Étranges rivages de Arnaldur Indridason

7,6€ // 360 pages
Paru le 02/05/2014
EAN : 9782757843024

Étranges rivages

Arnaldur Indridason

Policiers, thrillers & romans noirs

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Une nuit de tempête, Matthildur, jeune mariée, a disparu sur un chemin sauvage. Depuis soixante ans, son corps n’a toujours pas été retrouvé. De retour sur les terres de son enfance, hanté par la mort de son petit frère, le commissaire Erlendur enquête. Pourquoi n’a-t-elle pas croisé le groupe de soldats anglais perdu dans la montagne ? Sous la glace des fjords d’Islande, le passé ne meurt jamais.



Né en 1961 en Islande, Arnaldur Indridason est journaliste et critique de cinéma. Ses romans sont publiés dans plus de 30 pays. La Femme en vert et La Cité des Jarres sont notamment disponibles en Points.




« C’est le plus froid, le plus dépouillé et le plus prenant des romans d’Indridason. »

Le Nouvel Observateur


« Une force puissante qui saisit au cœur. »

Le Figaro littéraire



Traduit de l’islandais par Éric Boury

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

13 octobre 2014
Madeline P

J’ai retrouvé le commissaire Erlendur avec grand plaisir, dans son Islande si bien décrite qu’on en verrai presque le relief, les massifs enneigés et les vieilles bâtisses. Une nature magnifique mais dangereuse, qui confère son atmosphère étrange au texte.

Le commissaire revient sur son histoire personnelle, la disparition de son petit frère, tout en tentant de résoudre une ancienne énigme de personne disparue. Il rencontre des personnes âgées et esseulées qui s’ouvrent à lui et lui exposent leurs histoires de famille empruntes de jalousies et de culpabilité.

La résolution de l’enquête semble un peu alambiquée mais Erlendur le fait de façon très personnelle et se livre au lecteur.

Le roman, emplit de fantômes et de non-dits, est un plaisir à lire.

12 octobre 2014
Val Bianco

Dépaysement garanti dès les premières pages, autant géographiquement avec les landes hostiles d'Islande, que littérairement avec un polar à l'inverse des intrigues américaines, bruyantes, tout en mouvements et rebondissements. Ici on prend son temps, on écoute les silences, les chapitres sont courts sans être rapides, les personnages se racontent… Ou pas. Les histoires présentes sont habitées de passés divers et proches puisque l’on en revient toujours à chercher des disparus comme le fin mot de leur destin. Quant au commissaire Erlendur, il gagne encore en profondeur comme en humanité, plus homme que commissaire ici d'ailleurs et de fait, plus un roman dont la mort est un lointain personnage qu’un polar au sens le plus commun du genre. Excellent roman certainement, mais peut être pas du coup le polar de l'année.

21 septembre 2014
Christian Peeters

Étranges Rivages d’Arnaldur Indridason
Arnaldur Indridason nous offre ici un beau roman magnifiquement raconté et très descriptif avec une écriture sobre.
Le Commissaire Erlendur tente de retrouver une femme disparue il y a plus de soixante ans dans la région où il a passé son enfance. Un roman très introspectif pour cette nouvelle enquête du Commissaire Erlendur qui se met par la même occasion à la recherche des fantômes de son passé.
Tout comme l’enquête, le roman est lent, je dirais même très lent. Mais il est fort bien ficelé dans de rudes paysages de neige, de froid et de vent qui soulèvent la poudrerie pour engendrer la tempête et ces paysages islandais semblent alors vivre par eux-mêmes et devenir de véritables personnages s’intégrant dans l’histoire.
Je l’ai dit, c’est beau, du grand art, mais peut-on qualifié ce roman de polar? J’en doute… Peu importe c’est un excellent livre et lorsqu’on le referme à la fin on a le sentiment d’avoir été comblé de plaisir par sa lecture.

17 septembre 2014
Marie-Christine Boulanger

ÉTRANGES RIVAGES, de Arnaldur INDRIDASON

Dans ce roman, on plonge davantage dans l’intimité de notre héros. Le traitement accordé au thème récurrent de la disparition de son petit frère, de la culpabilité que ressent Erlendur relativement à cette tragédie de son enfance nous fait comprendre un peu mieux certains traits de sa personnalité d’adulte. Les grands espaces des Fjords de l’Est, l’approche du froid et de la neige, le recueillement que procurent la solitude et l’isolement sont propices à l’introspection de ce personnage. Le chevauchement de l’histoire de ces des deux disparitions, celles de Bergur, le petit frère et celle de Matthildur, l’être aimé et jamais oublié, hantent les nuits d’Erlendur, celles d’Ezra et un peu aussi celles de la sœur de la disparue.

La persévérance d’Erlendur est nécessaire pour accomplir son travail de policier, mais ici, pendant ses vacances, dans la recherche de la vérité à tout prix, cette qualité se transforme à l’occasion en acharnement sur des personnes qui sont aussi des victimes de ces malheurs lointains. Les héros ont aussi leur défaut, ce qui nous les rend plus humains et attachants. Cette volonté à comprendre ces drames anciens pour qu’ils soient moins douloureux à porter, cette quête des vérités enfouies, apporteront peut-être la paix de l'esprit au Commissaire et des nuits plus calmes. Dans un prochain roman; nous retrouverons éventuellement, un Erlendur renouvelé.

Marie-Christine Boulanger, membre de jury

16 septembre 2014
Sylvie Livres Emois Livres et Vous...

C'est une bien étrange enquête que mène ici Erlendur puisqu'elle n'est absolument pas officielle et que parfois ses méthodes sont bien peu orthodoxes.
Plus qu'un polar, je classerais ce récit comme un roman tant l'atmosphère glacée et glaçante des fjords islandais nous est formidablement décrite. Quel talent une fois de plus chez Indridason pour nous transporter dans ces contrées si peu hospitalières mais qui marquent à tout jamais ceux qui y ont vécu. Erlendur fait ici un retour sur les terres de son enfance et se lance dans une quête personnelle pour trouver des réponses au tragique événement qui aura marqué son enfance : la disparition de son petit frère dans une tempête de neige. Mais en cherchant des réponses, il va faire resurgir une ancienne affaire autour d'une autre disparition pendant une tempête en 1942.
Avec son flegme habituel, il va mener ses recherches en parallèle. Au fil des rencontres, le récit nous révèle des personnages bien plus complexes qu'ils n'y paraissent au début. Erlendur n'a pas son pareil pour les cuisiner et les amener à dévoiler la part sombre qui est en eux. Les personnages sont très fouillés et l'approche psychologique des personnages est très intéressante et intelligente : faute, culpabilité, et remords hantent ce récit. Il y a beaucoup de mélancolie tout au long de la narration, d'où très certainement une impression de lenteur pour certains, mais ce roman n'est absolument pas lent. Il reflète les lieux, les personnages et leur mode de vie.

Bon vous l'avez compris, j'ai encore une fois adoré retrouver Erlendur. Je ne me lasse pas de l'univers de Indridason...

15 septembre 2014
Caroline Fuentes

Arnaldur INDRIDASON – Etranges rivages Policier

On sort « glacé » de ce roman.
Certes, il se passe en Islande, dans un pays aux rivages glacés connaissant des tempêtes effroyables en hiver, ce qui est au cœur de ce roman. La description des paysages, des tempêtes, participe à la naissance du malaise qu’on éprouve quand on perçoit que les événements sont beaucoup plus horribles qu’il n’y paraît.
Cette quête du personnage principal, le commissaire Erlandur, se révèle être ici un chemin initiatique. Son passé le poursuit depuis la mort de son petit frère dans une tempête que personne n’a oubliée. Le poids de la culpabilité l’étouffe. Son métier n’est pas neutre dans cette quête, bien sûr.
En vacances, de retour sur les lieux de son enfance, dans la maison abandonnée de son enfance, il se retrouve à essayer d’élucider le mystère d’une autre disparition, celle de Matthildur, qui a eu lieu la même nuit que celle de son petit frère.
En réalité, deux enquêtes, deux quêtes en parallèle. Comprendre ce qui est vraiment arrivé à Matthildur et retrouver des traces de son petit frère…
Ce rêve qui revient régulièrement quand Erlandur se retrouve dans sa maison où il fait si froid lui permet de se dépasser et d’aller de l’avant pour comprendre ce qui s’est passé la nuit de cette grande tempête. Il s’obstine malgré la résistance des gens qu’il rencontre et interroge avec de plus en plus d’acuité.
Ce qui s’est passé dépasse les bornes de notre imagination. Comment des hommes en arrivent-ils à de telles extrémités ? La mort de Matthildur est tragique. Les deux hommes qui se déchirent pour elle en arrivent à commettre des actes d’une violence inouïe qu’elle soit psychologique ou physique.
Est-ce qu’assouvir sa vengeance soulage vraiment ? On voit bien que non. La folie n’est pas loin alors ou le sentiment de culpabilité tellement fort qu’il empêche de vivre.
Erlandur a résolu le problème posé par la disparition de Matthildur.
A travers les rencontres avec les chasseurs de renards qui le renseignent sur les habitudes ce ces animaux, Erlandur, retrouve ou croit retrouver des traces de son petit frère (on pourrait dire les «reliques »). Son geste de les ensevelir dans la tombe de ses parents lui permet de trouver une forme d’apaisement.

La manière d’écrire de l’auteur rappelle ce pays glacé, par la description des tempêtes, des paysages, du retour régulier de Erlandur dans sa maison d’enfance. Elle nous enserre et ne nous lâche plus tout au long du roman.

15 septembre 2014
Caroline Martin

Enfin, il est revenu ! Même si les deux précédents opus étaient sympathiques, Erlendur a tout de même ma préférence et il commençait à me manquer. A l'instar de tous ses romans, Arnaldur Indridason entremêle passé et présent. Nous plongeons au coeur de l'univers d'Erlendur, de sa blessure d'enfance qui ne s'est jamais refermée.

Les paysages islandais sont rudes, il en est de même des habitants des fjords. Confronté à la nature sauvage et la dureté des éléments, Erlendur replonge dans son passé pour tenter de tourner la page. Il part dans la lande qui lui a pris son petit frère des décennies plus tôt. Il enquête en parallèle sur la disparition de Matthildur, jeune femme qui a elle aussi été victime d'une violente tempête, peut-être...

Je pense que de toute la série, ce roman a ma préférence, car il nous permet d'être en tête-à-tête avec Erlendur et c'est le plus émouvant de tous.

13 septembre 2014
Granjean Bernard

Etranges rivages, Arnaldur Indridason

« Erlendur était poussé par une force qu’il avait du mal à maitriser, une force qu’il portait en lui, permanente et impérieuse. Il éprouvait un besoin constant de découvrir les choses cachées, de retrouver ce qui était perdu. » Cette force agit aussi sur le lecteur tout au long de la quête qui ramène le commissaire sur les terres froides où il est né et où son âme est restée, gelée. Plutôt que le commissaire Erlendur, enquêteur avisé, il est ici un accoucheur de vérités, spécialiste en extorsion de confessions.
Deux enquêtes parallèles : une, revendiquée, sur la disparition de Matthildur un soir de tempête, l’autre, plus intime, mal assumée, sur la disparition de son frère le même jour. Et en filigrane un rêve, une hallucination, un délire, un voyage surnaturel ?
Le titre original Furdustrandir qu’on pourrait aussi traduire par « splendides plages », comme celles sur lesquelles se termine le roman, donne une dimension plus mythique par l’allusion, évidente pour tous les islandais, à la saga d’Erik le Rouge qui aurait ainsi nommé une côte septentrionale de l’Amérique du nord, connue pour un grand froid qui y rendrait la vie quasi impossible.
Un polar sobre, authentique, sans artifice qui vous prend dès les premiers mots et qui ne vous lâche plus. Avec ce roman, Indridason renouvelle l’intrigue traditionnelle du meurtre passionnel et en fait une puissante histoire d’amour.

10 septembre 2014
Granjean Bernard

Étranges rivages, Arnaldur Indridason

« Erlendur était poussé par une force qu’il avait du mal à maitriser, une force qu’il portait en lui, permanente et impérieuse. Il éprouvait un besoin constant de découvrir les choses cachées, de retrouver ce qui était perdu. » Cette force agit aussi sur le lecteur tout au long de la quête qui ramène le commissaire sur les terres froides où il est né et où son âme est restée, gelée. Plutôt que le commissaire Erlendur, enquêteur avisé, il est ici un accoucheur de vérités, spécialiste en extorsion de confessions.
Deux enquêtes parallèles : une, revendiquée, sur la disparition de Matthildur un soir de tempête, l’autre, plus intime, mal assumée, sur la disparition de son frère le même jour. Et en filigrane un rêve, une hallucination, un délire, un voyage surnaturel ?
Le titre original Furdustrandir qu’on pourrait aussi traduire par « splendides plages », comme celles sur lesquelles se termine le roman, donne une dimension plus mythique par l’allusion, évidente pour tous les islandais, à la saga d’Erik le Rouge qui aurait ainsi nommé une côte septentrionale de l’Amérique du nord, connue pour un grand froid qui y rendrait la vie quasi impossible.
Un polar sobre, authentique, sans artifice qui vous prend dès les premiers mots et qui ne vous lâche plus. Avec ce roman, Indridason renouvelle l’intrigue traditionnelle du meurtre passionnel et en fait une puissante histoire d’amour

3 septembre 2014
Dominique Caillaud

Que c'est rare un beau roman policier ! En voici un.
Moi qui ne suis pas du tout adepte des auteurs scandinaves je me suis là laissée complètement emporter pas cette histoire. Effectivement on est loin du roman policier traditionnel, mais qu'elle est belle cette histoire vieille de 60 ans, qu'ils sont attachants ces personnages d'un autre temps dont on veut absolument connaître le destin. Et lier leur histoire à celle du commissaire est une raison de plus de ne pas vouloir lâcher ce livre avant la dernière page tant on veut aussi savoir s'il connaîtra enfin la vérité sur la disparition de son frère.
Ce roman, superbement écrit, a été une révélation pour moi et a continué à occuper mes pensées bien après que je l'ai eu fini.

1 septembre 2014
Christian Peeters

Étranges Rivages d’Arnaldur Indridason
Arnaldur Indridason nous offre ici un beau roman magnifiquement raconté et très descriptif avec une écriture sobre.
Le Commissaire Erlendur tente de retrouver une femme disparue il y a plus de soixante ans dans la région où il a passé son enfance.
Un roman très introspectif pour cette nouvelle enquête du Commissaire Erlendur qui se met par la même occasion à la recherche des fantômes de son passé.
Tout comme l’enquête, le roman est lent, je dirais même très lent. Mais il est fort bien ficelé dans de rudes paysages de neige, de froid et de vent qui soulèvent la poudrerie pour engendrer la tempête et ces paysages islandais semblent alors vivre par eux-mêmes et devenir de véritables personnages s’intégrant dans l’histoire.
Je l’ai dit, c’est beau, du grand art, mais peut-on qualifié ce roman de polar? J’en doute… Peu importe c’est un excellent livre et lorsqu’on le referme à la fin on a le sentiment d’avoir été comblé de plaisir par sa lecture.

31 août 2014
Sylvie Livres Emois Livres et Vous...

Lorsque j'ai reçu la sélection de POINTS, j'avoue que j'ai tout de suite été impatiente de retrouver cet emblématique enquêteur qu'est Erlendur. Et je n'ai pas été déçue, c'est pour le moment la meilleure lecture de la sélection que j'ai faite.
C'est une bien étrange enquête que mène ici Erlendur puisqu'elle n'est absolument pas officielle et que parfois ses méthodes sont bien peu orthodoxes.
Plus qu'un polar, je classerais ce récit comme un roman tant l'atmosphère glacée et glaçante des fjords islandais nous est formidablement décrite. Quel talent une fois de plus chez Indridason pour nous transporter dans ces contrées si peu hospitalières mais qui marquent à tout jamais ceux qui y ont vécu. Erlendur fait ici un retour sur les terres de son enfance et se lance dans une quête personnelle pour trouver des réponses au tragique événement qui aura marqué son enfance : la disparition de son petit frère dans une tempête de neige. Mais en cherchant des réponses, il va faire resurgir une ancienne affaire autour d'une autre disparition pendant une tempête en 1942.
Avec son flegme habituel, il va mener ses recherches en parallèle. Au fil des rencontres, le récit nous révèle des personnages bien plus complexes qu'ils n'y paraissent au début. Erlendur n'a pas son pareil pour les cuisiner et les amener à dévoiler la part sombre qui est en eux. Les personnages sont très fouillés et l'approche psychologique des personnages est très intéressante et intelligente : faute, culpabilité, et remords hantent ce récit. Il y a beaucoup de mélancolie tout au long de la narration, d'où très certainement une impression de lenteur pour certains, mais ce roman n'est absolument pas lent. Il reflète les lieux, les personnages et leur mode de vie.
Bon vous l'avez compris, j'ai encore une fois adoré retrouver Erlendur. Je ne me lasse pas de l'univers de Indridason...

26 août 2014
Christine Beauvallet

C’est avec avidité que j’ai retrouvé le monde d’Arnaldur Indridason et les thèmes récurrents qui hantent tous ses romans : les brouillards de l’Islande, les fjords de l’Est, les disparitions – à commencer par celle du frère de l’inspecteur Erlendur, dont les images obsédantes reviennent au cours de chacune de ses enquêtes, l’hypothermie, le blizzard, les villages du bout du monde, les personnages, hauts en couleur, cabossés par la vie, qui détiennent des secrets sur les disparitions inexpliquées… Mais cette fois-ci, Erlendur est seul face à ses démons et à ses cauchemars, dormant sur le sol nu de la ferme où il a vécu son enfance. Ni ses collègues habituels, ni les membres de sa famille improbable et déchirée, ni son ex-mentor Marion Briem (décédée quelques romans plus tôt) ne viennent s'inscrire dans le décor. Nous voici transportés dans son monde personnel, aux prises avec la culpabilité qui le hante depuis qu’il a lâché, il y a tant d'années, la main de son petit frère dans la tempête de neige… en partant sur les traces de Matthildur, va-t-il enfin comprendre ce qu’il est advenu du petit Bergur ? Leurs deux histoires s’entrecroisent dans une nostalgie infinie, parfois entrecoupée d’images d’une brutalité insoutenable. Impossible de lâcher, dès lors qu’on l’a pris en main, ce roman envoûtant, qui nous tient en haleine du début à la fin. Et bien difficile de passer une nuit paisible lorsqu’on l’a refermé. Un ouvrage bien construit, à l’écriture fluide, que je recommanderai chaudement, mais pour autant inclassable à mon sens dans la catégorie « policier », au même titre que les inoubliables « Profondeurs » et « L’œil du léopard » d’Henning Mankell.

15 août 2014
Pascale A.M

Le Commissaire Erlendur revient dans la région de son enfance, dans la ferme même, désormais abandonnée, où il a vécu avec ses parents jusqu'à la disparition de son petit frère lors d'une terrible tempête...

Ce roman passionnant est-il réellement un "policier" ?
Certes, Erlandur s'investit totalement dans une "enquête" afin de retrouver une jeune femme disparue elle aussi lors d'une tempête meurtrière, quelques 60 ans auparavant....
Au cours de cette enquête, il rencontre des personnages détenteurs de secrets terrifiants et le lecteur est totalement happé par l'atmosphère pesante qui règne tout au long de ce roman.

Toutefois, cette histoire est aussi une extraordinaire histoire d'amour : celle d'Ezra pour Matthildur mais aussi celle d'Erlendur pour ce petit frère jamais retrouvé.

Beaucoup de non-dits, de sentiment de culpabilité, d'amour et de souffrance... les deux histoires se superposent et se mêlent parfois...

L'écriture d'Arnaldur Indridason est magnifique, sobre mais d'une force d'évocation extraordinaire... les paysages aussi rudes que le sont les personnages prennent forme sous la plume de l'auteur pour transporter le lecteur tout au long d'un moment de lecture qui ne peut laisser tout à fait indemne, une fois le livre refermé...

9 août 2014
christine

Moi qui ai pourtant déjà lu (et apprécié) plusieurs auteurs scandinaves, voilà que je n'avais jamais eu l'occasion de plonger dans l'univers du commissaire Erlendur ! Et pour une première tentative, quelle magnifique découverte ! Clairement, ce livre est "à part" dans la bibliographie d'Indridason, et on sent qu'il y mets ici des touches fort personnelles, voire intimes, à tel point que j'en suis arrivée à croire qu'il avait vraiment perdu un frère ! Ses descriptions de l'hiver qui approche, qui s'installe, du froid qui peut tuer, la montagne, le renard, sont bien loin de l'univers classique d'une enquête policière. D'ailleurs, s'agit-il vraiment de cela puisqu'on sait que ces vieux souvenirs vont bientôt disparaître avec ceux qui les portent ? Il s'agit plutôt ici de rendre justice, d'apaiser les âmes tourmentées, à commencer par celle du héros. Pas un seul personnage de cette histoire n'a pas son petit secret, et ses raisons de se taire. A chaque fois qu'Erlendur avance d'un pas dans ses recherches, il descends en fait d'une strate, il s'enfonce dans les profondeurs de l'âme humaine, et cela est magnifiquement raconté, dans une étrange torpeur, dans ce monde de traditions anciennes en train de disparaître sous les coups de boutoir du "renouveau économique". J'ai adoré ce livre, qui m'est resté longtemps en tête après l'avoir refermé !

5 août 2014
guerrini

C’est un magnifique roman qui vous étreint du début à la fin. On est en totale empathie avec le bien connu commissaire Erlendur, qui revient dans la ferme abandonnée des fjords de l’Est où il a vécu enfant avec sa famille ; c’est là que s’est produite la tragédie qui allait le marquer pour toujours : la disparition de son petit frère dans la tempête, événement qui a modelé l’homme qu’il est devenu et qui a fait « du deuil son compagnon quotidien » puisqu’il s’est toujours cru indirectement responsable du drame.
Hallucinations, apparitions inquiétantes assaillent ses rêves.
L’intrigue, remarquablement menée, opère une confusion, une interpénétration entre sa tragédie personnelle et la disparition, jamais éclaircie, d’une jeune femme et de soldats anglais qui a eu lieu des années auparavant, dans les régions isolées de son enfance.
Personnage humain au plus haut point, enquêteur tenace et inspiré, le commissaire s’attache autant à son drame personnel qu'à la disparition de Mathildur dont il soupçonne qu'elle a été assassinée.
La nature sauvage et prégnante lui apportera sinon le réconfort du moins quelques réponses dans cette quête-enquête où l’enfant, l’homme et le policier ne forment qu’un. Malgré le temps passé et la modernité galopante qui est en train de la changer durablement, la nature a conservé des traces infimes des tragédies du passé et au bout de son enquête minutieuse et désespérée, ce qu’il va découvrir apportera à Erlendur une sorte de paix, à lui et aux survivants des autres disparitions.
Des allers et retours dans le passé – le sien et celui des acteurs ou spectateurs des disparitions- éclairent peu à peu les circonstances des drames qui se sont noués.
Les situations sont fortes, les personnages revenus du passé sont durs habités de toute la panoplie des sentiments humains : amour, jalousie, vengeance…
Redisons-le : c’est un roman magnifique, poignant mais jamais complaisant.

4 août 2014
Nina Ros

Si vous aimez Arnaldur Indridason et son enquêteur Erlendur, vous aimerez ce roman à coup sûr. Après deux romans consacrés aux adjoints du commissaire, nous découvrons les vacances d’Erlendur, qui n’ont rien d’une sinécure.
Rien n’est pire qu’une disparition. Rien n’est pire que de ne pas savoir, de ne rien savoir. Inlassablement, Erlendur revient sur les lieux de son enfance, là où son frère Bergur a disparu lors d’une tempête de neige. Si nous avions découvert des bribes de souvenir au cours des opus précédents, nous revivons ici cette tragédie qui a fait d’Erlendur l’homme qu’il est devenu.
Et à l’enquêteur. Erlendur est persuadé que certaines disparitions – elles sont si nombreuses en Islande – cachent en fait des meurtres. Presque à la demande de la famille, il enquête sur ce que l’on désigne comme un cold case – à l’époque, la sœur de Mathildur, la disparue, aurait aimé qu’une enquête approfondie soit ouverte. Mais qu’y faire ?
Pas de scènes de crime, pas de corps, pas ou peu d’indices : la tâche d’Erlendur est aussi rude que le climat qu’il affronte. Il va, il vient, il persévère, il écoute, il lit, il s’acharne. Il ne s’agit pas de satisfaire sa curiosité, ni de rendre justice, mais d’apporter enfin la paix aux survivants. Tâche ardu, livre aride, et je peux comprendre que cette lecture puisse rebuter. La violence est sourde, intime, étouffée, insoutenable parfois. Les tragédies qui se déroulent derrière les portes closes des chaumières n’ont rien à envier à celles qui se passent dans les grandes villes. Erlendur agit parfois davantage comme un confesseur, que comme un enquêteur, puisque lui aussi peut comprendre la douleur d'une disparition.
Etranges rivages ou un étrange voyage sur les rives du souvenir.

1 août 2014
brigitte Marette

un livre qui résonne en vous longtemps après l'avoir refermé;
Indridason distille lentement les couleurs de l'Islande, les paysages désolés, la psychologie de ses personnages et ce qui fait de cette nouvelle enquête d'Erlendur un grand moment de littérature,
c'est un polar, c'est un roman, c'est une ode à l'Islande, c'est tout en même temps,
Erlendur revient sur les lieux de son enfance, du bonheur mais surtout du malheur qui coupe définitivement le bonheur et le teinte de souvenirs inoubliables, de culpabilité permanente, de nostalgie qui désespère,
l'histoire de sa famille se noue à celle de Mathildur, cette jeune femme disparue sur la lande en furie il y a si longtemps, La vie du flord revit à travers les souvenirs de tout ceux qui ont connu Mathildur ou son mari, la mer est omniprésente, ses fureurs tout comme celles du climat ,
Mathildur, femme de pêcheur, à la vie dure, à l'envie d'être heureuse malgré tout,
elle obsède Erlendur, qui fouine et déterre petit à petit les pans d'une histoire d'amour, de haine, de vengeance, de mort si cruelle,
et le lecteur est pris dans ce paysage d'Islande où les gens sont d'un bloc comme les falaises, où ils se terrent , s'enterrent dans leurs souvenirs, leurs remords, leur solitude,
c'est une histoire lente, oui, mais moi elle m'a captivée de bout en bout,
c'est tellement bien écrit, tellement fouillé, tellement vrai, qu'on est suspendu aux pages et que l'on s'avance avec Erlendur inexorablement vers une vérité impitoyable dans l'histoire de cette femme évanouie et d`Erlendur dans sans jeunesse;
les dernières pages sont une ouverture vers un début ou une fin, on ne sait, Erlendur reviendra t'il encore de son enfance, de ses démons ?
j'attendrai en tout cas de retrouver cet excellent auteur et son personnage fétiche,

27 juillet 2014
Bastien A.

Arnaldur Indridason, Etranges rivages

Retrouver une enquête du commissaire Erlendur, le personnage récurrent d’Arnaldur Indridason, tient du rituel. Le lecteur amateur se replonge dans les grandes étendues d’Islande, les landes enneigées et la vive froideur de l’hiver éternel. Mais il s’attend aussi à retrouver les rues encombrées de Reykjavik, la noirceur de certains de ses quartiers et la détresse de sa jeunesse régulièrement dépeinte avec amertume par Erlendur. Comme un vieil ami, le commissaire, renfrogné et mystérieux, livre enquêtes après enquêtes un peu plus de ses secrets, de son intimité. Jusqu’à fouler ces étranges rivages, son passé, dans la ferme de Bakkasel n’était évoqué que sur le mode du trauma, d’un accident survenu dans sa jeunesse et qui ne cessait de le hanter. Or ce nouvel opus est de ce point de vue très innovant. La capitale n’est dans le récit qu’un ailleurs urbain plus ou moins indéterminé, un échappatoire, une fuite ou un refuge, selon les situations. Erlendur est en effet venu prendre quelques jours de repos dans la région de son enfance. Il dort à même le sol gelé de son ancienne maison, aujourd’hui abandonnée et décrépite. Sans que l’on ne sache exactement ce qu’il est venu faire dans cet environnement hostile, par le temps comme par les sombres souvenirs qu’il recèle, la présence du commissaire semble indispensable, quoique dangereuse, contrainte par une force ou une conviction qui lui échappe autant qu’aux lecteurs. C’est finalement en se confrontant à un autre passé que le sien qu’Erlendur va trouver le moyen d’affronter ses propres zones d’ombre. En discutant avec Boas, un chasseur des environs, qu’il entend parler de l’histoire de Mathilddur, disparue dans une tempête particulièrement violente en voulant se rendre à pied chez sa mère, à travers les landes enneigées. Cette histoire de disparition, comme régulièrement, pique la curiosité du commissaire, qui entreprend de creuser ce récit, si lointain qu’il confère presque à la légende. Rencontrant la famille de la victime, de son mari Jakob, mais aussi leurs amis encore vivants, c’est une véritable enquête officieuse que le commissaire, agissant en simple curieux, mène à travers les maisons de retraites de la région. Il parvient peu à peu à reconstituer la situation ainsi que la personnalité et l’histoire moins limpide que prévue des protagonistes du drame. En parallèle, c’est à sa propre histoire et ses propres souvenirs qu’il est obligé de se confronter, cerner par les lieux du drame de son enfance. Pour la première fois Indridason présente avec précision les faits et dévoile des aspects insoupçonnés de l’enfance de son personnage. On a plaisir à parcourir le récit de son enfance dans la ferme familiale, la difficulté de leur situation et l’évocation de son rapport avec son frère Bergur. Sans dévoiler plus en avant le déroulement de cette enquête qui tourne à l’introspection, il faut dire qu’elle s’enfonce plus profondément que jamais dans la conscience et l’esprit d’Erlendur… jusqu’à livrer des clefs essentielles du personnage.

Toutefois si un lecteur fidèle sera intéressé par ces éléments biographiques, il peinera tout de même à avancer dans ce récit laborieux, à l’écriture lourde et fastidieuse. On est loin de la fluidité à laquelle Indridason nous avait habitué et pour tout dire, le livre nous tombe régulièrement des mains.

26 juillet 2014
Jean-Pierre Le Théo

Dans nombre d’enquêtes précédentes du commissaire Erlendur, il était courant que resurgisse sa jeunesse et la disparition de son jeune frère en pleine tempête. Le thème des disparitions en Islande devenant même un passe-temps à la limite de l’obsession. Il lui arrivait de séjourner sur les lieux se son enfance, laissant ses collègues de Reykjavík poursuivre des enquêtes sans lui.
Cette fois, le roman se déroule dans son intégralité sur les landes de son enfance, loin de Reykjavík et de ses collègues du commissariat. Au cours de ce congé, Erlendur va enquêter sur une disparition très ancienne, en parallèle de flashbacks de son enfance qui deviennent de plus en plus présents au fur et à mesure de la lecture. Une sorte de congé thérapeutique.
Cette enquête ne se déroulant pas dans un contexte officiel, les principaux éléments sont glanés lors de rencontres avec les anciens de la région. A force de persévérance et de nombreuses tasses de café, Erlendur vient à bout des caractères les plus forts et les confessions se succèdent. C’est un des points négatifs de ce roman, il manque un peu d’action contrairement aux romans précédents. Le rythme entre les événements du passé et ceux du présent est bon mais on peut se lasser parfois un peu du jeu de piste et des discussions qu’enchaîne Erlendur. La fin du roman est heureusement plus rythmée.
On retrouve avec plaisir les paysages et personnages islandais, les descriptions des tempêtes, du froid, des différents degrés d’hypothermie sont saisissants. Si ce n’est pas à mon sens le meilleur roman d’Arnaldur Indrisason, il mérite d’être lu. Pour les habitués de la série, c’est une sorte de pause, de retour sur soi du commissaire Erlendur, qui nous laisse à penser qu’il nous reviendra sous un jour nouveau lors du prochain roman.

23 juillet 2014
Françoise Oukrate (Jury)

ETRANGES RIVAGES de Arnaldur Indridason:
Ce livre pourrait se qualifier simplement de "roman" et non pas de "policier" : si c'est bien le commissaire Erlendur le héros de cette nouvelle histoire d'Indridason - le roi du polar "icelandais"- s'il y a bien investigation approfondie…Erlendur est en vacances et il n'y aura peut-être pas de coupable, certaine victime n'étant pas si innocente que ça…S'il n'y a pas prescription, Erlendur qui revient sur les lieux de son enfance - avec ses propres ombres portées - comprend bien qu'il faut parfois laisser les morts enterrer les morts.
Pour moi, c'est un roman de facture classique que nous a livré cet auteur. Un beau roman très humain avec un autre sacrément bon personnage: le pays…J'aimerais bien pouvoir écrire en français comme le font anglais ou autochtones : Ice-land, Ice-landais…Tant le froid, les terres glacées et leur brouillard ont importance de moteur dans ce récit. Un vrai cold case…
Un bon roman pas policier que je ne peux pas noter dans cette catégorie !

22 juillet 2014
Jessica Joubert

La nature sauvage offre les meilleurs décors. Soit c’est un polar, mais c’est avant tout un grand roman.
Lorsque l’on s’est attaché à un personnage, c’est toujours avec une curiosité avide que l’on pénètre dans son existence personnelle, dans son intimité. Enfin, ce traumatisme de l’enfance d’Erlendur va se dévoiler : ce frère perdu, si souvent évoqué. Quel plaisir de retrouver le flic islandais (perdu lui aussi de vue dans le dernier roman d’Indridason) dans ces/ses contrées sauvages. Ceux qui ne connaissent pas pourront s’évader au sein de cet univers glacial et impactant. Ceux qui connaissent auront peut-être une clef supplémentaire pour apprécier l’homme… car il en va de ce flic comme de celui des séries policières addictives : on s’attache tant au personnage que l’être fictionnel en deviendrait presqu’humain, se transformerait peut-être pas en ami, mais en compagnon indispensable année après année, opus après opus. On se prend à penser à sa place, on éprouve une certaine empathie face aux épreuves qu’il subit, on se surprendrait à le vouloir vivant.
Ici, l’Islande se transforme en un pays maléfique et attractif : en toile de fond la tempête, les conditions rugueuses, cette nature qui, plus forte que tout, prend le dessus rapidement sur les hommes. Et puis la vie, si longue, avec ses blessures indélébiles et ses bonheurs approchés, effleurés mais jamais concrétisés, et maintenant évaporés. La construction de cette fabrique d’aluminium reflète sans doute cette modernité qui n’arrivera pourtant jamais à éclipser la nostalgie. Bergur a disparu, Matthildur a disparu, mais reste l’esprit des hommes dans lequel ils seront toujours réels, du moins tant que vivra quelqu’un pour se souvenir… « Bientôt cette histoire, les destins de ces gens, leurs vies emplies de deuils et de victoires, sombreraient dans l’oubli. Tout cela finirait par disparaître dans une éternité de silence, enterré dans les tombes d’un cimetière où personne ne viendrait à l’exception du vent sous lequel les brins d’herbe frissonnent. »
Voilà un roman dont on ne veut pas comprendre le dénouement… Exceptionnellement humain !

15 juillet 2014
Agnesa Pillon

Ah comme c’est beau ! Du grand art ! Une sorte de conte rude et mélancolique, un songe, une épure. Un polar primitif qui nous extrait de l’agitation et du consolant confort urbain pour nous mener sur la piste froide et ventueuse des êtres aimés et disparus --- le petit frère Bergur, Matthildur, ... ---- dont on ne revient pas d’avoir pu lâcher un jour la main. Au bout de la piste, le ciel est clair; le soleil se lève,il faut tenter de vivre*... Notre cher commissaire et ami Erlendur a fini par trouver la paix. Mais l’a-t-il trouvée de ce côté-ci du rivage ? Quelle est cette rivière, ce « matin limpide » dans lequel il entre en prenant son petit frère par la main ? Grand, très grand Indridason.

*Je paraphrase bien sûr ici le célèbre vers de Paul Valéry dans « Le cimetière marin ».

1 juin 2014
Pierre FAVEROLLE

Incroyable ! Erlendur is back ! Pardon, Erlendur est de retour ! Cela faisait deux ans que nous n'avions plus de nouvelles, nous étions inquiets, et nous avions tort. Erlendur était bien en pèlerinage sur les hauteurs de Bakkasel, là même où il a perdu son frère. Erlendur arpente donc ses plaines battues par le vent, qui ne sont pas encore recouvertes de leur manteau neigeux et immaculé. Erlendur continue sa quête sans espoir d’y trouver la moindre solution, cela ne fera pas revenir son frère disparu.

Erlendur a l’habitude d’arpenter ces contrées, peut-être moins de prendre le temps de discuter avec les gens du cru. Depuis quelque temps, il était intrigué par une affaire ayant eu lieu en 1942. Il y eut à cette époque une tempête de neige, semblable à celle qui a été fatale à son frère. Une troupe britannique s’était égarée en plein marasme, et plusieurs soldats y avaient laissé la vie. Une jeune femme aussi était partie de chez elle et on ne l’avait plus jamais revue.

Elle s’appelait Mathildur, venait de quitter son mari Jakob, elle est partie de chez elle, s’est perdue dans la neige et n’est jamais revenue. Cette histoire va forcément interpeler Erlendur, car d’un coté elle va le soulager par rapport à sa culpabilité personnelle, elle va aussi titiller son instinct policier. Il va donc chercher à comprendre un peu mieux ce qui a bien pu arriver à cette jeune femme Mathildur.

Ce que j’adore avec Arladur Indridason se trouve dans les premières dizaines de pages : l’air de rien, il décrit les pensées et les actes de Erlendur, et sans être trop descriptif, ni trop superficiel, il nous fait entrer dans la tête de notre inspecteur favori. Arnaldur Indridason arrive à trouver le juste milieu, la bonne moyenne, le juste nécessaire pour plonger, impliquer le lecteur. Et comme c’est remarquablement écrit, encore une fois, je suis à la fois admiratif et fou de joie de lire une nouvelle enquête de Erlendur.

Ce roman est lent, très lent, plutôt à mettre dans la veine de la dernière enquête de Erlendur, à savoir Hypothermie. C’est un roman très introspectif, très tourné voire enfermé dans la tête de l’inspecteur. Dans ce roman là, c’est sur, de nombreux voiles vont se lever concernant son passé et ce traumatisme avec lequel il n’a décidément pas fini de souffrir.

Si l’enquête est lente, comme je le disais, elle est comme d’habitude fort bien faite mais aussi très tournée vers la psychologie des gens que Erlendur interroge, les dialogues sont très travaillés, très réalistes et montrent bien les qualités de Erlendur à faire parler ceux qui ne le veulent pas. D’ailleurs, on voit bien dans ce roman le caractère bien particulier des Islandais, des gens bourrus, enfermés chez eux et en eux-mêmes, pas diserts pour un sou. Par contre, Indridason nous montre des personnes âgées pressées de vider leur conscience, de s’épancher et de soulager leur mémoire.

Et puis, il y a ces passages, ces fragments de souvenirs du drame qu’a vécu Erlendur. Ce sont les seuls passages du livre écrit au présent, comme s’ils étaient omniprésents dans l’esprit de l’enquêteur. Ce sont aussi les passages les plus poignants, les plus dramatiques et les plus difficiles à lire, que ce soit l’effondrement de ses parents après la perte de Beggi ou cette tempête quand Erlendur lâche la main de son frère sans le sentir tellement il fait froid. Je ne vais pas vous cacher que j’ai versé ma petite larme, tant ils sont prenants et émotionnellement très forts, grâce à leur écriture si simple, mais aussi grâce au talent de Eric Boury, qui a su rendre tous les sentiments que Indridason a rendu dans son texte.

Alors même si l’enquête est classique et peut paraitre un peu fade, ce roman continue cette série avec brio, soulevant des pans que nous attendions tout en les redoutant. Et le résultat n’est pas décevant, loin de là, nous avons à nouveau le droit à une galerie de personnages fort attachants et à des scènes d’une très grande force. Merci Monsieur Indridason pour cet excellent moment de lecture.

 

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