Pain, éducation, liberté de Petros Markaris

6,7€ // 264 pages
Paru le 26/03/2015
EAN : 9782757851746

Pain, éducation, liberté

Petros Markaris

Policiers, thrillers & romans noirs

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2014. Dans une Athènes en crise, trois cadavres sont retrouvés. À leur côté, un enregistrement diffuse ce slogan autrefois utilisé contre la dictature des Colonels : « Pain, éducation, liberté ». Qui se cache derrière ces meurtres ? L'extrême droite ? Un ancien gauchiste revanchard ? Pourtant privé de salaire depuis trois mois, le commissaire Charitos redoublera d’efforts pour découvrir la vérité.


Petros Markaris, né en 1937, romancier, dramaturge, traducteur, et scénariste, est la voix de son pays. Pain, éducation, liberté est le troisième volet de sa trilogie, après Liquidation à la grecque (prix Le Point du Polar européen 2013) et Le Justicier d’Athènes. Les enquêtes du commissaire Charitos rencontrent un grand succès en Europe et sont disponibles en Points.


« Avec les armes du polar, Markaris explique la ruine du présent par les actes d’hier. »

Le Point


Traduit du grec par Michel Volkovitch

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Commentaires

1 mars 2015
Nina Ros

Le roman a été écrit en 2012, imaginant une Grèce qui aurait renoncé à l’euro pour retrouver le drachme. Politique fiction ? Oui, mais le drame grec est bien réel, et s’inscrit dans son histoire.
Charitos fête le jour de l’an en famille, une famille qui se veut unie en dépit d’un présent peu réjouissant et d’un futur plus confus encore. Son salaire est suspendu pour trois mois – si tant est que ce qu’il touchait jusque là puisse être considéré comme un salaire digne de ce nom. Sa fille, que son ami Zissis, grand résistant dans le passé et le présent, a convaincu de rester au pays, ne gagne aucun salaire. Son gendre est réduit à la portion congrue alors qu’il est médecin. Pour survivre, rien ne vaut l’union – et la simplicité. De France on imagine mal à quel degré de pauvreté sont parvenus les grecs. Conserver sa dignité est une lutte quotidienne pour ceux qui n’ont plus rien.
La crise n’empêche pas les crimes – et le premier meurtre commis touche directement un ancien révolutionnaire, un de ceux qui a résisté lorsque la junte militaire a pris le pouvoir. Mais qui peut en vouloir à ses héros modernes ? Et bien… des personnes qui savent pertinemment que la crise n’est pas arrivée toute seule en Grèce, et qu’il a bien fallu que cette génération, ceux qui sont sur le point de prendre leur retraite, ait participé à ce qui est aujourd’hui la débâcle grecque.
Ce n’est pas que Charitos enquête mollement, non, il fait ce qu’il peut avec les moyens du bord, laissant sa chère voiture au garage parce que, de toute façon, il manque un peu d’essence pour la faire rouler. Il est stupéfait par le fossé qui s’est crée entre les générations, entre les parents et leurs propres enfants, qui tiennent à réussir par leur propre moyen plutôt que de suivre les traces de leurs pères. Et il semble que, parfois, donner des cours à des détenus alors que l’on est soi-même incarcéré soit le début d’une existence réussie.
Pain, éducation, liberté est le portrait d’une génération désabusé, parce qu’elle a déjà tout perdu avant même que sa vie n’ait commencé.

 

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