Nous dormirons quand nous serons vieux  de Pino Corrias

7,6€ // 336 pages
Paru le 22/02/2018
EAN : 9782757865477

Nous dormirons quand nous serons vieux

Pino Corrias

Littérature

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Producteur sans scrupules, Oscar Martello vit et pense à toute vitesse. Pour sauver son dernier film promis à l’échec, il a un plan. Andrea Serrano, scénariste reconnu, et Jacaranda Rizzi, actrice voluptueuse à la dérive, vont être les jouets de sa petite arnaque cinématographique. Un faux coup de foudre, une disparition à point nommé et le tour est joué. Mais le scénario parfait pourrait dérailler…

Né en 1955 en Italie, Pino Corrias est journaliste et écrivain. Nous dormirons quand nous serons vieux est son premier roman.

« Un talent inné pour capturer les détails, esquisser des portraits. »

Marlène, serial-lectrice.com

Traduit de l’italien par Jacques Barbéri

 

Commentaires

7 avril 2018
Hélène TREGARO (jurée du prix)

J'ai un peu traîné des pieds lorsque j'ai commencé à lire "Nous dormirons quand nous serons vieux" de Pino CORRIAS. Après avoir lu "Derniers feux sur Sunset" dans le cadre de ce même Prix, j'ai pensé : encore un roman sur le cinéma...

Mais cette fois c'est différent. J'ai beaucoup aimé le choix de l'auteur d'opter pour le récit. Il est parvenu avec un grand talent à créer une ambiance et à me faire voyager dans l'univers de ses personnages. Avec Oscar MARTELLO, le producteur sulfureux sans limites, Andrea SERRANO, le scénariste instrumentalisé et Jacaranda RIZZI, l'actrice violentée et détruite, le lecteur devient spectateur d'une histoire mais surtout témoin de la cruauté de ceux qui détiennent le pouvoir dans le monde du cinéma et en abusent pour ne cesser de s'enrichir.

Au début du roman j'ai trouvé les phrases trop longues et le déclenchement de l'action un peu tardif. Mais une fois passé cela, c'est un roman qu'il est difficile de lâcher tant le suspense est maintenu. Je le recommande !

4 avril 2018
Eric 35

LE VENTRE DU PRODUCTEUR...

Ouvrage lu dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2018.

Italie contemporaine...Le cinéma italien n'est plus guère que l'ombre de ce qu'il put être dans les années glorieuses de la fameuse Cinecittà, la "ville du cinéma", qui virent passer les Luchino Visconti, les Roberto Rossellini, les Sergio Leone, les Vittorio De Sica et autres Frederico Fellini. Un homme cependant, producteur en gros sabot, égocentrique et ego-centré, dénué de scrupule ni de morale commune, gourmette en or et femme sublissime (mais au caractère de sud-américaine bien trempé) au bras, rêve de racheter une partie des antiques studios et de leur rendre leur lustre d'antan. Son nom : Oscar Martello. Pour en arriver à ses fins, ses petites affaires, légales depuis qu'il s'adonne à la production cinématographique, mais mieux vaut ne pas trop fouiller dans son passé quelque peu interlope, il ne peut se permettre le moindre échec. Hélas, son dernier film, dans lequel il a investi une petite fortune, est, sans l'ombre d'un doute, loupé. Mal réalisé, mal scénarisé, mal monté, acteurs convenables mais mal dirigés, il est en deçà de toutes les prétentions souhaitées et le bide commercial est au bout de la chaîne. Ce n'est cependant pas à un roublard dénué de conscience que l'on va apprendre à faire des affaires avec un canard boiteux. Aussi va-t-il créer de toute pièce une vague amourette entre la superbe tête d'affiche, Jacaranda Rizzi, étoile montante du show-bizz transalpin mais femme à la trentaine déprimée, sombre et totalement pommée et, comme vedette masculine, celui que Martello considère comme son seul ami (à moins que ce ne soit encore-là que pur faux-semblant utile), le scénariste très demandé, Andrea Serrano, un homme fidèle, un peu effacé, qui traîne sur ses contemporains un regard quelque peu désabusé. Hélas, l'escapade parisienne entre le scénariste et la comédienne ne va pas s'achever exactement comme la chose avait été prévue par le producteur. En effet, l'actrice sera retrouvée morte quelques jours plus tard dans un canal d'Amsterdam et s'il apparaît très vite que c'est un suicide, Martello, qui n'en est plus à une obscénité prêt, va profiter de ce drame pour faire exploser les entrées de son navet et faire fructifier son lourd investissement puisque c'est désormais assurément l'ultime film de la défunte starlette, tandis que l'agence de communication (lire "paparazzi") Guerra & Pace, du nom de ses fondateurs, grassement payée par le même Martello va faire enfler l'ensemble pour obtenir le plus probant des résultats sonnant et trébuchant...

Mais derrière l'apparent succès fondé sur d'innommables arnaques et une absence totale de morale, c'est tout un empire érigé à coup de dessous de table, de mensonges, de tromperies, de fêtes toutes plus invraisemblables et orgiaques les unes que les autres, de coke et de sexe, d'argent apparemment facile, d'arnaques et de sentiments faux qui est sur le point de s'effondrer. Il faudra pour cela que ce pur "mâle dominant" qu'est Oscar Martello, cet homme au ventre (symbolique) énorme (il est plutôt physiquement bel homme), soit poursuivit des assiduités d'un inspecteur milanais spécialiste du blanchiment d'argent, doublées d'une épouse (vaguement) éplorée mais très intéressée par le capital de son futur ex-époux pour que la fin de cet énorme mensonge d'une vie advienne enfin, chaotique et cataclysmique. Sans oublier, pour faire bonne mesure, la sordide affaire de moeurs, vieille de vingt ans, surgissant des placards à la suite de la découverte morbide de la jeune actrice suicidaire.

Indéniablement, "Nous dormirons quand nous serons vieux" se lit vite : style facile, souvent très proche du langage quotidien parlé, quand il n'est pas simplement vulgaire, phrases courtes, vives, rythmées ; histoire plus ou moins cousue de fil blanc ; personnages creusés juste ce qu'il faut pour leur donner un enrobage crédible, mais d'une psychologie primaire et souvent caricaturale ; décors posés à la hâte mais suffisamment évocateur pour se faire une idée des lieux et des atmosphères sans être trop pesant à qui n'apprécie guère les descriptions détaillées... Avec ce premier roman, l'italien Pino Corrias donne donc un texte sans anicroche, sans difficulté majeure mais sans grand relief, malgré le côté volontairement comedia del arte de l'intention et du résultat. Ne sachant définitivement choisir entre comédie de moeurs, histoire d'amour et d'amitié tristes, intrigue vaguement policière, critique sociale d'un certain milieu, aisé et même très riche, souvent parvenu, bien plus malin que réellement intelligent, sans culture ni morale et ou se mêlent sans joie profiteurs, menteurs, arnaqueurs, drogués, alcooliques mondains et dépressifs, l'auteur transalpin finit par faire ressembler son ouvrage à ce qu'il souhaite visiblement peindre : cette Italie d'une certaine classe supérieure - une classe sans "la classe", pourrait-on dire -, digne héritière des années Berlusconi, plus parasite que réellement créatrice ni créative car à force de démonstrations poussives et répétées, à force de mélanger les genres, c'est l'ennui qui s'empare très rapidement du lecteur lequel, même supputant bien des éléments véridiques dans ce qu'il découvre du monde du show-bizz, finit par s'en désintéresser peu à peu, se rassurant du seul fait que l'ouvrage est d'une lecture facile - à défaut d'être réellement agréable - quoi que parfaitement inutile et lassante. Rien de plus détestable que d’éprouver ce sentiment d'avoir perdu quelques heures à lire un récit dont on sait qu'on n'en retirera pas grand chose, à peine quelques moments simplement agréables, une fois définitivement refermé.

27 mars 2018
Julie Massal

Lecture dans le cadre du prix du meilleur roman 2018.

Ce roman s'est avéré décevant et parfois frustrant, tout au long de sa lecture, malgré quelques brefs passages plus prometteurs. Décevant car l'intrigue, certes réaliste, me paraît assez attendue, tout en jonglant avec de nombreux clichés sur la décadence irreversible d'un pourri qui joue avec le système dont il est issu; clichés pas assez remis en cause. La vraisemblance l'emporte sans doute sur l'espoir, mais on se surprend à souhaiter une fin plus réjouissante ou au minimum inespérée....
Frustrant car malgré quelques petites ouvertures, quelques phrases percutantes, les personnages semblent somme toute fades, et en tout cas trop caricaturaux, pas assez fouillés. Même Andrea et Jacaranda restent à peine esquissés, alors qu'il y aurait eu matière à creuser; de même que le personnage de flic intègre qui malheureusement ne tient pas non plus ses promesses et disparaît comme il est arrivé, au milieu du roman.
Malgré tout, plus par acquis de conscience, j'ai voulu aller au bout, mais la fin est contenue dans le debut et rien ne survient pour nous détourner d'un dénouement prévisible.
Certes, l'auteur dépeint très bien un univers corrompu dans tous les sens du terme, la description de l'ignominie du personnage central est précise et plutôt mordante. Pourtant on se demande à plusieurs reprises s'il ne persiste pas chez P. Corrias un peu trop de complaisance face à ceux qui s'en tirent et profitent de la naïveté (ou de la lâcheté) d'autrui. Car on comprend mal, au fond, la fadeur et l'inaction finale d'Andrea, ou la naïveté apparente d'un système de police/justice qui semble "laisser courir" le pourri. Réaliste à l'extrême, souvent d'une crudité morbide, le roman me paraît très en deçà de ce que j'attends de la littérature, sans tomber dans la morale facile. sur un tel sujet, je préfère de loin un bon roman d'espionage ou un polar noir avec une intrigue plus soutenue, plus complexe, et des personnages avec de vraies "ombres" à l'intérieur, et pas juste une collection de vices à leur actif.
Du point de vue visuel, la couverture, peu en adéquation avec le contenu du roman (si ce n'est la frivolité des personnages) est aussi plutôt bâclée à mon goût (ce n'est pas une "lecture de plage" d'un quelconque magazine) et ne donne pas tellement envie de l'ouvrir...

25 mars 2018
Sophie Gauthier

Pour assurer le succès public de son dernier film, Oscar Martello invente un plan roublard : une fugue secrète de son actrice principale et d'un scénariste célèbre. Tout devrait se passer sans heurt puisqu'il a tout prévu. Mais plusieurs grains de sable viennent enrayer le déroulement de ce scénario impeccable et la ruine risque de conclure définitivement le fabuleux destin d'Oscar.
Mon intérêt n'a trouvé aucune prise pour s'accrocher dans ce roman de manipulations incessantes. La description du milieu cinématographique dans ce qu'il a de pire est probablement proche de la réalité. Mais ces jeux pervers et malfaisants m'ont vite lassée. J'y ai trouvé une sorte de complaisance détestable et un manque d'esprit satirique tout-à-fait regrettable.

24 mars 2018
Florence B.

D’entrée de jeu, Pino Corrias nous présente les trois personnages de son roman : Oscar Martello, producteur de cinéma prêt à tout -vraiment tout-, Andrea Serrano, scénariste un peu naïf et timide qui déguise sa lâcheté en élégance, et Jacaranda Rizzi, actrice très jolie qui a beaucoup souffert pour, peut-être un jour, réaliser son rêve…

Le pitch ? Oscar Martello a produit un film auquel il ne croit pas. Pour éviter la faillite qui le menace, il invente un stratagème destiné à doper les entrées dès que le film sera à l’affiche. Car Oscar Martello ne peut renoncer à son rêve, acheter Cinecittà et en refaire le temple du cinéma d’antan, rien que cela ! Il organise donc la disparition de l’actrice principale du film et l’envoie en compagnie d’Andrea à Paris dans un appartement qu’il vient d’acquérir. L’opération lui permettra, par la même occasion, de transférer discrètement de l’argent à l’étranger.

Mais l’intrigue peine à démarrer, l’auteur préférant nous présenter le « Supermonde », celui du cinéma, de la Jet set, qui se résume à une succession de soirées où règnent en maîtres le luxe, l’alcool et les drogues : une vie frénétique sans but, si ce n’est l’avidité, où chacun est prêt à se vendre pour une photo dans un magazine, pour un rôle dans un film. C’est une « Dolceroma » bien amère qu’il nous présente, symbole de l’ère post-berlusconienne et capitale d’un pays à la dérive.

Si l’on pense très vite au superbe film de Paolo Sorrentino, « La grande bellezza », on évitera de comparer pour ne pas rester sur notre faim. « Nous dormirons quand nous serons vieux » est la chronique amère du lancement d’un film qui nous décrit le cinéma italien contemporain comme un monde décadent et agonisant. Et c’est à peu près tout. Pendant tout le roman, on attend quelque chose qui n’arrivera jamais : tout est prévisible, rien d’original, pas de rebondissements, les personnages correspondent à l’idée que l’on se fait d’eux. Journaliste, producteur pour la télévision, scénariste, Pino Corrias connait bien le milieu qu’il décrit. Peut-être trop ? En tout cas, le roman m'a peu apporté et il sera loin de figurer parmi mes favoris de cette sélection !

16 mars 2018
Lilylit

Dès les premières pages j’ai compris que je n’allais pas vraiment adhérer à cette histoire et que ma lecture serait en dents de scie. D’une part, les premières lignes dévoilent en partie comment tout cela va finir et, si dans certains romans cela fonctionne à merveille (je pense par exemple au Complexe d’Eden Bellwether, un de mes livres préférés), j’ai trouvé cela dommage ici. J’ai eu l’impression de recevoir trop d’informations à la fois dès le début et il m’a fallu un bon tiers du récit pour avoir bien en place tous les éléments et les rapports entre les personnages.

Ceux-ci gravitent tous dans la sphère du cinéma italien et le moins qu’on puisse dire c’est que Pino Corrias dépeint un univers loin de l’image d’Épinal. Oscar Martello, le personnage principal, est une sorte d’Harvey Weinstein italien. Sûr de lui, richissime et arnaqueur, la facette qui m’a le plus dérangée est la façon dont il traite les femmes. Je ne dis pas que cela ne soit pas réaliste ni même bien fait : le personnage est crédible dans son ignominie. Simplement, pour une lectrice comme moi, qui aime éprouver de l’empathie pour les héros et héroïnes de fiction, ici, c’était tout bonnement impossible.

J’ai pendant un temps suivi le récit avec plus d’enthousiasme, à partir du moment où celui-ci se centre davantage sur les péripéties qui attendent Andrea et Jacaranda. Sans être follement sympathiques, le scénariste naïf et l’actrice dépressive (on ne sort pas des clichés du genre) avaient au moins une forme de sensibilité pour compenser leurs défauts.

Mais cet arc narratif tourne court pour revenir vers Oscar et c’est là que le livre m’a définitivement perdu en amorçant sa dernière partie, la plus glauque. En tant que témoignage d’un milieu apparemment pourri jusqu’à la moelle, on ne peut pas dire que le roman soit mauvais. En tant que récit complexe entremêlant les différentes versions et bobards des personnages jusqu’au bout, on peut dire que l’auteur a su tisser une narration habile. Toutefois, malgré des qualités évidentes, ce livre, par son côté sordide et ses personnages détestables, n’a pas constitué pour moi une lecture plaisante.

2 mars 2018
Missbook

"Dolceroma"...pas vraiment!
"La dolce vita n'était pas douce, elle était horrible." (Dino Risi).
Ce premier roman de Pino Corrias est d'une brutalité tranchante. On embarque dans le monde impitoyable des coulisses du cinéma italien.
La trame suit deux personnages principaux.
D'un côté Oscar Martello, grand producteur de 46 ans, marié à Helga et père de deux petites filles. Homme sans scrupule, détestable et profondément malhonnête.
"Oscar a le visage d'un bandit, creusé par l'insomnie. Il vit à toute vitesse, pense à toute vitesse. Comme tous les puissants, il est malheureux, surtout la nuit, quand les ombres arrivent en voletant. Puis à l'aube, quand il se retrouve seul au réveil."
De l'autre côté, son acolyte, Andrea Serrano, scénariste de 39 ans, timide et introverti.
" Il a trouvé que la vie était une histoire décousue mais qu'il fallait la porter avec élégance. Et en l'étudiant il a commencé à la réécrire. Et en la réécrivant, il en a fait son boulot, un épisode à la fois, en suivant la grille des manuels : le héros défie la vie, descend aux enfers, remonte."
Entre alcool, drogue, sexe, intimidation et corruption, jusqu'où Oscar sera-t'il prêt à aller pour tenter de sauver son dernier film, pourtant voué à l'échec ?
" - Commissaire, sauf votre respect, les chiens pissent pour marquer leur territoire, n'est-ce pas? Eh bien, les actrices, leur territoire, elles le baisent."
A la lecture de ce roman on a la sensation de rentrer dans une dimension parallèle, bien loin du faste et du rêve des succès artistiques romains.
Bien que rythmé par une légère intrigue, celle-ci reste plutôt fade et sans grand rebondissement.
Il aurait, à mon avis, été intéressant de développer le personnage ô combien plus passionnant de Jacaranda, actrice meurtrie et dont le lien avec Oscar est basé sur un traumatisme plus lointain.
Pour ma part, on est très loin de la littérature au sens noble du terme. Les dialogues sont particulièrement insipides et le style d'écriture, vulgaire et provocateur.
Même s'il est vrai qu'il y a un public pour ce style de roman, je n'ai aucunement été conquise. Grande déception.

24 février 2018
Mumu dans le Bocage

C'est difficile de parler d'un livre que l'on vient de refermer, quand on fait partie du jury Prix du Meilleur Roman Points 2018, et que l'on a pas grand chose à en dire (d'ailleurs c'est un signe). Je pense que le livre ne correspond pas du tout à mon style de littérature et est-ce de la littérature d'ailleurs.

Bon pour l'écriture, pas grand chose à en dire. Cela se lit, il y a une intrigue, légère, qui est censé tenir le lecteur en haleine. L'histoire : on la connaît : le monde des paillettes, du cinéma est artificiel et est rempli que d'hypocrisie, de pouvoir, d'argent, de drogue, de sexe (nous en avons encore la preuve ces derniers mois à Hollywood). Producteur avide de femmes, de jeunesse, usant de leur pouvoir pour abuser de leur naïveté, scénaristes courant le cachet, réalisateurs imbus d'eux-mêmes et actrices, prêtes à tout pour figurer au générique, marionnettes disciplinées et fragiles. Mais le tout est raconter de façon brutale, sûrement comme l'est cet univers et je n'ai eu du tout envie d'y entrer, pas de cette manière.

Traiter comme sujet les coulisses du cinéma italien peut être intéressant, même si l'on se doute, si l'on imagine que tout n'est pas très reluisant, mais tout au long du récit j'ai eu le sentiment de perdre mon temps, d'avoir compris plus ou moins l'intrigue, tous les protagonistes sont fades, tellement englués dans leur petit monde sous les sunlight, se pensant le nombril de l'univers et ne recherchant que le profit (toujours plus) et la gloire (éphémère). J'ai commencé dans la deuxième partie à m'intéressée à Jacaranda pensant qu'elle allait peut être sauver du naufrage le roman, mais elle aussi m'a perdue, très vite, je l'ai abandonnée sans me retourner.

Consciencieuse je suis allée au bout mais pas de surprise, pas de vrai rebondissement. Bon je m'arrête là car je ne veux pas décourager d'éventuels lecteurs, mais aussi vite que je l'ai lu aussi je vais l'oublier.

23 février 2018
Amélie N.

Oscar Martello, richissime producteur, sorte d'Harvey Weinstein italien (et on appréciera je pense d'autant plus la résonance que peut prendre ce roman aujourd'hui) , jouissant pleinement de sa toute-puissance est l'homme que vous adorerez détester. Ou plutôt, dans mon cas, que je me suis passablement ennuyée à détester parce que rien n'a éveillé mon intérêt dans l'étalage de fric et de frasques d'un univers machiste où le but de toute femme semble être de rester baisable pour avoir un rôle ou obtenir un mariage qui lui assurera de vivre dans un écrin doré aux frais d'un quelconque pervers narcissique. C'était long, beaucoup trop, j'ai pensé plusieurs fois mettre un terme à ma lecture et me suis accrochée pour la seule raison que je le lisais dans le cadre d'un prix littéraire et que je ne voulais pas me permettre de juger une oeuvre sans l'avoir lue entièrement. Je ne l'ai pas regretté car il y a beaucoup de bonnes choses par la suite.
Il m'a fallu atteindre la page 265 (oui oui sur 322 pages et 4 lignes que composent le roman) pour qu'enfin émerge de tout ça de superbes lignes décrivant avec acuité les failles de l'être humain dans une intrigue qui, somme toute, n'est qu'un prétexte à la réflexion.
Andrea est le meilleur ami d'Oscar. À la question "Pourquoi es-tu son ami?" il semble cependant avoir du mal à répondre. En bon producteur, Oscar a distribué les rôle et Andrea sera son meilleur ami pour la vie. Personne ne semble résister à sa volonté, personne ne semble avoir de libre arbitre. Oscar est puissant, Oscar est riche, Oscar est créatif, autoritaire. Au cinéma comme dans la vie, Oscar décide de qui fera quoi. Est-ce que cela choque? Sans doute. Quelqu'un s'opposerait-il à sa volonté? Peu probable, du moins tant qu'il est au sommet.
Pino Corrias nous dit, avec beaucoup d'indulgence, que dans les films Dolceroma tout le monde est tellement coupable que personne ne l'est vraiment. Peut-être qu'au contraire tout le monde l'est un peu. En une phrase "Peut-être que ce qu'il faisait aux autres, il ne te le faisait pas à toi, et tout allait bien?", l'auteur met le doigt sur l'une des principales causes de l'inaction. Pas une fois Andrea n'a semblé perturbé par les commentaires graveleux d'Oscar, ses agissement pervers, son manque de respect envers les femmes, les scénaristes, les employés de maison, ou toute autre personne de son entourage, jusqu'à ce que tout ça le touche d'un peu plus près, que le drame qui s'ensuive ne puisse pas être automatiquement refoulé dans le coin de son cerveau réservé aux choses dont on se complaît à ignorer la gravité.
Jusqu'au scandale, à la prise de conscience de tous. La sentence tombe : Oscar est un porc. Personne ne l'ignorait mais il est bien plus aisé d'hurler avec les loups que de dénoncer les choses quand elles ne paraissent gêner que les victimes. Oscar est déchu mais les choses se tasseront, les loups hurlants redeviendront moutons bêlants et il pourra recommencer à distribuer des rôles délestant de ce fardeau ceux qui ne savent pas se créer une vie qui leur ressemble.
Si les Oscar de ce monde sont si puissants, c'est en grande partie parce que nous les laissons faire.

 

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