Ciel d'acier de Michel Moutot

7,95€ // 456 pages
Paru le 14/04/2016
EAN : 9782757859711

Ciel d'acier

Michel Moutot

Littérature

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Chalumeau en main, John LaLiberté, ironworker comme ses ancêtres, sectionne l’acier à la recherche de survivants. Les Twin Towers viennent de s’effondrer sous ses yeux. Depuis le premier rivet porté au rouge dans un brasero, jusqu’à la construction de la Liberty Tower, six générations de Mohawks ont bâti l’Amérique. La légende dit qu’ils n’ont pas le vertige. Peut-on apprendre à maîtriser sa peur ?

Michel Moutot est reporter à l'Agence France Presse, spécialiste des questions de terrorisme international. Lauréat du prix Albert-Londres en 1999, correspondant à New York en 2001, il a reçu le prix Louis-Hachette pour sa couverture des attentats du 11 Septembre.

« Entre information et fiction, rigueur et romanesque, Michel Moutot trouve l'équilibre et signe un livre par moments vertigineux. »

Télérama

Prix Gironde, nouvelles écritures 2015

 

Commentaires

17 juin 2016
EVA

« Ciel d’Acier » raconte l’histoire d’une famille, les LaLiberté, des Indiens Mohawks ironworkers de père en fils : ce sont des ouvriers spécialisés dans le travail de l’acier, et qui ont donc un rôle clé dans la construction des gratte-ciels, mais aussi des grands ponts. Le livre commence le 11 Septembre 2011 avec l’effondrement des tours du World Trade Center : John LaLiberté se précipite sur les lieux afin d’aider à retrouver des survivants. En effet, les ironworkers, puisqu’ils ont bâti ces gratte-ciels, savent aussi comment manier le chalumeau pour les déconstruire et peut-être désincarcérer des survivants. John a une relation particulière avec le World Trade Center puisque son propre père, Tool, avait participé à sa construction dans les années 70 : foudroyé lors d’un orage, il fut le seul ouvrier qui mourut sur le chantier. Mais ce n’était pas le premier drame vécu par la famille LaLiberté, puisqu’en 1907 leur ancêtre Manish Rochelle travaillait sur le chantier du Pont du Saint-Laurent qui s’effondra en tuant 76 ouvriers, la moitié d’entre eux étant des Mohawks issue de la même réserve Kahnawake…

« Ciel d’Acier » est un livre très documenté, qui m’a fait découvrir l’histoire des Indiens Mohawks issus de cette réserve située au Québec, et qui portent donc souvent des noms à consonance française, et qui peuvent circuler librement entre le Canada et les Etats-Unis. De tout temps, ils ont été impliqués dans des projets un peu fous : collaborateurs de Buffalo Bill, marins accompagnant l’armée britannique en Egypte, bâtisseurs de ponts, bâtisseurs de gratte-ciels. Le roman nous fait également découvrir les règles de la réserve, et cette rumeur selon laquelle ils ne seraient pas victimes du vertige… Une rumeur infondée, mais qui arrange bien les Mohawks car elle leur a permis de trouver facilement du travail comme ironworkers, un métier intéressant et plutôt bien payé…mais aussi très dangereux. Le récit alterne les périodes, de 1880 à 1907, puis 1970 et enfin 2001. Michel Moutot est un journaliste qui a notamment été récompensé pour sa couverture du 11 Septembre, et on sent clairement qu’il maîtrise son sujet et que cette partie n’est pas qu’une oeuvre de fiction : j’ai vraiment eu l’impression d’être avec John LaLiberté dans les décombres du World Trade Center, entre la poussière, la chaleur, les risques d’effondrement, les gaz toxiques, l’espoir très mince de retrouver des survivants et cette horreur permanente à chaque découverte macabre.

J’ai vraiment trouvé ce livre passionnant, tant pour les thèmes abordés – la culture Mohawks, la construction des grands ponts et des grands bâtiments – que pour l’incarnation des personnages : on s’attache à cette famille, que ce soit Manish, Tool ou bien John. J’ai quand même quelques bémols : le style de Michel Moutot est très journalistique et manque vraiment, à mon goût, de souffle littéraire, et cela se sent notamment dans les dialogues , que j’ai trouvé assez plats. C’est dommage car c’est ce qui m’a empêchée de voir en « Ciel d’Acier » une grande fresque romanesque et cela a diminué mon plaisir de lecture. A noter également une incohérence : en 2001, la fille de John, Tami, a 12 ans mais en 2002 John raconte à son amie que sa fille vient d’obtenir une bourse pour entrer à l’université de Dartmouth…

« Ciel d’Acier » de Michel Moutot est un roman vraiment intéressant et passionnant , où l’on sent clairement que l’auteur sait de quoi il parle et a fait aussi un gros travail de recherche. Dommage cependant que l’écriture soit assez plate , ce qui m’a empêchée de trouver ce livre vraiment excellent mais « Ciel d’Acier » m’a quand même beaucoup plu, et c’est un roman que je suis ravie d’avoir pu découvrir.

15 juin 2016
Isabelle Parmentier

Les premières pages du roman plongent le lecteur dans le cataclysme du 11 septembre 2001 : du haut du gratte-ciel qu’il est occupé à construire, avec d’autres ironworkers, John voit un avion s’encastrer dans la première des deux twin towers. Ces tours, son père les a bâties avec d’autres Indiens Mohawks de sa tribu, il y est même mort, frappé par la foudre.
Habité par cet héritage, John sera un de ces héros anonymes, découpant sans relâche les poutrelles effondrées pour essayer d’en extraire des survivants.

Et pendant que ce monde s’effondre, l’auteur nous invite à remonter le temps, à la rencontre des générations précédentes, dans ces tribus indiennes quel’insensibilité supposée au vertige a conduit à bâtir l’Amérique à travers ses ponts et ses gratte-ciel de plus en plus vertigineux. Et c’est ainsi que la clé à mâchoire servant à riveter les poutres d’acier a un jour remplacé le tomahawk…

Un récit à plusieurs niveaux, une belle construction littéraire où le passé peu à peu éclaire le présent, et où l’on s’attache à cette confrérie hors du commun, consciente du danger mais aussi de sa valeur, et ne résistant pas à tutoyer le ciel, toujours plus haut.
A noter que l’auteur a couvert comme journaliste les événements du 11 septembre, d’où la documentation extrêmement fournie qui étaye son récit.

13 juin 2016
Lise

Pas du tout attirée au départ par les thèmes revendiqués par la couverture, j'ai été complètement aspirée par le talent de conteur de Michel Moutot dans Ciel d'Acier. Dans ce récit passionnant et touchant, on s'attache énormément au personnage de Cat que la chute des Twin Towers amène à renouer avec ses racines. En parallèle, c'est une mythologie qui émerge, celle du lien entre les indiens Mohawks, faits pour le métier d'ironworker, puisque cette tribu ne connait pas le vertige. Un livre vraiment enthousiasmant, il ne faut surtout pas se laisser impressionner par sa longueur, on ne voit pas le temps passer.

2 juin 2016
richard S.

Le roman s’ouvre sur la chute des tours jumelles du World Trade Center, vu par un « iron worker », ces spécialistes de la construction des gratte-ciels et autres structures monumentales en acier. Un début de roman puissant...
L’auteur va nous raconter le destin de trois de ces « travailleurs du fer », issus d’une même lignée d’indiens mohawks…
Le roman se déroule autour de trois événements majeurs dans la construction d’ouvrages en structure métallique : La construction du pont enjambant le Saint –Laurent à Québec en 1907, la construction des tours jumelles à Manhattan et l’après 11 septembre 2001.
Roman épique et très efficace. On suit avec passion l’aventure de ces « iron workers ». Les trois récits sont enchâssés, renforçant encore le dynamisme du roman.
Le roman serait parfait si on n’en devinait pas aussi facilement la structure : trois périodes clé dans l’histoire des « iron workers », trois histoires d’amour malheureuses liées à des événements tragiques… mais très bon roman quand même.

29 mai 2016
Carolivre

Merci aux éditions Points pour l’envoi de ce roman dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2016 car je n’aurais jamais eu l’idée de me plonger dans ce type de lecture. Ciel d’acier met en scène les ironworkers, ces types qui construisent, assemblent, soudent les poutres des plus hauts gratte-ciel du monde. Michel Moutot nous fait pénétrer dans un univers d’acier, de sueur et de testostérone et on en redemande car il a su traiter son sujet avec un regard admiratif qui sublime le travail de ces types hors du commun.

Dans ce roman on suit trois ironworkers à trois époques différentes. Il y a d’abord Manish Rochelle, indien mohawk, qui vit au Canada dans les années 1900. Il va s’engager sur un des chantiers les plus vastes jamais menés au Canada avec la construction d’un pont enjambant le Saint-Laurent. A cette époque, les indiens sont réputés pour leur témérité à l’épreuve du vertige, réputation reposant d’ailleurs sur des « on-dit ». Ces Indiens trouvent du travail aux côtés des Irlandais, des Français et des Anglais. Le racisme n’est jamais très loin mais le métier d’ironworker fait vivre la tribu. On suit donc ces hommes qui à mains nues bâtissent des ponts, des bâtiments, bravant le froid, la chaleur et la peur.

On suit également Jack LaLiberté, descendant de Manish. Il est aussi ironworker. Il travaille à l’édification du World Trade Center, en 1970, la plus haute tour du monde jamais construite. On suit Jack, entre les États-Unis le Canada, dans la tribu, pour voir femme et enfants. Jack est un homme prit en étau entre son désir de liberté qu’il concrétise aux États-Unis et son devoir d’Indien, au Canada dans sa tribu. Comment concilier tradition et désir de modernité?

Enfin, on suit John LaLiberté, fils de Jack en 2001. Il assiste en direct à la chute des deux tours, construites par son père. Sans réfléchir, John s’engage aux côtés des pompiers et des policiers pour déblayer les décombres et trouver des rescapés. Clairement, c’est la partie qui m’a le plus enflammée et passionnée! L’auteur met en lumière le travail des ironworkers qui ont, pendant plus d’un an, démonté les centaines de tonnes d’acier écroulées lors de cette catastrophe. Leur importance a été capitale et nombreux sont les travailleurs qui en ont payé chèrement le prix à respirer des poussières hautement toxiques, à trouver des morceaux de corps humains disparates, à contempler chaque jour l’horreur la plus totale.

Miche Moutot nous entraîne au cœur de la tragédie sans voyeurisme. Il nous montre ces hommes de l’ombre, véritables héros au même titre que les pompiers et les policiers. C’est prenant, haletant. Le roman du World Trade Center alterne avec le passé, éclairant l’importance du métier d’ironworker au sein de la tribu mohawk. Je ne pensais pas me prendre de passion pour ces ouvriers, casque sur la tête, outil à la ceinture.

Michel Moutot nous offre une tranche de vie mais aussi une tranche d’Histoire à travers le récit de ces ironworkers. Captivant, passionnant, je recommande ce roman à tous ceux qui veulent voir l’envers du décor et découvrir ceux que l’on peut véritablement appeler des héros aujourd’hui.

28 mai 2016
Laura D.

Le livre s'ouvre sur les tours jumelles du World Trade Center qui se sont effondrées. John LaLiberté, un indien Mohawk, est ironworker ou "monteur d'acier". Lorsqu'il voit la catastrophe arriver, il comprend que son aide sera requise. En effet, pour que les pompiers et policiers puissent se frayer un chemin pour trouver des victimes, il va falloir déblayer les décombres et seuls ceux qui construisent ces immeubles peuvent le faire. Le voilà sur un chantier phénoménal. Le désespoir et l'acharnement des premières semaines laissent place à une action pesante durant des mois. Lorsque plus personne ne peut être trouvé, il faut tout de même tout évacuer pour espérer retrouver le moindre indice sur les personnes présentes durant l'attentat.

Le roman alterne les époques. Depuis des générations, les ironworkers construisent les immenses grattes-ciels ou ponts parcourant l'Amérique. A l'arrivée des blancs sur le nouveau continent, les Mohawks sont tout d'abord embauchés pour naviguer sur les fleuves du Canada. Puis ils commencent à aider à construire des ouvrages de grande envergure. Ils s'avèrent très adroits sur des poutres et sont réputés pour ne pas avoir le vertige. Apprenant vite et bien, de nombreuses familles se mettent à travailler dans la construction. Quand l'Amérique se modernise, les grattes-ciels commencent à s'élever et les ironworkers sont les premiers à participer. De la fin du XIXème siècle, en passant par les années 60 pour arriver aux années 2000, une génération d'ironworkers est explorée à travers la famille LaLiberté.

Les us et coutumes des Mohawks comme le quotidien d'un ironworker sont parfaitement décrits. La narration est réaliste tout en pouvant se montrer poignante par moments. Ciel d'acier est un roman captivant.

26 mai 2016
Béatrice

Accompagner les ironworkers sur les hauteurs et à travers le temps dans "ciel d'acier" est une aventure fortement recommandée.
La construction du livre est quasiment architecturale aussi: les chapitres s'emboîtent, se complètent, se superposent pour créer un tout , comme ces ponts et ces tours que les Mohawks bâtissent. Des images de poutres métalliques qu'ils posent et sur lesquelles ils se promènent, ou bien qu'ils découpent...et ça captive le lecteur.
L'auteur tricote autour de ces colonnes en métal des histoires d'hommes, de vie et de mort. Le mélange est harmonieux. Il nous raconte le respect des traditions, les cérémonies où l' on brûle des feuilles de tabac, l'esprit clanique, sans tomber dans le cliché mièvre. Il y a chez ses hommes une fierté d'appartenir à ce peuple, une solidarité qui n'exclut pas l'autre mais qui impose le respect.

19 mai 2016
Cédric Moreau

Somptueux ! C'est le premier mot qui me vient à l'esprit à l'heure où je referme ce livre. Ciel d'acier est un grand roman qui mérite amplement sa place dans la collection éponyme des éditions Points. Entre information et fiction – le point fort du récit qui mêle les deux versants à la perfection, romançant des histoires au sein même de l'Histoire avec un grand H –, l'auteur rend un vibrant hommage aux ironworkers Mohawks qui ont bâti l’Amérique en risquant leurs vies en prenant part aux plus grandes constructions de ce pays, des ponts monumentaux jusqu’aux immenses buildings des plus grandes métropoles, contribuant ainsi à la démesure de l'architecture des États-Unis.

La légende dit que les indiens ne connaissent pas le vertige et que c'est la raison pour laquelle ils excellent dans ce métier, pouvant marcher sur des poutres de trente centimètres à peine surplombant un vide de plusieurs centaines de mètres sans sourciller, ce qui leur à valu le surnom de skywalkers. Ceci n'est qu'une légende et Michel Moutot se cantonne, tout en jouant avec cette légende, à nous raconter les histoire peu communes de plusieurs générations d'ironworkers appartenant à la même famille, nous faisant voyager de la fin du XIXe siècle (c'est à cette époque que les Mohawks ont embrassé la carrière qui allait faire leur renommée) jusqu'à l'édification du One World Trade Center, en passant par la catastrophe de l'effondrement du pont de Québec pendant sa construction en 1907 et le lâche attentat subit par les tours jumelles du World Trade Center en 2001, où des centaines d'ironworkers Mohawks ont participé aux opérations de sauvetage.

Ciel d'acier est un roman magnifiquement écrit (les descriptions sont criantes de vérité et donnent vraiment l'impression de vivre ce que nous lisons) qui m'a transporté de la première à la dernière ligne ; je vous le conseille vivement, vous ne serez pas déçus.

17 mai 2016
Johanna Lilas

Ciel d'acier commence par les attentats du 11 septembre 2001 à New York. John LaLiberté est sur un chantier lorsque les tours jumelles du World Trade Center sont frappées par deux avions. John est un Indien Mohawk, il exerce la profession d'ironworker, c'est à dire "monteur d'acier" sur les grattes ciels et les ouvrages de grande envergure. Les ironworkers sont envoyés sur les ruines des Twin Tower pour essayer de retrouver des survivants puis ils participent au déblayage.

Michel Moutot réussit à nous faire ressentir l'enfer du chantier et le désespoir des sauveteurs. Les attentats sont décrits d'une manière très réaliste. Le style est un peu trop journalistique mais il reflète bien l’ambiance pesante de ces événements.

Après la disparition des tours jumelles, c'est un autre chantier qui s'ouvre, les ironworkers sont mobilisés sur la construction du One World Trade Center qui remplace les deux tours. L’auteur évoque plus largement le quotidien des Indiens de Kahnawake (Canada) qui font le déplacement entre leur réserve et le chantier.

Le roman est divisé en plusieurs périodes. Michel Moutot dresse un portrait des Mohawks à la fin du XIXème siècle. Ils sont alors embauchés pour naviguer sur les fleuves du Canada. Puis, ces Indiens navigateurs hors pairs, sont envoyés, par les Anglais, à la reconquête du Nil en Égypte.

Une autre partie concerne les années 60, c'est alors la construction des tours jumelles du World Trade Center. Le père de John, Jack LaLiberté participe au chantier. En effet, le métier d’ironworker se transmet de père en fils et les Indiens sont réputés pour ne pas avoir le vertige. Michel Moutot évoque les techniques de construction de ces géants d'acier dont les pièces détachées arrivaient par l'eau.

L'auteur propose aussi quelques chapitres qui se déroulent aux environs de 1907 à Québec. Suite à une erreur monumentale d'un ingénieur peu scrupuleux, l’un des aïeuls de John sera porté responsable de la disparition de ses pairs dans l’effondrement d’un pont. Ce drame ne sera pas sans conséquence pour sa descendance.

La vie dans la réserve est abordée à travers tous ces destins : les traditions, les coutumes etc. L’intérêt de toutes ces histoires c’est qu’elles sont liées, elles s’entremêlent pour n’en former qu’une.

La dimension réaliste de ce roman m'a beaucoup plu ainsi que la construction du récit. L'auteur s'est beaucoup documenté. J'ai vraiment eu un coup de cœur car l'histoire des ironworkers Mohawks est bouleversante.

16 mai 2016
Fabienne Defosse - Verrier

Ciel d'acier s'ouvre le 12 septembre 2001 par une narration très journalistique du déblaiement des Twin Towers écroulées. John LaLiberté dit Cat, a grandi bercé par l'histoire de l'édification des tours jumelles, la signature, la fierté d'une génération d'ironworkers. Tout comme ses ancêtres Mohawks, Cat est skywalker. Il travaillait sur un chantier à NYC lorsque les tours se sont effondrées. Sous le choc, Cat se rend spontanément à Ground Zero, propose son aide aux sauveteurs. Afin de rendre accessible les décombres, il est chargé avec quelques autres de couper les poutres métalliques qui forment au lendemain de cet innommable attentat un gigantesque mikado d'acier.

Nous voici propulsés au cœur de ce New York meurtri, blanchi par les cendres, à la recherche d'éventuels survivants. Nous suffoquons avec ces hommes dont l'air est devenu irrespirable, nos semelles fondent de marcher sur ces ruines brûlantes, nous sommes embarqués dans un univers apocalyptique. Mais au-delà de ce drame particulièrement bien narré et extrêmement documenté, nous voici embarqués à la découverte de l'univers de ces bâtisseurs que sont les Mohawks dont la (fausse) légende veut qu'ils ne connaissent pas le vertige. Plus d'un siècle avec ces indiens. D’un chapitre à l’autre, on va et vient tout au long de cette dynastie de constructeurs. L'industrialisation, l'apparition de l'automobile et l'augmentation du trafic vont modifier les déplacements. De nouvelles voies sont à ouvrir pour relier les grands lacs canadiens et américains à la côte atlantique. La construction de nouveaux ponts s'impose. D'abord en bois, puis en acier. Des ponts aux gratte-ciels, les Mohawks ont su se rendre indispensables grâce à leur expertise. Il ont su s'intégrer et évoluer tout en préservant leur culture. De père en fils, de génération en génération ce savoir-faire se perpétue. Les personnages, aux destins étalés sur plus d'un siècle, prennent vie à travers Jack LaLiberté, mort en construisant les tours jumelles, son fils Cat, qui les verra s'écrouler, tout comme Manish Rochelle, le riveteur a vu le pont du Québec s'effondrer en 1907 et les siens périr.

Avec Ciel d'acier Michel Moutot nous raconte la passion de ces Mohawks qui ont participé à la construction de l'Amérique. Son roman fourmille de détails techniques et historiques. Information et fiction, rigueur et romanesque se marient à merveille.
Ciel d'acier est tout simplement vertigineux ! C'est une fresque épique à découvrir de toute urgence qui a toute sa place dans la sélection Prix du meilleur roman des Éditions Points. Un vrai bonheur de lecture !

13 mai 2016
Vincent PINATEL

Nous avons souvent entendu parler de ces « indiens » qui construisent les gratte-ciels car ils n’éprouvent pas de vertige (est-ce si vrai d’ailleurs ?). Mais, peu de gens connaissent leurs us et coutumes et savent comment ils en sont arrivés là.
A travers 3 époques et 3 indiens Mohawks issus de la même lignée, Michel MOUTOT nous raconte la vie de ces ironworkers qui construisent et déconstruisent ces énormes ponts et buildings en Amérique du Nord (et ailleurs également). Depuis les premiers ponts en fer qui traversent le Saint-Laurent en toute fin du XIXème siècle à la construction du « One World Trade Center », nous partagerons le destin de ces indiens Mohawks et apprendront à connaître leurs métiers ainsi que leurs coutumes.
Grâce à de nombreux artifices narratifs bien intégrés au roman, Michel MOUTOT nous fait découvrir tous les aspects de ce métier d’ironworker et surtout le déroulement du chantier de « nettoyage » des restes du World Trade Center après les attaques du 11 septembre 2011.
Dis comme ça, on pourrait s’inquiéter d’avoir un livre un peu trop didactique mais ce n’est pas le cas car les très nombreuses informations sont bien intégrées à une trame romanesque bien réussie. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à lâcher ce livre et l’ai lu très rapidement.
Au final, le seul reproche que je pourrais faire à « Ciel d’Acier » concernerait l’écriture que j’ai trouvée assez basique, surtout dans le cadre du Prix du Meilleur Roman Points 2016.
D’un point de vue littéraire, le livre est beaucoup moins intéressant mais est-ce si important dans le cadre d’un docu-fiction ?
Michel MOUTOT signe avec « Ciel d’Acier » une magnifique saga et nous fait redécouvrir des pans de l’Histoire américaine sous un angle différent. Un docu-fiction très réussi

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