démons dans une ville où la violence est devenue la norme.

35 ans au compteur, mais elle en avoue 42 pour paraître plus crédible, Claire DeWitt est l'un des deux atouts majeurs de ce polar noir. Légèrement barrée, mais très confiante en ses capacités, elle est toujours prête pour une biture ou un pétard, même trempé dans l'acide. Son livre de chevet est Détection, l'ouvrage majeur de Silette, un détective français dont Constance, celle qui l'a formée, a été très proche. Cet ouvrage mystérieux détient la clé de tous les mystères, pour peu qu'on puisse en comprendre tous les secrets. Silette est apparu très tôt dans sa vie, quand elle vivait encore à Brooklyn et explorait l'hôtel particulier de ses parents, partiellement désaffecté, avec ses deux meilleures amies, Tracy et Kelly. La disparition de Tracy, un jour de 1987, reste d'ailleurs sa plus grande blessure. Une enquête jamais résolue que Kelly, continue de mener seule, battant froid à Claire depuis qu'elle a abandonné les recherches. Bref, avec ses failles, ses délires, son non-conformisme et ses méthodes très personnelles, Claire DeWitt est un personnage à découvrir et dont la suite des aventures promet d'être haute en couleurs.
Deuxième atout : la Nouvelle-Orléans, touchée mais pas coulée par Katrina, la ville se relève d'un long cauchemar dont les traces restent vivaces. Mystérieuse, secrète, la belle de Louisiane expose ses blessures à la vue de tous ceux qui l'ont regardée se noyer. Drogue, meurtres, vols, agressions en tout genre sont le lot des gangs de jeunes qui traînent leur mal-être dans des quartiers en ruines, livrés à eux-mêmes, sans repères. Corruption, racisme, taux d'homicides le plus élevé du pays, telle est le visage de la Nouvelle-Orléans qui n'a pourtant pas renoncé à sa sève, le carnaval, le vaudou, le mystère. Une ambiance mêlant noirceur et espoir que rend très bien Sara Gran dans ses descriptions d'une ville qui ressemble à une zone de guerre mais que les survivants continuent d'aimer.
L'atmosphère de la Nouvelle-Orléans, une détective atypique, une intrigue qui tient la route, de bons ingrédients pour un polar qui vaut plus pour son ambiance que pour son suspens mais mérite vraiment que l'on s'y arrête. Une belle découverte.

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