Le Fleuve des brumes de Valerio Varesi

7,2€ // 288 pages
Paru le 04/05/2017
EAN : 9782757864326

Le Fleuve des brumes

Valerio Varesi

Policiers, thrillers & romans noirs

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La pluie tombe sans discontinuer et les eaux du Pô montent dangereusement. Dans le brouillard, une péniche dérive sans personne à bord : où est passé Tonna, le batelier ? Étrange. D’autant que la même nuit, son frère est retrouvé mort dans un accident suspect. Le commissaire Soneri se plonge dans le passé des deux hommes et exhume leurs lourds secrets. Sur les rives du fleuve, rien n’a été oublié des combats de la Seconde Guerre mondiale. Ni pardonné.

Traduit de l’italien par Sarah Amrani

 

Commentaires

26 novembre 2017
Annick Simeoni

Un sujet qui me paraissait prometteur , une vengeance sur fond d'Italie fasciste ...mais que de longueurs ! S'il y a réellement une ambiance , le fleuve , ses crue et décrue , la brume qui engloutit les personnages ...et le lecteur ! Une peu déçue , je n'ai pas accroché!

24 novembre 2017
MJ

J’ai l’habitude de lire des polars qui vont à cent à l’heure avec des rebondissements et de l’action à chaque chapitre et ici, on a tout le contraire : un auteur qui prend le temps d’installer une ambiance particulière, de s’appliquer sur les dialogues et de nous emmener sur le Pô capricieux. Le fleuve est en effet un personnage à part entière du roman à travers sa crue et sa décrue dans la brume permanente. Ce brouillard et les péniches sur le fleuve contribuent à mettre en place cette atmosphère particulière qui fait le charme de ce polar original. L’intrigue assez simple a pour toile de fond l’Italie fasciste, les personnages sont forts et charismatiques et cachent bien des secrets et un passé obscur. L’écriture est agréable et je me suis laissée emportée par ce roman au gré du fleuve grâce à l’atmosphère très réussie. Une belle découverte !

26 octobre 2017
Sophie B

J'ai attaqué ce livre avec un réel enthousiasme qui s'est vu englouti après à peine 35 pages... il s'en est suivi une longueur interminable pour en venir à bout. Je suis un peu déçue, pour la deuxième fois, par la sélection. J'adore pourtant l'Italie et les polars mais la sauce n'a pas prise. Des langueurs descriptives pour un effet contemplatifs bien assuré. Une intrigue qui s'annonçait captivante sur la disparition quasi simultanée de 2 frères. Je pense que ce livre trouvera moult amateurs du genre, mais vraiment j'ai besoin de plus d'actions et plus de vie dans ce genre de roman. Le thème n'en était pas moins intéressant. J'attendais peut être trop de ce livre avec des personnages que je pensais plus marqués, plus vivants.

23 septembre 2017
Sylvie E.

Le polar se prête à tous les genres. Au roman réaliste dont il est le plus grand représentant, au théâtre avec des drames comme « Hamlet » mais aussi et cela semble plus surprenant et inattendu encore, à la poésie. « Le fleuve des brumes » s’inscrit dans cette veine-là, celle du roman policier poétique. Son titre ne promet-il pas la découverte d’un univers onirique où passé et présent se confondent charriés par les eaux d’un fleuve en crue ?

Dans ce roman, l’espace de l’enquête est restreint, le temps figé car ce n’est pas tant l’enquête qui importe mais plutôt son rythme. Il est lent, il s’étire comme la brume au-dessus du Pô qui vient tout envelopper dans ses filets humides.

Dès les premières lignes, le lecteur découvre un fleuve, un fleuve en crue, le Pô déborde et sur le fleuve insoumis dérive une péniche. Son étrange et vacillante traversée inquiète bien plus les habitués des rives que la montée des eaux. Où est Tonna, son propriétaire ? Est-il à bord ? Que c’est étrange, ce bâtiment qui avance, comme livré à lui-même !

Ces questions qui taraudent les riverains trouveront une réponse partielle : Tonna a disparu, le vieux batelier s’est comme volatilisé, emporté par les brumes inondant le paysage qui peu à peu se referme. Rien ni personne ne perce les secrets du fleuve. Le commissaire Soneri va se heurter à ce silence que semblent imposer les eaux. Quand il découvre le corps du frère de Tonna, un doute le travaille : sa mort est suspecte.

Mais quels sont les liens entre ces deux affaires et quelle part le passé des deux hommes tient-il dans cette enquête ? On ne dit rien, on se tait devant la police. L’enquête de Soneri est un peu comme le dernier voyage de la péniche de Tonna, vacillant et difficile, noyé par les brouillards qui s’étendent. Il faudra au policier de la détermination mais surtout de la patience et de la finesse pour atteindre la vérité.
Il devra se laisser séduire et porter par l’atmosphère des paysages gris et pluvieux pour la comprendre.

19 septembre 2017
Alice MONARD jurée prix du meilleur polar 2017

Cette fois-ci nous partons pour l'Italie, mais pas l'Italie du soleil, celle du brouillard, du froid, des crues qui poussent les bateaux à la dérive : nous sommes dans la vallée du Pô. Le commissaire Soneri enquête sur une disparition : un batelier âgé qui a disparu sans laisser de trace, son bateau pour seul témoin. Mais quand le frère du disparu est retrouvé mort également, la piste s'oriente vers un double meurtre. Mais qui pourrait en vouloir à des personnes aussi âgées ? Le passé de la vallée sort petit à petit du brouillard ambiant, indice après indice, le commissaire retrace un passé douloureux entre communistes et fascistes. L'intérêt du livre tient surtout dans son ambiance entre musique, vin et charcuterie, entre hommes bourrus et humidité glaçante. Le style de l'auteur est très beau, une poésie noire ! "Toute cette eau qui coulait le long des rues avait délavé la ville qui semblait livide comme aux dernières gouttes d'une hémorragie". Un roman où le passé ne s'efface jamais : "On agite le passé quand on n'a plus confiance dans le présent". Et le Pô vers lequel on revient toujours car "il rend toujours ce qu'il prend".

16 septembre 2017
Brigitte François

on se perd dans les brumes avec un commissaire à l'italienne, décontracté et gastronome. Agréable, vraiment.

15 septembre 2017
Jean-Christophe DEBORDES

En reposant ce livre, je suis resté sur ma fin...ma faim?
La seule bonne idée est d'avoir situé l'intrigue pendant la crue, puis la décrue, du Pô.
Malgré un vocabulaire utilisé riche et précis, le rythme est beaucoup trop lent à mon goût et l'intrigue est somme toute banale.
Première véritable déception de la sélection 2017 !

12 septembre 2017
Claire NGUYEN-DUY

L’enquête menée au rythme de la crue et de la décrue du Pô est attachante, tout comme ce policier qui prend le temps de se laisser guider par le fil de ses intuitions. Le brouillard omniprésent enveloppe l'ensemble d'une dimension mystérieuse presque poétique. Paysages et personnages présentent une rudesse surprenante qui rompt avec les représentations convenues de l'Italie. La brume cache aussi des douleurs enfouies dans le temps et qui finissent par se dévoiler, chargées d'une émotion restée intacte. Un récit original, mais dont le rythme aurait gagné à se terminer dans des rapides.

8 septembre 2017
Sandrine Fernandez

Italie, plaine du Pô. le commissaire Soneri est appelé à l'hôpital où Decimo Tonna vient de se jeter par la fenêtre. Mais un rapide examen des lieux infirme le suicide. le vieil homme a été défenestré. le même jour, son frère Anteo est porté disparu, sa péniche échouée après avoir divagué des heures durant sur le fleuve en crue. Pour Soneri, il n'y a pas de coïncidence, quelqu'un en veut aux Tonna, qui n'ont pas pour seul point commun d'être frères, ils sont aussi vieux et solitaires et ont été des fascistes notoires. Doit-il chercher dans un lointain passé les motifs des crimes du présent ? le long du Pô, dans le brouillard et le gel de l'automne italien, le commissaire se heurte au mutisme des habitants. Les vieilles rancunes entre chemises noires et communistes ne sont pas enterrées et les villageois ne sont pas prêts à partager leurs secrets avec un policier. Mais Soneri s'entête. Il écarte toutes les pistes pour se concentrer sur le passé. le ventre lesté de parmesan et de jambon blanc, il patiente, observe, fouille, pour trouver un meurtrier qui sait se fondre dans les brumes du fleuve.
Valerio Valesi nous fait découvrir l'Italie autrement, loin des splendeurs des villes d'art baignées de soleil. Ici, c'est le froid, la brume et l'humidité qui accompagnent son commissaire dans une région moins connue des touristes. Dans la vallée du Pô, les habitants sont des taiseux qui vivent au rythme du fleuve et de ses crues. Pendant la guerre, ces rives ont connu de violents affrontements entre résistants et partisans du Duce. le temps a passé mais n'a effacé ni les rancunes ni les convictions. C'est donc hier que Soneri devra chercher les responsables des crimes d'aujourd'hui.
Peu d'action, peu de mots, un rythme tout en lenteur mais une vraie atmosphère pour ce polar original qui sait prendre son temps et où le Pô est un personnage à part entière. Beau et mélancolique.

5 septembre 2017
Magali BERTRAND

Un fleuve en crue, de mornes plaines noyées de brouillard, des péniches et leurs bateliers et la pluie, la pluie, la pluie...La Flandre? Que nenni ! C'est une Italie bien étrange et bien dépaysante que traversent ce fleuve de brumes et cette enquête, charriant sur leur passage, les débris d'une vie passée, corps et biens, et les eaux boueuses d'une histoire lourde de ses excès et de ses erreurs.Cette ambiance pesante entre sourd et taiseux, renforcée par une météo hostile est parfaitement transcrite par les mots et le rythme choisis par Valerio Varesi qui semble se plier au tempo ralenti de ses personnages, croulant sous le poids des années, des souvenirs, des rancœurs.On se laisse volontiers porter par ce courant-là, même s'il arrive parfois que l'on s'enlise dans cette enquête dont les contours tendent à perdre de leur netteté comme perdus sous trop de brouillard.

29 août 2017
D'ANTONIO NADIA

* Le Fleuve des Brumes de Valerio Avensi
Sur fond de musique de Verdi et par un temps diluvien qui dure depuis plusieurs jours, le Pô est en crue. Nous sommes donc en Italie et le livre débute par la surveillance de la montée des eaux.
Valerio Varensi nous emmène avec « Il Fiume delle Nebie » - « Le Fleuve des Brumes » - dans une enquête commençant par la dérive inattendue de la péniche du vieux Tonna qui a disparu. On croyait sa péniche utilisée pour le transport de céréales mais rien n’est certain.
Le commissaire Soneri est appelé pour ce qui semble être un suicide, celui du frère de Tonna. Mais deux disparitions coup sur coup ? Ou peut-être pire ? La coïncidence est plutôt étonnante surtout quand on apprend que les Tonna ont été militants des Chemises Noires. Et la cargaison de la péniche ?
C’est une ambiance lourde, dans les brumes. Le Pô, avec sa crue et sa décrue, semble représenter également le passé qui remonte lentement et le présent où rien n’a vraiment été oublié.
Le style est fluide, grand talent de l’écrivain, fluide comme celui de l’écoulement des eaux du fleuve.

24 août 2017
Chantal Criscuolo

À lire ce roman, me reviendraient presque ces vers de Victor Hugo : "Il neigeait. L'âpre hiver fondait en avalanche./ Après la plaine blanche, une autre plaine blanche." ("L'expiation", in "Les Châtiments"). En effet, on a l'impression d'arpenter une plaine, celle du Pô, aux contours indéfinis, à l'horizon flou à cause du brouillard, blanche de givre, étrange et vaguement hostile tant au lecteur qu'au commissaire Soneri, le héros, confronté à une disparition et à un meurtre, deux frères vivant en marge de la société pour se faire oublier. Rien ne sera simple dans cette enquête à l'avancement lent et sinueux, au contraire du cours du fleuve, impétueux et inondant les rives, d'autant plus qu'il faut se replonger dans des luttes quasi fratricides pour cause d'opinions politiques trop marquées, brunes ou rouges. Le commissaire finira par dénouer cet imbroglio, faisant renaître ici et là les rancœurs et les haines. Heureusement, les rencontres amoureuses de Soneri et Angela, sa maîtresse, illuminent et réchauffent le brouillard glaçant qui plane sur l'enquête. Ce roman vaut autant pour sa trame que pour ses descriptions très évocatrices du fleuve en crue, des péniches, du paysage comme sorti d'un rêve. Voilà une lecture qui ns entraîne dans un monde à la fois étrange et familier (l'Italie, la plaine du Pô). Intéressant.

23 août 2017
Chloë

Malheureusement pour moi, une nouvelle déception pour un roman malgré tout sélection pour le Prix Polar Points 2017 : peut-être suis-je en fait beaucoup trop exclusive dans mes choix de polars, et dès lors que l'on quitte les fjords et les terrains dévastés de glace et de neige du cercle polaire je peine à trouver de l'intérêt au récit ?

Ici pourtant, l'intrigue semblait plutôt bien instaurée : deux frères qui disparaissent à quelques heures d'intervalles, l'un attesté mort, l'autre disparu, sur un fond de rancœur du fascisme vieille de plusieurs décennies. Au fur et à mesure des crues et décrues du Pô, les indices se dévoilent et d'autres mystères apparaissent, les témoins clés se muent dans un silence digne des plus belles carpes et l'intrigue se dénoue, lentement... Beaucoup trop lentement, en fait, si bien que j'en venais parfois à piquer du nez dans ma lecture.

Le commissaire principal tout d'abord, Soneri, a seulement moins un charisme équivalent à celui d'une huître : la faute à la traduction française, trop plate, qui termine toute ses phrases par un point mou, le rendant dénué de toute expressivité ? Mâchonnant son cigare avec une conviction quasi-nulle, qu'on croit longtemps équivalente à son intérêt pour l'enquête, entrecoupée de pauses amoureuses avec Angela dont l'enthousiasme est lui aussi proche du néant, je n'arrive absolument pas à m'intégrer au récit, je me détache complètement de l'intrigue si bien qu'à plusieurs reprises - et à contrecœur - j'ai du rebrousser chemin dans ma lecture pour reprendre le fil où je l'avais perdu.

Qu'un récit soit suggéré ensuite, très bien, je suis pour la subtilité, les sous-entendus. Mais dans Le fleuve des brumes, l'utilisation des mots à demi-cachés est trop redondante, trop régulière, si bien que le rythme du récit en est selon moi affecté dans le mauvais sens : la longueur de l'histoire, à nouveau, lui fait perdre en intensité, rend l'avancée de l'enquête plus fastidieuse que la dérive de la péniche de Tonna.

Un livre qu'il m'a donc été compliqué de terminer, et qui ne me donne pas envie de découvrir les autres romans de l'auteur. Quand je lis les avis enthousiastes des autres lecteurs, cela me conforte néanmoins dans le côté peut-être trop subjectif de ma lecture, où j'attendais un récit bien plus noir, bien plus tranchant, avec des personnages aux traits et caractéristiques beaucoup plus marqués et révélateurs.

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