Mudwoman de Joyce Carol Oates

8,4€ // 576 pages
Paru le 02/10/2014
EAN : 9782757840634

Mudwoman

Joyce Carol Oates

Littérature

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Abandonnée par sa mère dans les marais des Adirondacks, Mudgirl est miraculeusement sauvée puis adoptée par un couple résolu à lui faire oublier son horrible histoire. Devenue Meredith Neukirchen, première femme présidente d’université, Mudwoman, brillante et irréprochable, se dévoue toute à sa carrière. Un voyage sur les lieux de sa naissance va faire resurgir les fantômes du passé…


Née en 1938, Joyce Carol Oates, membre de l’Académie des Arts et des Lettres, est une nouvelliste et romancière prolifique, récompensée par de nombreux prix littéraires. Eux, Les Chutes et La Fille du fossoyeur sont notamment disponibles en Points.



« Avec Mudwoman, la peintre des âmes noires nous livre un chef-d’œuvre. »

Le Point



Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claude Seban

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

11 juin 2015
Sandrine P.

Je n'ai pas réussi à rentrer complètement dans cette histoire, trop sombre à mon goût et quelque peu déroutante. Meredith Neukirchen, première femme présidente d'université, est rescapée d'une enfance malheureuse voire sordide. Recueillie par un couple chaleureux, son passé ne la laisse pas en paix pour autant. Ainsi notre héroïne oscille entre folie et dépression et, malgré une carrière professionnelle réussie, elle ne parvient pas à s'inscrire dans la vraie vie. C'est très bien écrit, aussi je pense essayer d'autres oeuvres de cette écrivain pour ne pas rester sur une mauvaise impression, car il se peut que seul le thème ne m'a pas passionnée.

11 juin 2015
Sandrine P.

Je n'ai pas réussi à rentrer complètement dans cette histoire, trop sombre à mon goût et quelque peu déroutante. Meredith Neukirchen, première femme présidente d'université, est rescapée d'une enfance malheureuse voire sordide. Recueillie par un couple chaleureux, son passé ne la laisse pas en paix pour autant. Ainsi notre héroïne oscille entre folie et dépression et, malgré une carrière professionnelle réussie, elle ne parvient pas à s'inscrire dans la vraie vie. C'est très bien écrit, aussi je pense essayer d'autres oeuvres de cette écrivain pour ne pas rester sur une mauvaise impression, car il se peut que seul le thème ne m'a pas passionnée.

4 juin 2015
Josyane Beaulieu

Fervente admiratrice de J. C. Oates, je ne suis pas ressortie indemne de la lecture de ce roman une fois de plus. Cette auteure excelle dans un style riche, une écriture forte, fournie, étirée jusqu'à ce que les mots lâchent sa plume..Je suis chaque fois conquise par ses histoires conduites habilement, émanant d'une atmosphère comme d'un magma, comme s'il s'agissait d'en extirper, d'en extraire une forme qui peu à peu prend consistance et vie..C'est ce cheminement, la manière dont elle enveloppe ses sujets qui me séduit.. Du grand art saisissant, prenant et combien émouvant..Elle parvient à faire naître même ce qui n'aurait pas d'existence, par un tissage adroit, patient dont elle tire le plus beau.. Combien de personnages aura-t-elle dévoilé au grand jour sous cette lumière des mots inégalable..Elle se place toujours sous un autre angle, celui que nous n'aurions pas imaginé et nous donne à voir, l'inimaginable, l'invisible..Je suis conquise. J. C. Oates mérite tous les prix..elle signe par son exceptionnel talent, notre époque.

10 mai 2015
Sandrine Le Drézen

Ce roman, qui prend le lecteur par le coeur dès son incipit, prouve, par l' évocation de la vie intérieure de l' héroïne, que la résilience n' est pas un état serein, acquis pour toujours mais une lutte par à-coups avec son psychisme et sa mémoire, ce qu' incarne le personnage M.R. Bien qu' ayant réussi socialement, le syndrome de l' imposture finira par terrasser cette femme brillante. Un roman fort au style "murakamien".

25 mars 2015
Nenette87

Quelle longue descente aux enfers... Ce livre est... extrêmement dérangeant.
Il existe beaucoup de livres qui sont relativement agréables à lire et pourtant, il n'en reste rien une fois l'ouvrage refermé.
Dans le cas de Mudwoman, ce n'est pas ce qui s'est passé. J'ai eu du mal à venir à bout du livre. J'ai vraiment pris sur moi. le livre est difficile, extrêmement bien écrit mais difficile. On rentre totalement dans les délires de MR et c'est parfois franchement morbide.
Je ne me suis pas du tout accrochée au personnage, l'histoire m'a gêné, et pourtant, bien que le livre soit fermé depuis quelques semaines, j'y pense encore, j'y réfléchis.
Joyce Carol Oates est vraiment maître dans l'art de créer une ambiance.
Mon avis est donc mitigé : l'histoire est trop difficile pour moi, l'ambiance absolument incroyable mais terrible (on y est! on est avec MR partout où elle va, complètement pris par cette histoire). Je me serai bien passée de cette lecture!
Mais voilà, il faut bien admettre que ce livre est envoutant.

15 mars 2015
Anthony DESCAILLOT

Lorsque je me suis renseigné sur Joyce Carol Oates, je me suis vite aperçu qu’elle faisait partie du clan des auteurs prolifiques. Mais contrairement à certains d’entre eux qui écrivent un roman de 100 pages par an, elle semble plutôt habituée à offrir de gros livres de type pavés. Et comme le veut le vieil adage « Mieux vaut la qualité que la quantité », j’ai craint à l’ouverture de « Mudwoman »entrer dans une nouvelle histoire superficielle.
Tels ne fut pas ma surprise et mon bonheur de découvrir qu’il n’en était rien. L’auteur nous narre le destin de Meredith avec une écriture exigeante et hypnotisante. Ce personnage principal et ses émotions sont parfaitement bien approfondis et j’ai voyagé sans résistance à l’intérieur du cerveau de cette fille miraculée devenue femme traumatisée. Faute d’une trame narrative passionnante, l’auteur s’amuse à nous dérouter à chaque scène créant ainsi une atmosphère déconcertante où le malaise est omniprésent. J’ai été balloté entre les rêves, les délires et les dépressions de cette héroïne de la vie. Cette plongée dans les bas-fonds d’un esprit torturé m’a secoué. Je suis ressorti ébranlé par la plume de Madame Oates qui a su renverser le poids de mes préjugés pour me compter parmi ses futurs adeptes.

12 mars 2015
peggy

Magnifique portrait de femme, carriériste accomplie, dévorée par ses souvenirs d’enfance jusqu’à atteindre les limites de la folie. Le récit vacille en permanence, entre le réel et le délire de l’héroïne jusqu’à égarer le lecteur. L’auteure confirme une fois de plus sa maitrise du conte au travers de cette quête d’identité, maniant les décors glauques et stressants qui accentue l’effroi des visions de l’héroïne. L’abandon dans les marais n’est pas l’unique traumatisme et au fil des pages, l’on découvre les différents éléments qui ont influencés et construit l’héroïne. En parallèle à ces démons de l’enfance qui l’envahissent progressivement et prennent le contrôle, se mêlent les situations stressantes et pesantes du présent (son histoire d’amour, les intrigues universitaires et l’entrée dans la guerre en Irak de l’administration Bush) qui accroissent davantage la vulnérabilité de l’héroïne.

8 mars 2015
AllMad(e)Here

Mudwoman nous parle de Meredith, fillette abandonnée et laissée pour morte dans les marécages boueux et nauséabonds de la Black Snake River à l'âge de 3 ans par sa mère démente et fanatique.
Secourue in extrémis, elle sera adoptée par un couple de quakers idéalistes et bien intentionnés qui l’élèveront dans le déni d'un passé jugé trop toxique.
Rempart qui s'avérera finalement une protection bien vulnérable face à ce traumatisme originel refoulé et à la persistance d'un passé qui ne demandera avec le temps qu'à ressurgir et à hanter Meredith.

Le roman se concentre sur ce personnage féminin, enfant timide qui deviendra à force d'acharnement et de travail, Docteur en philosophie puis à 41 ans la première femme présidente d'une université américaine.
Le récit est une alternance des chapitres de sa vie actuelle et de ceux racontant ses premières années et son enfance.

En apparence Meredith est une battante qui souhaite réformer la structure de l'université afin de donner une place aux exclus.
Sans mari ni compagnon ( elle vit une relation illusoire et sporadique avec un homme marié), elle se concentre exclusivement sur sa carrière et fait tout pour ne pas penser à son passé.
Elle paie cette réussite professionnelle par une grande solitude et va finir par s'embourber dans ses souvenirs qu'elle a toujours tenté de refouler.

Le récit se développe au milieu de 2 crises.
Une crise "collective" que connait l'Amérique au début de la guerre en Irak où les débats font rage et où les tensions montent entre les partisans pro-guerre et les autres, persuadés que la guerre est le dernier des recours à intenter. Et une crise personnelle, celle qui secoue et déstabilise Meredith.

Comme souvent dans les romans de JCO le monde extérieur est décrit avec précision et détails, et fortement ancré historiquement alors que le monde intérieur, celui de son personnage, oscille ici constamment entre réalité, fantasme et divagation.
Ces passages rêvés et fantasmés sont déstabilisants pour le lecteur car l’ambiguïté règne et le doute demeure, nous renvoyant constamment à la grande fragilité de Meredith.
Meredith est-elle victime d'un horrible cauchemar? D'une hallucination délirante?
L'héroïne évolue dans des " contre-mondes " qu'il est parfois ardu de pénétrer et d'assimiler comme tels.

Pour conclure, je dirais que Mudwoman est un roman intense, absorbant, profond et exigeant, complexe de par sa densité mais remarquablement structuré, comme nombre des romans de JCO.
Un roman au style très personnel, à la fois fascinant & dérangeant.

7 mars 2015
Nathalie Cailteux

Joyce Carol Oates signe ici un roman d’exception où la quête d’identité constitue le fil rouge d’un récit conjugué sur plusieurs époques en fonction des souvenirs de la protagoniste. Ses premières années, les plus cruelles, prennent quelques pages, mais suffisent pour faire acte de l’empreinte qui marquera à jamais sa vie. Enfant rejetée et enfouie dans la boue des marais, elle sera sauvée de justesse et placée quelques temps dans un centre d’accueil. Viendront ensuite les années où après avoir été adoptée, elle connaîtra les bienfaits, mais aussi les limites d’un couple de personnes débonnaires qui lui concéderont la place et le nom de feu leur seul enfant. Dans ce labyrinthe de souvenirs, le lecteur retrouve une femme d’une quarantaine d’années, à la tête d’une université, qui se voit peu à peu délaissée par l’armure que constituent toutes les couches de la personnalité qu’on a voulu lui faire endosser pour conjurer le mauvais sort. Pourtant son passé la rattrape dans sa solitude et en dépit de ses obligations professionnelles et familiales. L’écriture de la romancière est puissante et accompagne avec beaucoup de subtilité le fil des soubresauts mentaux de la protagoniste.

5 mars 2015
Valérie Lobsiger

APRES L’OBTENTION D’UN DOCTORAT DE PHILOSOPHIE à Harvard et quelques années d’enseignement, M.R. Neukirchen, devient, à 40 ans, la première femme présidente d’une université réputée. En apparence, tout réussit à cette femme intelligente, sensible et sûre d’elle. Mais il existe une faille de taille dans sa belle vitrine : le désir infini d’être aimée. Cette faiblesse, on la perçoit très rapidement dans le roman qui, dès lors, captive notre attention jusqu’à la fin. On se sent emporté au plus profond de l’âme de cette héroïne à l’intégrité morale bouleversante, dont on partage d’emblée l’intimité psychologique. Joyce Carol Oates décortique pour le lecteur toutes les pensées et doutes de M.R., traduisant la moindre de ses émotions en un langage qui fait hautement sens, ceci au fur et à mesure que le passé de celle qui ne cesse de se qualifier de « Mudwoman » nous est révélé. Du très grand art, d’autant que les thèmes abordés, relevant tous d’une brûlante actualité, sont traités avec suffisamment de distance et sous un angle si profondément humain qu’ils en acquièrent une portée universelle.
PERSONNE NE PEUT FAIRE UN TRAIT SUR SON PASSE. M.R. a été adoptée par une famille de quakers qui prônait la tolérance et la compassion. D’où son attitude ouverte, bienveillante et sa « sensibilité progressiste » qu’il lui faudrait d’ailleurs maintenant mettre de côté si elle veut se faire admettre par ses pairs, émanant tous d’un milieu éminemment fermé, élitiste et conservateur (mais sa probité l’empêche de s’y résoudre). Bizarrement, depuis son élection, son passé lui revient de plus en plus souvent par voie de cauchemars et de flashs incongrus. Plus elle croit parfaitement pouvoir se contrôler, plus sa « vraie » personne lui échappe pour parler et agir à sa place. La « Mudwoman » qu’elle fait taire en elle parce qu’elle a honte de ses origines et de son passé, refait violemment surface. Mudgirl était en effet le surnom que lui avaient donné les cruels gamins de la famille Skedd où les autorités l’avaient placée avant son adoption. Mais pourquoi ce surnom ? Parce qu’à 3 ans, sa mère qui ne cessait de la maltraiter, s’est débarrassé d’elle en la jetant dans les marrais de l’inhospitalière région des Adirondacks…
ON COMPREND DES LORS MIEUX SON OBSESSION DE TOUT BIEN FAIRE, pour se faire un tant soit peu accepter, apprécier sinon aimer (se faire aimer semble de toute façon un objectif hors d’atteinte ; au mieux M-R. s’autorise-t-elle un « amant (secret) » déjà marié). Son sentiment d’auto dévaluation, son besoin de se justifier, sa honte dissimulée et son impression qu’elle doit dédommager les autres de sa présence sont récurrents. Tant que M.R. n’aura pas pris conscience des raisons profondes qui l’ont poussée à entreprendre une brillante carrière, elle continuera à commettre des actes manqués (tel celui de s’égarer dans les Adirondacks précisément le jour où elle devait tenir un discours antibelliciste à un congrès) et éprouvera un affreux sentiment d’imposture. Un trouble qui va la torturer jusqu’au moment où son corps, lassé de souffrir, finit par se révolter et « se retourner contre elle ». Dans ce roman, on apprécie non seulement ce combat mené par l’héroïne pour retrouver le noyau de son être originel, mais la diversité des thèmes abordés, dont une virulente critique des conservateurs et des dirigeants américains lors de l’invasion irakienne. On goûte également les réflexions de l’auteur sur la philosophie (« Que quelqu’un puisse à la fois penser et faire – et bien faire – tient de l’anomalie » !) ou encore son féroce et jouissif portrait du « mâle agressif » et particulièrement mufle en la personne d’Oliver Kroll, un universitaire imbu de sa personne. Plus généralement, on se régale de la remise en cause systématique de toute idée reçue avec autant de perspicacité que d’humour. On veut bien se pendre si cette écrivaine ne reçoit pas bientôt le Prix Nobel !

1 mars 2015
Sylvie Lucas

Un roman qui, dès la première page, m'a capturée.
Les univers dans lesquels évolue le personnage enfant ou adulte sont des marais dans lesquels il est difficile de survivre et qui vous absorbent. Ces milieux ( le marais, la faculté, les quakers) sont particulièrement bien croqués par l'auteur qui nous plonge dans des atmosphères délétères.
Des milieux qui nuisent en effet à l'esprit de M.R. et le lecteur se laisse emporter ne sachant plus s'il est dans la réalité de ce que vit le personnage ou dans son inconscient troublé. La narration à la troisième personne installe en effet le fantastique et l'objectivité du narrateur se mêle aux états d'âme du personnage pour noyer le lecteur. ( Je me suis même demandé si elle avait vraiment découpé en morceaux le corps de son ennemi universitaire ! )L'analyse psychologique est profonde et terriblement fine : j'ai eu des souvenirs de Dostoïevski en lisant Joyce Carol Oates.
Certaines périodes sont particulièrement émouvantes, notamment les retrouvailles de cette quarantenaire avec son père adoptif après la mort de sa mère adoptive ou la visite à sa génitrice devenue sénile. Les émotions, les sensations du personnage nous parviennent à travers la plume de l'écrivain comme une évidence.
Un auteur incontournable, un roman dont on ne ressort pas indemne.

18 février 2015
Yves Sorais

Inquiétant et douloureux parcours que celui de ce personnage fantomatique, MR, parfois à peine incarné malgré ses investissements, armature de survie qui s'effrite peu à peu, de tumultes en tumultes. Parcours à travers lequel elle n'échappe pas en finalité à l'enlisement dont elle elle n'aura pas été réellement sauvée.
De qui et de quoi est-elle réellement vivante, la philosophie venant quelque peu obturer la question de sa propre origine, le discours socio-politique défensif en écho aux sollicitation liées à son statut et sa fonction n'y apportant aucune réponse, et laissent ses états d'âme "flottants".
J.C OATES nous livre au passage son regard critique sur certains aspects de la culture, l'attitude et le discours américains, en l'occurrence dans la sphère universitaire, mais cela apparaît comme un décorum en toile de fond des préoccupations de MR.
Que cachent nos vies, nos apparences, nos discours...
Si la boue fut un des premiers matériaux de la construction, et pas que de l'habitât, le roman de Mudwoman montre en quoi celle-ci peut revêtir hélas d'autres espaces plus morbides, submergeant, ensevelissant à l'occasion l'être et ses valeurs potentielles. La boue "dans tous ses états" !
Roman fort et perturbant sur la question de l'humain, des trajectoires individuelles (notamment familiales, affectives...), et collectives intriquées.
Jusqu'où peut aller notre système de protection "viscéral", où s'en situent les limites, le sens et l'horreur dans la destruction voire de l'auto-destruction ?
On ne peut en tous cas rester indifférent à ce qui résonne de la trajectoire de "Mérédith" au fil du long récit que nous offre l'auteur.

11 février 2015
jgloaguen

Au prochains lecteurs de ce beau livre de Joyce Carol Oates, il faut conseiller de s'arrêter là : il n'a nul besoin de lire un quatrième de couverture ou un résumé du livre. De l'avis d'un lecteur ou d'une critique avertie, il doit se passer. La réputation littéraire de l'auteur devrait largement suffire à amener tous les amoureux des livres à ouvrir celui ci sans s'interroger. Car l'intelligence de l'auteur est aussi dans sa capacité d'invention. Elle sait comme nulle autre nous raconter des histoires sans parcourir les chemins tant de fois jalonnés par d'autres. Bien sûr il s'agit encore de l'histoire d'une fuite, d'une vie ruinée ou d'une quête d'identité ; à moins qu'il s'agisse d'une histoire d'imposture, d'une vie sous l'étau de la peur. Qu'importe !
Avant tout il y a la parfaite maîtrise de l'écrivain, sa langue, mais aussi son habilité à conduire le fil de son récit à travers deux époques si différentes et pourtant si semblables. Joyce Carol Oates possède l'art de mener le lecteur par le bout du nez. Même quand tout semble s'achever, quand l'histoire pourrait s'arrêter là, Joyce Carol Oates a encore bien des choses à raconter.
Le lecteur doit laisser opérer le charme de son écriture et se laisser porter. Qu'a t il besoin d'autre, sinon de savoir que ce livre est comme une vie, plein d'étonnement, de surprise, de stupeur et de beauté.

26 janvier 2015
Marjorie

Entre passé et présent, fantasmes et réalité, Joyce Carol Oates dépeint dans « Mudwoman » une femme qui perd pied. Victime des démons de son passé, de sa solitude et des exigences de son nouveau poste, Meredith Ruth Neukirchen, alias Mudwoman, défaille. Pour la première fois. Mais avec quelle violence ! Sa vie réelle s’efface, au profit de cauchemars, sordides et inquiétants. Où s’arrête le rêve ? Ou reprend la réalité ? C’est cette frontière, déjà fine, que Joyce Carole Oates cherche toujours plus à atténuer, pour embarquer son lecteur dans un monde parallèle peuplé de monstres, où Mudwoman, telle une héroïne de contes, doit puiser au plus profond d’elle-même pour renaître et éloigner le mal qui l’entoure.

Le déclin de son héroïne est-il un parallèle que Joyce Carole Oates fait avec le déclin de son pays ? C’est une question que l’on est en droit de se poser. En effet, Mudwoman apparait parfois comme un personnage utilitaire, faire-valoir de l’opinion personnelle de son auteur : sur l’intervention américaine en Iraq, la religion ou encore l’enseignement supérieur, que Oates connait particulièrement bien. Mais ce discours, loin d’être unilatéral, réussit à concilier les avis des deux camps pour dépeindre les sphères intellectuelles américaines et les luttes politiques et idéologiques qui s’y nouent.

Joyce Carol Oates arpente le subconscient de son héroïne, pour nous livrer un récit sur le fil, au bord de l’étrange, dans ce qu’il peut avoir de plus envoûtant mais aussi de plus sordide. Forte et fragile à la fois, insaisissable et mystérieuse, Mudwoman est un personnage étonnant, sans cesse au bord du gouffre. Un récit qui apparait comme un ovni littéraire, dont la richesse et la complexité offrent plusieurs pistes de lecture, mais qui laisse aussi une impression de malaise.

 

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