La Lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

6,5€ // 144 pages
Paru le 19/02/2015
EAN : 9782757840795

La Lettre à Helga

Bergsveinn Birgisson

Littérature

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De retour pour un été dans la maison où il passa toute sa vie, Bjarni Gíslason écrit à la seule femme qu’il a aimé, aussi brièvement qu’ardemment : Helga. Déclaration d’amour passionnée, hymne à la terre et au mode de vie rural, cette lettre est pour l’ancien éleveur de brebis l’occasion de s’interroger sur les raisons qui poussent un homme à faire la sourde oreille au doux appel de l’amour.


Bergsveinn Birgisson, né en 1971, est spécialiste de littérature médiévale scandinave. Il porte la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même fermier et pêcheur dans le nord-ouest de l'Islande. La Lettre à Helga a connu un immense succès dans les pays du Nord.



« Considérations sur le temps, le désir, la fidélité, le destin, l’âme islandaise, le tout dans un style enlevé et rafraîchissant… ce roman est un pur délice. »

L’Express


« Des confessions débordantes de lyrisme et de poésie. »

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Traduit de l’islandais par Catherine Eyjólfson

 

Commentaires

28 août 2015
Benjamin Dias Pereira

La Lettre à Helga s’adresse à l’être aimé, à celui que Bjarni, quatre-vingt-dix ans aujourd’hui, a laissé filé parce qu’il ne voulait pas rejoindre la ville, Reykjavik qu’il n’aime pas, pour rester dans sa campagne, celle qu’il connaît, et ce aux côtés de Unnur, sa femme. Aux côtés du héros qui revoit les paysages de toute sa vie, le lecteur entrevoit l’Islande des fermiers et des pêcheurs d’il y a plus de cinquante ans. Une terre aux conditions de vie dures, à l’amour bestial et au mariage plus arrangeant que sentimental.

Bergsvein Birgisson dépeint des situations drôles et cocasses avec une poésie qui a parfois malheureusement un peu de mal à prendre. Néanmoins, ce court roman épistolaire apporte toute la fraîcheur du Grand Nord, et en plein été, on en redemanderait.

5 juin 2015
Josyane Beaulieu

J'attendais beaucoup de ce roman épistolaire dont la presse a tant fait l' éloge..et je reste déçue en terminant ma lecture..Après être rentrée très difficilement dans le texte qui ne me touchait pas, un sursaut d'intérêt et d'émotion a commencé à m'atteindre au 13ème chapitre..un peu tard, n'est-ce pas? pour un livre qui fait 125 pages..lorsque finalement le questionnement existentiel, la sagesse due à l'âge, le regard de Bjarni sur les hommes, se livrent sans effet, simplement..
Il me semble que quelque chose ne fonctionnait pas dans l'écriture..une certaine maladresse ou lourdeur dans l'expression, revenant de manière assez récurrente ,et agissant en "contraste forcé", me laissant assez mal à l'aise..un certain lyrisme aussitôt suivi de notes bizarres, sur le ton de la bestialité, où l'humour tombe souvent à plat...
Au final, peu conquise..et loin d'être inoubliable.

17 mai 2015
Marjorie

J’avais beaucoup entendu parler de « La Lettre à Helga » et de façon plutôt élogieuse, même si je me rappelle avoir vu poindre des avis mitigés à un moment donné. Aussi, j’étais assez curieuse de découvrir ce petit roman, sous forme d’une lettre d’une centaine de pages. Une longue lettre pour évoquer une histoire d’un amour à la fois intense et déçu, dans les montagnes islandaises. Une lettre que je m’imaginais empreinte d’émotion, de nostalgie, de poésie également, et d’amour bien entendu. Hélas, mes attentes ont été largement déçues.

Je n’ai pas réussi à adhérer à l’histoire et aux personnages, qui m’ont semblés trop abstraits (l’effet lettre peut-être). Il m’a été difficile de comprendre Helga et pourquoi elle avait tant marqué l’auteur de cette lettre, car ce personnage m’a semblé manquer terriblement de profondeur. Certaines scènes m’ont gênée et je n’ai pas compris le besoin de l’auteur de les incorporer à son récit. Le découpage entre l’histoire d’amour et la vie de la ferme, m’a semblé un peu décousu. En si peu de pages, vouloir parler de tout par à coups me donne l’impression que tout parait anecdotique.

En fin de compte, je suis assez perplexe devant ce roman. Je n’ai pas réussi à entrer dans cette histoire, qui ne m’a pas vraiment touchée. Il y a parfois de beaux passages, parfois des anecdotes qui oscillent entre tragédie et comédie, plutôt bien trouvées. Mais il n’y a pas cette touche de poésie à laquelle je m’attendais. Il y a des regrets, de la colère et de l’intensité. Mais il y a aussi des bizzareries bien inutiles, qui donnent un côté étrange au récit, et qui n’aident pas à apprécier son personnage principal. Et surtout il manque, j’en ai l’impression, ce qui aurait du être le moteur de cette lettre : de l’amour…

28 avril 2015
Sandrine P.

Des cinq livres que j'ai lus, La lettre à Helga est celui que j'ai le moins aimé, celui que je ne recommanderais pas à mon entourage. La seule idée intéressante que je retiens de cet auteur islandais est que "les gens prennent, dans la vie,le contre-pied de ce qu'ils prônent". A part cela, la passion débordante de Bjarni ne m'a pas vraiment touchée. Ces emportements charnels m'ont apparue débridés et puis surtout, sa lâcheté a tout gâché. Je lui accorde un tout petit peu de clémence car il est resté, on ne sait trop pourquoi, aux côtés d'Unnur, et pour cela je pense qu'il fallait du courage...

24 avril 2015
Yves Sorais

Ouvrage singulier et déroutant. Une tragédie douce-amère, dont la rusticité du décors donne un réel piment à l'histoire, même si celle-ci n'offre pas une grande originalité.
Malgré tout, un regard sur la campagne et la culture Islandaises, des clins d’œil parlant sans doute particulièrement aux autochtones, d'où le succès du livre en Scandinavie, qui s'avèrent touchants, dépaysants, pas loin toutefois de la réalité passée-encore présente des campagnes que nous connaissons.
Une lettre à parcourir pour le plaisir de cette évocation, et celle complexe de ce destin amoureux.

15 avril 2015
Valérie Lobsiger

IL N’A PAS VOULU DEVENIR COMME LES CANARDS DE REYKJAVIK (« de tristes parasites qui se chamaillent pour gober ce qu’on leur jette »), alors il a laissé filer Helga, l’amour de sa vie. A plus de quatre-vingt dix ans, le narrateur, éleveur de moutons de son état, nous narre, sous forme de lettre à celle qui n’est plus, le drame de sa vie. Il n’a pas pu se résoudre à suivre son aimée dans la grande ville de Reykjavik, par peur de renier tout ce qui, à la campagne, donnait un sens à sa vie : la proximité des animaux certes, mais aussi plus généralement de la nature, les relations véritables entre les hommes soumis, solidaires, à la toute puissance de celle-ci et, surtout, le labourage de la terre qui permet de voir « l’aboutissement du travail de ses propres mains ». Ce narrateur, qui nous apparaît de prime abord comme un chantre de la nature un rien désuet, n’est pas pour autant, comme on ne tarde pas à le découvrir, un esprit obtus fermé au progrès ou à ce qui peut élever l’esprit. Au contraire, il a fabriqué de performantes machines à filer, il a participé activement à la société de lecture de son canton, son coeur a été sensible à la poésie oralement transmise par ses grands-parents, il recherche en permanence un contact avec l’âme des choses et des gens, leur « vraie nature », il aspire à ce qui est « vrai et juste ». S’il regrette la disparition des fermiers d’antan, c’est que ceux-ci avaient appris à penser « par eux-mêmes » en reconnaissant intuitivement ce qui était bon pour eux.
CE DILEMME ENTRE SON AMOUR ET SON ATTACHEMENT A SA TERRE ancestrale l’a brisé. En même temps, il lui a fait tâter sa condition d’être humain qui est d’assumer ses choix et lui a enseigné à rester humble : il a ainsi appris ses limites (« la vie dépasse ce que la tête d’un homme peut appréhender »). L’auteur, dont une note au début du roman indique qu’il « porte en lui la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, lui-même éleveur et pêcheur dans le nord-ouest de l’Irlande », adopte un style tout aussi empreint de gaillardise que de poésie. Sous le charme, le lecteur recueillant les confidences du narrateur pense aussitôt à un Brassens réincarné en chantre islandais. Car même s’il loue la vie du paysan, il se garde bien pour autant de l’idéaliser et en cela, il retient toute notre attention. Comme La Fontaine, il n’ignore pas (et pour cause, il a fait les frais des médisances), « les ragots, les jalousies, et toutes sortes de conneries qui vont avec ». Mais l’homme, pour peu qu’il le veuille, trouve toujours moyen de transcender les obstacles et c’est là son chemin de rédemption (« il me semble parfois que mon esprit a, comme l’oiseau, essayé de prendre son envol pour échapper au quotidien laborieux de la vie vie terrestre »).
Un très beau récit qui s’élève contre la globalisation et l’adoption stupide de modes étrangères pour trouver une résonnance profonde en chacun de nous.

10 avril 2015
Nathalie Cailteux

Plongée intéressante et émouvante au cœur de ce roman qui oscille entre fresque bucolique islandaise et confession romantique passionnée. Cette hésitation, le narrateur l’a éprouvée, ne sachant s’il devait renoncer à la campagne, au travail de la terre, à l’élevage des moutons, à tout ce à quoi il s’est toujours identifié pour adopter la vie citadine et familiale que lui proposait son amante Helga. Dans cette lettre ouverte à la femme qu’il a aimée, les pensées affluent avec une fraîcheur champêtre brute et parfois cocasse pour justifier le choix de cet homme, conscient du drame intime que celui-ci engendrerait inexorablement.

30 mars 2015
Sylvie Lucas

Une lettre d'amour pleine d'humour et de verve. A 90 ans, alors qu'il n'attend plus rien de la vie, même plus de retrouver son amour déjà enterrée, ce jeune vieillard a encore beaucoup de verdeur. Ses déclarations d'amour sont romantiques et priapiques. Il finit même par se souvenir qu'un jour, il s'est réellement pris pour un bouc! Ses rencontres avec sa bien aimée ont pour cadre la bergerie, où on tâte les mamelles, on tente l'insémination, on disserte sur le choix du bon reproducteur. Le slogan " un roman aux parfums de vent et de terre" me semble édulcorer énormément " la chose"... De plus sans cette part de bestialité et donc de drôlerie ( certaines situations sont très cocasses!) le roman serait assez fade car les périodes poétiques sont à mon goût assez clichés. J'ai donc pris cette "ode à la terre" davantage au second qu'au premier degré mais peut-être ai-je eu tort.

26 mars 2015
peggy

Lettre testament d’un vieux berger islandais à la seule femme dont il fut véritablement amoureux. Il y confesse avec simplicité et justesse les choix qui ont orienté sa vie, ses regrets et ses joies, son attachement à la terre et aux valeurs traditionnelles des villages reculés de l’Islande. C’est un magnifique roman qui apparaît tel un hymne à la campagne Islandaise, à ses coutumes et ses croyances. L’écriture y est fluide et enlevée ce qui ajoute un charme désuet à ce court roman poétique et sensible. Un très agréable moment de lecture.

23 mars 2015
Manon Lisait

Bon, je crois que la vague de la littérature islandaise facile a été trop surfée. Si on publie des micro textes comme la Lettre à Helga en utilisant des termes comme « coup de coeur » ou « perle » (oui oui), c’est qu’on a une araignée au plafond.

Avis à ceux qui veulent lire ce roman, je vais vous le gâcher dans les prochaines lignes.

Que dire de la Lettre à Helga ? C’est l’histoire de Bjarni Gíslason de Kolkustadir, un simple éleveur de moutons, villageois modèle et solidaire, mari généreux et respectueux qui, au chevet de sa femme mourante et aigrie, décide d’écrire une longue lettre d’amour à Helga, l’amour de sa vie, son ancienne voisine de ferme sur laquelle il a fantasmé toute sa vie et avec laquelle il a partagé quelques mois d’amour bestial sur les bottes de foin, dans l’odeur d’urine et de biquette.

Après quelques semaines de plaisir bourru, de délices adultères champêtres, elle lui annonce l’inévitable : elle porte son enfant. Elle lui propose de tout quitter, elle son mari, lui sa ferme et sa femme infertile, et de partir vivre une chiche vie d’ouvrier à la capitale. Déchiré entre (soyons simples) son cerveau et son sexe, il fait le choix de renoncer à la passion et au bonheur et de rester sur place, continuant à vivre en face d’elle, témoin muet de l’évolution de son enfant et de la déchéance de leurs mariages respectifs.

Amour impossible, infidélité sans remords, cette relation l’a marqué au point de lui pourrir la vie. Il commet l’impardonnable, séduit par les doux poils et les tendres mamelons d’une petite chèvre qui lui rappelle bien trop les courbes de son aimée, et tentera de prendre sa propre vie, anéanti par la honte. On le voit venir de loin puisque c’est comme ça que leur relation est née et qu’il n’a de cesse de l’inscrire dans ce cadre. Poésie du quotidien, sublimation des odeurs les plus primaires, on est presque dans un roman de Balzac.

Au niveau du style, je dirais que c’est bien heureux que le texte soit aussi court. Les essais stylistiques de l’auteur sont bien trop évidents et manquent de subtilité (omniprésence de l’aimée qu’il aperçoit même dans les reliefs de la montagne, dans les odeurs de son quotidien), le texte est truffé d’étonnantes digressions qui perturbent un peu le lecteur, quand par exemple en plein milieu de sa première déclaration il change de sujet pour parler du bétail. Ce n’est pas une lettre d’amour ordinaire.

Le fond de l’histoire pourtant me plait énormément. Quelques mois d’amour passionné qui marquent tout une vie, un choix impossible et qu’il subira toute son existence, la frustration de choisir de faire les choses comme il faut quand tout son être lui crie de chercher le bonheur, je trouve cela aussi excitant qu’universel. Je me serais juste passée des tentatives de poésie, de ces maladroits quatrains éparpillés dans les pages, et des longues descriptions des expéditions pour aller chercher les cadavres en hiver et des techniques d’insémination des boucs.

19 mars 2015
Isabelle

Quelle belle lettre d’amour que cette lettre à la femme qu’il a toujours aimée sans jamais oser franchir le pas pour vivre avec elle.

Chaque mot, chaque expression, chaque phrase est chargée de sentiments, d’images, d’odeurs. L’écriture est belle, profonde, puissante. On sent l’odeur de la terre, le goût de la mer, le froid la rudesse de l’hiver. On imagine l’Islande, pays à la nature hostile et puissante qui exerce une emprise dont Bjarni Gíslason, l’auteur de cette lettre d’amour, ne parvient à se défaire.

Cependant, avec le recul je me dis que cette lettre d’amour s’adresse à la femme qu’il a aimée, certes, mais aussi à la terre de ce pays pour qui il a fait son choix finalement.

16 mars 2015
Maryline Galdin

Cette lettre à Helga écrite par un narrateur de plus de 90 ans, ne manque ni de sentiments, ni d'humour. Lorsque Bjarni Gíslason relate sa passion contrariée pour Helga, il nous fait partager cet esprit nordique si particulier à l'Islande. Certaines scènes où
l'absurde flirte avec le comique sont truculentes, d'autres sont plus intimes et émouvantes. Cette lettre est un petit bijou!

15 mars 2015
jgloaguen

Bjarni Gislason est très vieux. Le temps est venu pour lui de porter sur sa vie un regard clair. Il explore sa mémoire et il interroge ses décisions passées. La lettre qu'il écrit est adressée à son ancienne maîtresse. Elle ne pourra jamais la lire. Pourtant c'est une lettre d'amour et aussi une confession. La confession d'un islandais, un homme de la terre, un éleveur de moutons.

9 mars 2015
AllMad(e)Here

Ce roman épistolaire, c'est la lettre qu'écrit Bjarni, un ancien éleveur de moutons islandais "au bord de la tombe", à son grand amour, Helga.

C'est la confession bouleversante et lucide d'un homme simple, d'une grande sincérité qui nous dévoile l'histoire de sa vie d'homme et de sa vie de paysan.
Une vie de non-dits, d'actes manqués, de passion et de renoncement.
Bjarni est viscéralement attaché à ses terres héritées de ses ancêtres, à ses bêtes et à son mode de vie.
A travers cette lettre nous découvrons une singulière histoire d'amour qui commença avec la propagation d'un non-évènement: une rumeur médisante d'infidélité entre cet homme et cette femme tous deux mariés...

Difficile d'en dire davantage sans gâcher votre futur plaisir de lecteur....

Une phrase résume parfaitement le livre "(...) J'aurais soif de toi jusqu'à mon dernier souffle".
Un petit bijou d'émotion, de tendresse et de sensualité.

 

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