Métamorphoses de François Vallejo

7,5€ // 336 pages
Paru le 21/01/2016
EAN : 9782757854761

Métamorphoses

François Vallejo

Littérature

Partagez :

Alix est bouleversée : son demi-frère Alban s’est converti à l’islam. Redoutant le pire, elle va tout chambouler : sa vie d’abord, celle de sa mère et de son beau-père, celle des nouveaux amis d’Alban, quitte à le mettre en danger. Il s’agit de comprendre la métamorphose qui transforme petit à petit Alban en Abdelkrim. Il ne peut être qu’un pion manipulé. Et pourtant…

François Vallejo est, géographiquement, et comme son nom l’indique, un homme du sud passé à l’ouest. Il est l’auteur de plusieurs romans, dont Ouest et Fleur de sang.

« Sans affect, sans pathos, sans parti pris idéologique, François Vallejo s’attaque au plus périlleux des sujets. Un roman-choc, troublant, rassurant par son évidence romanesque. »

Le Figaro Magazine

Postface inédite de l’auteur

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

29 mai 2016
Laura D.

Métamorphoses. Celle d'Alban Joseph, devenu Abdelkrim Yousef. Mais aussi celle de sa demi-soeur, Alix. C'est à travers son regard que l'histoire est racontée. Bouleversée par la conversion d'Alban, elle cherche à comprendre comment cela est arrivé et ce qu'elle peut faire pour qu'il ne soit plus radicalisé. Choix ? Manipulation ? Alix ne peut que supposer et partager ses états d'âme avec le lecteur. J'ai eu beaucoup de difficultés à accrocher à ce livre, cela est du à la narration où tout se confond. Les dialogues sont mélangés aux pensées comme au récit. Le "je" et le "tu" se côtoient sans distinction. Le sujet est intéressant, brûlant au niveau de l'actualité bien que le livre est été écrit avant, mais raconté d'une manière qui ne m'a pas captivée.

26 avril 2016
Anja

Excellent roman qui nous met dans la peau d'Alix, ou du moins dans ses mots puisque c'est son journal que nous tenons entre les mains, à ce moment ô combien bouleversant de sa vie qu'elle traverse après avoir appris que son demi-frère, le doux et rêveur Alban Joseph avec qui elle a tant partagé, s'est récemment converti à l'Islam et mène, sous son nouveau nom d'Abdelkrim Yousef, des activités plus que douteuses...

D'un style dense, original et ultra prenant, "Metamorphoses" est un récit sans concessions, sans clichés et sans parti pris. Étonnant angle d'attaque pour un sujet d'actualité si chaud, la forme du journal est excellente car elle permet d'ouvrir la réflexion de manière intime, sans projecteurs ni grosses sirènes d'alarme, ce qui rend le sujet à la fois plus abordable, moins dramatique et plus terrible.

L'écriture est belle et le travail entre le fond et la forme, très soigné, est jouissif. L'histoire est prenante et la réflexion est riche. Vraiment un très bon roman à tout points de vue et la postface très intelligente de l'auteur a fini de me convaincre qu'il était un homme à suivre!

19 avril 2016
vanina le gall

François Vallejo, professeur de lettres classiques, est un passionné de Claudel et Louis-Ferdinand Céline. Auteur de onze romans, "Métamorphoses", son dixième opus, est initialement sorti en 2012.

François Vallejo est notamment lauréat du prix du Livre Inter pour "Ouest". C'était en 2007. Parmi ses titres les plus connus "Groom", "Ouest" donc, mais aussi "Madame Angeloso".

Le roman sélectionné pour le prix du meilleur roman Points est, pour le coup, un sacré uppercut. Et pour cause. Bien qu'écrit trois ans avant les attentats de Charlie Hebdo puis ceux du 13 novembre 2015, on dirait qu'il en découlé.

L'histoire ? Elle est tragique. Elle est forte. Elle est ancrée dans notre réalité contemporaine. L'histoire c'est donc celle d'Alix Thézé et de son "demi" comme elle dit, son demi-frère, Alban Joseph. Ils ont la même mère. Ont reçu la même éducation, bourgeoise. Mais n'en auront pas fait le même usage.

Si Alix est devenue une restauratrice de peintures anciennes dont le travail est apprécié, Alban, le doctorant en chimie, a sérieusement dérapé. Il s'est radicalisé. A changé de vie. Et même d'identité. Et il veut laisser une trace. Tant pis si elle suinte l'horreur...

Alors Alix, qui a compris, va se battre. Contre tout le monde pour que son frère s'en sorte et ne devienne pas un terroriste. Elle se battre contre les oeillères de sa mère et de son beau-père, contre les "nouveaux" amis de son demi, contre les services de renseignements français. Une lutte. Longue et âpre. Au nom de leur fraternité.

Un roman dont on tourne les pages pour savoir. Pour comprendre. La seconde partie cependant est moins bonne que la première.

Extrait

Pages 133-134 : "Ce ne sera pas lui nuire, mais l'aider, ma seule ambition depuis le début. Croire qu'on préservera les affaires de l'agence de voyages, en cachant l'histoire de mon demi, c'est une erreur, je le vois de plus en plus clairement. Erreur de maintenir la fiction de sa liberté de choix. Nous avons seulement honte de voire un garçon bien élevé, brillant, passer de l'autre côté. Quel autre côté ? C'est le plus embarrassant à dire. Je sens que je ne suis pas encore fermement décidée.

Je me fixe une limite : notre première campagne de restauration touche à sa fin. Je ne la retarderai pas par un départ anticipé. Je respecte mes engagements. Je n'en prendrai pas d'autres, c'est tout. D'ici là, je renonce à la presse, je jette la documentation accumulée, je m'abstiens de toute lecture. Dans trois semaines, nous quitterons La Puisaye. Dans trois semaines, j'aurai assez de force pour franchir le pas. Quel pas ? Dénoncer mon demi."

6 avril 2016
Fabienne Defosse-Verrier

Métamorphoses ne se lit pas aujourd'hui comme François Vallejo a pu l'imaginer. Ce roman, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit, a été écrit en 2012. A peine achevé, il s'est trouvé métamorphosé. Métamorphosé par les évènements extérieurs, puis par la lecture qui en a été faite. En effet, la parution de ce roman était imminente lorsque l'affaire dite "Mohamed Merah" a éclaté à Toulouse. Malheureusement depuis, il y a eu les attentas contre Charlie Hebdo, l'Hyper Casher, ceux du 13 novembre 2015 et dernièrement ceux de Bruxelles. Ces évènements ont transformé ce récit romanesque en récit journalistique, sociologique, prophétique et idéologique. Comme le précise très justement François Vallejo dans sa postface, Métamorphoses est devenu un autre livre et ses contours et ses approches vont être encore modifiés.

Cruellement d'actualité, Métamorphoses traite des changements, de la transformation. Alban Joseph, est un jeune doctorant en chimie moléculaire à l'avenir prometteur. Du moins, c’est ce que tout le monde pense y compris sa demi-sœur, Alix, jusqu’au jour où elle apprend qu’Alban s’est converti à l’islam radical. Son "demi", comme elle le nomme affectueusement, a changé d'identité, renié son nom, donc les siens, pour devenir Abdelkrim Yousef. Injoignable, il a disparu de la circulation. Bouleversée par cette nouvelle et redoutant le pire, Alix va tout chambouler. Sa vie d’abord, mais aussi celle de sa mère et de son beau-père, celle des nouveaux amis d’Alban, son réseau, quitte à le mettre en danger. Elle veut comprendre les raisons de cette métamorphose qui a transformé petit à petit Alban en Abdelkrim. Elle refuse de croire que son "demi" ait pu de son propre gré se convertir, étudier l'arabe, lire le Coran et fréquenter un camp d'entraînement en Afrique. Alban ne peut être qu’un pion manipulé. Alix décide alors de se mettre en quête de vérité, en quête de ce demi, de cet amour fraternel et de cette complicité disparus.

Avec Métamorphoses, François Vallejo nous incite à la réflexion. Se convertir est-ce nécessairement synonyme de radicalisme ? Alban rappelle à sa demi-sœur qu'elle aussi s'est convertie lorsqu'elle a quitté les Beaux-Arts pour intégrer une école privée de restauration d'art ancien. Passer de la passion de l'art contemporain à la passion pour l'art le plus archaïque, restaurer des fresques romanes dans les églises alors qu'auparavant Alix revendiquait son athéisme, n'est-ce pas une conversion, un changement radical de vie ? Pour autant, s'est-il permis à ce moment là de la juger, lui a-t-il reproché quoi que ce soit ? Alors pourquoi le ferait-elle, si ce n'est parce qu'il est passé du côté des exclus du monde entier ?
Sans parti pris, François Vallejo nous interpelle, en disséquant à travers le regard de cette sœur, ce qui peu à peu conduit tout un chacun aux métamorphoses (le pluriel est loin d'être anodin). Cette jeune femme est terrorisée à l'idée que son demi-frère qui a choisi d'embrasser l'islam puisse se radicaliser, devenir un terroriste. De l'incrédulité à la certitude, elle tentera de prouver tout et son contraire, essaiera de sensibiliser ses parents, de les responsabiliser. François Vallejo nous interpelle sur ces changements de société, nous incite à lutter contre les préjugés, tout en laissant toujours planer le doute pour mieux nous sensibiliser, pour ne pas rester indifférent aux différences. Métamorphoses s'apparente à la fois à une étude psychologique et sociétale finement ciselée mais également à un roman d'espionnage. Un roman efficace qui ne laisse aucune place à l'indifférence. Tout un chacun est concerné, quelles que soient ses origines, son milieu social, Métamorphoses interpelle, nous oblige à nous questionner, à nous remettre en cause. Un roman à lire pour tenter de comprendre.

24 mars 2016
Béatrice

"Les métamorphoses" est d'une brûlante actualité, hélas, après les attentats à l'aéroport de Bruxelles.
Le cheminement dans la tête d'un converti puis extrémiste (le fossé est énorme entre les 2), le discours prosélytiste proche du lavage de cerveau , tout est très réaliste et vrai. Une triste et horrible réalité.
Alix et Albin suivent des chemins inversement parallèles: Elle renouvelait l'ancien puis finit par lui ajouter du moderne, comme une deuxième vie alors qu'Alban, le scientifique pragmatique qui recherche à se prouver en allant le plus loin dans ce qu'il y a de plus abject dans l'extremisme religieux.

Il y a aussi le style de ce livre , ce dialogue qui n'en est pas un, mais qui a sa légerté et sa fluidité. On comprend qui ce sont les notes d'Alix, qui auront aussi un rôle à jouer. Très intéressant comme outil : donner voix aux différents personnages
sans qu'ils ne parlent vraiment, mais assez pour les cerner.

20 mars 2016
Rémi

Roman écrit intégralement sous la forme d'un journal haletant, acteur central de l'intrigue, cet ouvrage pose très naturellement la question du sens que chaque individu donne à son passage sur Terre, qu'il soit religieux, artistique ou philosophique, au gré de ses "conversions". Et une postface légitime d'un auteur soucieux de ne pas se voir dépossédé de son roman, genre dont il rappelle de manière opportune la définition. Un bon roman.

13 mars 2016
Noémie

Il est resté un moment sur l’étagère. Pas envie d’aborder la tentation terroriste, ni de l’expliquer, ni de la comprendre. Peur du cliché, de la brutalité, de la réalité qu’il convoque. Et puis j’ai lu.

J’ai lu, l’écriture serrée, parfois oppressante, tant tout s’entremêle. J’ai lu, l’intime, l’imprononçable, le lien à l’autre, la famille. J’ai lu, la quête d’identité, le renoncement, la peur. J’ai lu un roman puissant, qui ne se réduit pas à sa dimension d’actualité.

6 mars 2016
Vincent NAZE

Avec justesse, l'auteur aborde la conversion d'un jeune occidental à l'islam radical, vu du point de vue de sa demi-sœur. Cette dernière se lance à sa recherche, espérant le convaincre de faire marche arrière.

Un roman d'une actualité hallucinante, quand on pense qu'il a été paru en 2012.

3 mars 2016
gérard Maliverney

Difficile, à la lecture de ce roman, d’échapper à la terrible actualité générée par le terrorisme. Ce livre est visionnaire ; publié en 2012, bien avant les premiers assassinats islamistes en France. François Vallejo a « frappé juste. Peut être nous permet-il de comprendre (mais pas d’accepter pour autant) comment des jeunes peuvent adopter une religion qui leur est au départ étrangère, qui changent de nom, et qui tombent dans l’obscurantisme aveugle
Abandonner ses valeurs pour une conversion, c’est le cas d’Alban, demi-frère d’Alix la narratrice ; il devient Abdelkrim Yousef par goût de l’extrême et par sa volonté de vouloir « épouser la force ».
Les efforts de sa sœur sont vains, elle n’a aucun pouvoir pour stopper sa transformation en djihadiste.
C’est un livre brillant sur les rapports frères et sœurs qui sont confrontés à leur propres choix, car Alix va aussi changer de voie et quitter son domaine de prédilection, l’art contemporain.
Qu’est ce qui conduit aux métamorphoses ? C’est le thème de cette fiction. L’auteur, avec son écriture émotion nous fait nous interroger et porter un regard nouveau sur les changements qui s’opèrent autour de nous.

22 février 2016
Lise

Métamorphoses est un récit brillant par bien des aspects. Le plus frappant d'entre eux est évidemment le caractère quasi-prophétique d'un texte publié trois ans avant les attentats de 2015 et l'identification d'individus à risque parmi une population de jeunes de la classe moyenne, diplômés, qu'on n'aurait pas imaginé voir partir faire le djihad. Au-delà de cela, l'interprétation du personnage principal, Alix est particulièrement bien réussie. La conversion de son demi-frère, Adam, est observée par une grande soeur angoissée et surprotectrice, la narratrice, qui se trouve particulièrement déstabilisée par ce qui arrive au sein de sa famille. Parfois agaçante, elle scrute les évolutions de son frère pour tenter de jouer auprès de lui le rôle que ses parents n'ont, selon son point de vue, pas tenu. Alix est un personnage vraisemblable dont le point de vue est donné pour ainsi dire en temps réel. Elle n'a pas le temps de prendre la distance qui pourrait être celle du journaliste ou du narrateur hétérodiégétique. La nouvelle de la conversion de son frère et sa progression vers un islam particulièrement ferme va bouleverser complètement sa représentation du monde et l'amener à s'interroger sur ses proches aussi bien que sur son propre parcours. De ce point de vue, la rhétorique d'Adam est particulièrement intéressante. Fanatisé, le jeune homme pose pourtant des questions pertinentes.
J'avais hésité avant de commencer ce livre, pas envie de lire un truc en rapport avec une actualité déprimante, avec la fièvre du terrorisme, avec l'impuissance et l'incompréhension ambiantes qui créent des jeux politiques rocambolesques. Au lieu de cela, j'ai trouvé avec bonheur une histoire intime sur les relations au sein de la famille, un récit solide et bien structuré, un écrivain de sexe masculin incarnant avec brio le point de vue d'une jeune femme ayant fait des concessions qu'elle ne peut s'avouer, et en toile de fond, une question:
Que faire quand l'autre nous échappe?

13 février 2016
Johanna Lilas

Alix apprend par un ami commun que son demi-frère Alban s'est converti à l'islam. C'est toujours elle qui s'en est occupée car leurs parents sont des quasis-absents, obnubilés par leur agence de voyage. En fait, Alban est à la recherche de sensations fortes, il dépasse régulièrement ses propres limites. La conversion à l'islam est une sorte de réponse à cette obsession. Alix est face à un système qui la dépasse complètement mais elle n'abandonne jamais surtout lorsqu'il s'agit de son "demi". L'affaire va au-delà du cercle privé car une série d'événements vont exposer l'ensemble de la famille. Suite à la conversion de son frère, Alix est également confrontée à ses propres choix. Elle qui a abandonné l'art contemporain pour devenir restauratrice de peintures du Moyen-Age s'interroge sur ses envies et son avenir. L'histoire et l'évolution psychologique des protagonistes sont cohérentes. Le titre est bien choisi, il reconstitue l'idée générale du roman car il s'agit bien de métamorphoses. Ce roman a été écrit en 2012, on peut dire que François Vallejo a eu comme une vision d'anticipation de ce qui pourrait se passer en France et ailleurs. Mais en réalité, son propos n'a rien de biographique ou de journalistique. En effet, on est dans la sphère du roman et heureusement c'est justifié dans cette édition par une post-face. Les thèmes de la conversion de jeunes Français à l'islam et de tout ce qui en découle est d'actualité. Je ne connaissais pas cet auteur, j'ai apprécié son histoire et son style. Je suis ravie de l'avoir découvert.

1 février 2016
Vincent PINATEL

Après lecture de la 4ème de couverture et au vu des événements de 2015, j'ai eu une grosse appréhension quant à la lecture de ce roman de François Vallejo.
C'est le genre de livre qui peut vite s'enfoncer dans les clichés. D'ailleurs, les premiers chapitres me laissent un curieux goût dans la bouche, comme écoeuré par les premières réactions d'Alix quand elle apprend la conversion à l'Islam de son demi-frère.
Le style de François Vallejo est serré voire confus mais ce parti pris est bien justifié au cours de "Métamorphoses. Son écriture est très précise et retranscrit à merveille ce qu'il se passe dans la tête d'Alix.
Comme je le disais un peu au dessus, la première moitié du livre m'a laissé dubitatif. le roman se lisait bien mais Alix m'agaçait et c'est sur le dernier tiers que tout s'éclaire et que la plupart des choix de l'auteur se justifient.
Au final, j'ai beaucoup aimé ce roman traitant des métamorphoses des 2 protagonistes principaux, il m'a fait pas mal réfléchir et il est glaçant à la lumière des événements de 2015 car certains points se retrouvent encore dans l'actualité récente.
Car en effet, le manuscrit du livre a été livré à son éditeur fin 2011 et est sorti au moment de l'affaire Merah. Durant son écriture, le sujet était beaucoup moins d'actualité qu'aujourd'hui et c'est important d'avoir ça en tête en lisant ce livre. D'ailleurs dans une postface très intéressante (écrite en septembre 2015), il explique le nouvel éclairage et le nouveau sens qu'a pris son roman depuis sa première publication.

 

Donnez votre avis!


Vous avez des avis, remarques, ou des envies pour améliorer notre nouveau site Lecerclepoints.com ?

 

Contactez-nous