Une disparition inquiétante de Dror Mishani

7,7€ // 384 pages
Paru le 05/03/2015
EAN : 9782757851739

Une disparition inquiétante

Dror Mishani

Policiers, thrillers & romans noirs

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Un adolescent ne disparaît pas comme ça. Il fugue quelques heures, un jour, deux tout au plus, puis réapparaît. Avraham Avraham, commandant de police de la banlieue de Tel-Aviv, le sait. Les crimes spectaculaires, c'est bon pour la série New York Police District. Pourtant Ofer Sharabi, seize ans, ne rentre pas. Ni le lendemain, ni le jour d'après. Et si Avraham s'était trompé depuis le début ?


Dror Mishani est un universitaire israélien spécialisé dans l'histoire du roman policier. Il est aussi critique littéraire et éditeur de romans policiers.


« La nouvelle voix du polar israélien. »

Le Soir (Bruxelles)


Traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

16 octobre 2015
Diane Brulotte

Il se dégage de ce roman une atmosphère tristounette dans un univers un peu gris et très banal, tellement ordinaire. Les protagonistes étant au premier plan, leur psychologie riche et complexe donne le ton au récit. Cet aspect est très réussi. L'inspecteur se démène dans son enquête, comme dans sa vie, plus qu'il ne la mène. Pas de technologie de pointe, pas de violence sociale crue, pas de complot tragique. Juste la vie un peu brouillonne et des êtres imparfaits, fragiles, certains inquiétants et troublants. En outre, le personnage le plus vivant et coloré de l'histoire est belge et donc étranger. Pas d'exotisme, pas de conflit dans cet Israël si paisible. Le mot "arabe" apparait à la page 124 et ne revient pas déranger ce récit si tranquille. En fait, voilà que le seul moment d'ironie nous est servi par cet "officier des services de sécurité intérieur". Curieux sens de l'humour cet auteur.

2 octobre 2015
Stéphanie Grand

Quelle idée saugrenue de donner à son fils le même prénom que son nom de famille ! C’est pourtant là le sort qui est échu au commandant Avraham Avraham, un anti-héros comme on n’en avait pas rencontré depuis longtemps.

Son passe-temps préféré consiste à regarder des séries policières pour en déceler les incohérences, mais lorsqu’il s’agit de sa propre enquête il semble que toute intuition l’abandonne et qu’il prenne mauvaise décision sur mauvaise décision.
Des semaines passent sans le moindre élément nouveau concernant la disparition d’Ofer Sharabi, 16 ans, mais il prend très personnellement toute remise en cause de sa gestion de la situation. Et lorsqu’on découvre –par deux fois- le fin mot de l’histoire, ce n’est jamais à son initiative.

Dror Mishani, avec son écriture sous-tendue d’un humour pince sans rire, nous livre un personnage décalé, pas antipathique mais exaspérant dans son manque de confiance en lui et son mal de vivre.
En parallèle nous passons de longues pages dans la tête d’un autre personnage étrange, lui-même obsédé par Avraham Avraham et par son enquête… A quel point est-il impliqué ?

Il est rare de tomber sur un polar israélien et j’aurais aimé être plus dépaysée. Au final un bon livre malgré quelques lenteurs, mais pas un grand plaisir de lecture non plus.

26 septembre 2015
eirenamg

Une disparition inquiétante est un polar intriguant qui suit l’enquête d’un responsable atypique Avraham Avraham en Israël. Celui-ci est confronté à la disparition d’un jeune adolescent, Ofer Sharabi qui a déjà fait des fugues. Cette disparition intrigue l’enquêteur mais il n’a aucun élément probant. Il décide tout de même de mener l’enquête.

A sa suite on découvre la banlieue d’Holon à proximité de Tel Aviv, la vie de cette famille modeste avec le père Raphaël toujours parti en mer, la mère Hannah soumise et ses deux autres enfants. Pourquoi le jeune homme a disparu ? Comment se fait-il qu’on ne retrouve aucune trace de lui ?

Les hésitations de l’enquête, les doutes, l’entourage proche est passé au crible. Un véritable petit monde se dessine pour dresser un tableau de la société israélienne.

Le personnage principal Avraham est atypique, il est fan de romans policiers et de séries qu’il aime décortiquer pour trouver les incohérences de l’enquête. Les personnages secondaires comme la jeune flic Marianka rencontrée en Belgique, Ilana la chef sont bien trempées. L’importance de l’écriture, son pouvoir et la fascination morbide que peut entrainer une enquête sont bien décrits.

J’ai été intrigué par ce héros atypique, ses relations complexes avec ses parents, sa chef. Le personnage de Zeev Avni, professeur apprenti écrivain obsédé par son art m’a aussi plu. Le rythme lent permet d’installer une ambiance particulière. Et on se prend d’affection pour ces personnages loin des codes classiques du polar. On assiste au plus près à l’enquête de terrain, aux jeux de pouvoir et pression au cours de l’enquête. Les pensées, la mécanique est implacable et la fin magistrale donne une autre image au récit.

Un bon polar israélien qui fait fonctionner les méninges et dont le suspense se maintient jusqu’au bout. Alors si vous voulez vous éloigner des codes classiques du polar ouvrez ce roman et découvrez la vie et l’enquête d’Avraham.

24 septembre 2015
Jocelyne Fonlupt

Lorsque qu’Avraham Avraham, policier au commissariat d’Holon, banlieue de Tel Aviv, reçoit la mère d’Ofer Sharabi venue signaler la disparition de ce dernier, un lycéen de 16 ans, il se contente de la rassurer pensant à une fugue d’ado. Mais le jeune homme semble s’être littéralement volatilisé. Aucune trace de lui ce mercredi matin jour de sa disparition…

Commence alors une histoire labyrinthique et l’auteur, Dror Mishani, a beau affirmer que la littérature policière n’existe quasiment pas en Israël, il nous en offre là un exemple particulièrement réussi. Un policier presque quadra, célibataire, peu enclin à cuisiner, fasciné par les séries policières à la télé dont il débusque les incohérences ; mais aussi prompt à croire ce que racontent tous les suspects – et Dieu sait s’il y en a à commencer par cet étrange prof d’anglais, voisin du disparu et qui lui avait donné des cours particuliers.

Avraham Avraham est plus proche d’un Kurt Wallander que d’un Hercule Poirot. Il fait même preuve d’empathie à l’égard de ceux qu’il interroge. Une attitude bien éloignée de celle du jeune loup « brillantissime » qu’on lui a collé dans son équipe et dont les dents rayent le parquet. Pourtant c’est bien lui, le flic un peu mou, qui dénouera le nœud compliqué de l’enquête non sans nous avoir baladés dans les méandres de l’âme humaine.

La littérature policière n’existerait pas en Israël, dit-on, Dror Mishani vient pourtant de l’inventer pour notre plus grand plaisir…

6 septembre 2015
bernard Granjean

Avraham Avraham, le plus mauvais enquêteur à l’ouest du Jourdain ! Il n’est jamais là où il devrait être. Il évite consciencieusement les pistes les plus évidentes et au moment crucial pour l’enquête il abandonne sa banlieue de Tel-Aviv pour ébaucher une idylle incertaine à Bruxelles. Cela ne l’empêche pas d’arriver à la vérité, l’officielle, car la vérité authentique il la connait sans le savoir dès le premier instant de l’enquête. « - Savez vous pourquoi il n’y a pas de littérature policière écrite en Israël ? […] Chez nous, si quel qu’un est assassiné, c’est en général le fait du voisin, de l’oncle ou du grand-père, pas besoin d’une enquête compliquée pour découvrir le coupable et dissiper le mystère. »
Avraham est parfois déroutant, il est plus témoin de sa propre vie qu’acteur, mais c’est en cela qu’il est attachant et le « à suivre » qui conclut le roman n’est pas un procédé marketing mais une promesse, pour le lecteur, de retrouver ce personnage atypique, sa banlieue, ses collègues, ses proches, ses angoisses.
Au Panthéon des auteurs étrangers il faudra rajouter aux nordiques et au américains l'Israëlien Dror Mishani

20 août 2015
Sandrine Bluetit

Très bon polar lent et flou, centré sur la personnalité d'un commandant de police qui ne maîtrise rien mais n'en arrive pas moins à faire avancer son enquête on ne sait trop par quel dynamisme global et cahotant... rendez-vous est pris avec lui pour ses autres enquêtes !

8 août 2015
DOMINIQUE SUDRE

Avec « Une disparition inquiétante » de Dror Mishani je fais la connaissance d’Avraham Avraham, un policier peu commun, un peu décalé, déstabilisant et pas forcément attachant. Mais tout le monde n’est pas en permanence au top ni à 200% de ses capacités ou capable de travailler à la perfection, au contraire, les incohérences, les baisses de régime, le manque d’intérêt ou d’attention font aussi partie de nos vies. Alors oui, Avi Avraham, ce personnage de flic complètement dépassé par la situation, est sans doute une compilation de quelques personnes que nous pourrions rencontrer dans la réalité et s’il n’est pas de prime abord sympathique, il en devient malgré tout intéressant par sa crédibilité et son réalisme.
Lorsqu’une mère vient au commissariat faire part de ses inquiétudes depuis la disparition de son fils Ofer Sharabi, notre commissaire est peu enclin à lancer une recherche. Il est bien plus pressé de rentrer chez lui se poser devant sa télé pour analyser et critiquer les séries policières américaines et en découvrir les incohérences. Etonnant, car lui n’est pas à une incohérence près dans son travail, mais il est plus facile de voir ce qu’il se passe chez les autres que de faire sa propre introspection.
L’enquête sur ce qui s’avère finalement être une disparition inquiétante va démarrer, puis piétiner, s’enliser, prendre de mauvaises directions et en oublier certaines autres. Il y a peu de témoins, ou alors des témoins qui vont dérouter plutôt qu’aider les enquêteurs, je pense en particulier au comportement trouble du voisin de la victime, l'étrange professeur d'anglais Zeev Avni. En fait il y a peu d’éléments pour la faire avancer. Cela semble refléter la vraie vie de la police où tout n’est pas aussi simple et rapide que dans les séries télé.
Les rivalités entre collègues, la personnalité de Sharpstein, nouvel arrivant qui veut affirmer sa différence et ses compétences, Ilana, la directrice du service qui prend des initiatives sans prévenir Avi Avraham alors qu’il dirige l’enquête, le voyage d’étude en Belgique qui se solde par une somme d’heures perdues et quelques rencontres plus ou moins agréables, la mère un peu trop possessive, sont autant de scènes qui ancrent le personnage dans une réalité qui happe le lecteur et lui donne envie de poursuivre sa lecture. Et bien lui en prend car de fausses pistes en hésitations, l’enquête s’avère bien plus complexe et intéressante que ce que l’on imagine de prime abord. J’aborde ici pour la première fois l’univers d’un policier en Israël et je suis prête à découvrir ses prochaines enquêtes.

 

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