Au lieu-dit Noir-Étang... de Thomas H. Cook

7,6€ // 384 pages
Paru le 03/01/2013
EAN : 9782757820551

Au lieu-dit Noir-Étang...

Thomas H. Cook

Policiers, thrillers & romans noirs

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Dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre, en 1926, le jeune Henry découvre la relation adultérine qu’entretiennent deux de ses professeurs. La solitude de M. Reed, marié et père de famille, l’intrigue ; tout comme le fascinent la beauté et le caractère passionné de Mlle Channing. Henry va être le témoin complice et muet de la tragédie qui se noue au lieu maudit appelé Noir-Étang.


Thomas H. Cook, né en 1947, a été professeur d’histoire et secrétaire de rédaction avant de se consacrer à l’écriture. Auteur d’une vingtaine de romans, il est salué comme l’un des plus grands de sa génération.


« Un somptueux roman noir, romantique et échevelé. »

Le Figaro



Traduit de l’anglais (États-Unis) par Philippe Loubat-Delranc



Prix Edgar Allan Poe 1996


Edgar Award du Meilleur Roman policier

Tous les titres du même auteur
 

Commentaires

9 novembre 2013
Delphine

Thomas H. Cook nous propose encore une histoire comme il les aime : une communauté restreinte, des personnages qui ne connaissent par coeur, de lourds secrets du passé, des liens familiaux complexes, une passion amoureuse. La tension psychologique est à son comble. l'Amérique fait son auto-critique en évoquant une atmosphère où règnent préjugés et conservatisme. Du très bon Thomas H. cook.

13 octobre 2013
pierre-alain veau

Je l'ai lu car je me sentais obligé. Incommensurable ennui.

10 octobre 2013
Jean-Paul Guéry (La Tête en Noir)

Mlle Channing, la nouvelle professeur d’art plastique de Chatham School , arrivait d’Afrique et son charisme autant que sa beauté impressionnèrent d’emblée Henry, le jeune fils du directeur de cette sévère école de garçons. La tranquillité de la petite communauté rurale est rapidement troublée par une liaison entre la jeune femme et le timide professeur de lettres mais en ce début de 20° siècle, on ne plaisante pas avec l’adultère. Le récit d’Henry, observateur attentif et innocent de la situation, dessine peu à peu les contours d’une tragédie qui marquera à jamais la petite ville. Un fascinant suspense psychologique !

3 octobre 2013
Jean-Paul Guéry (La Tête en Noir)

Mlle Channing, la nouvelle professeur d’art plastique de Chatham School , arrivait d’Afrique et son charisme autant que sa beauté impressionnèrent d’emblée Henry, le jeune fils du directeur de cette sévère école de garçons. La tranquillité de la petite communauté rurale est rapidement troublée par une liaison entre la jeune femme et le timide professeur de lettres mais en ce début de 20° siècle, on ne plaisante pas avec l’adultère. Le récit d’Henry, observateur attentif et innocent de la situation, dessine peu à peu les contours d’une tragédie qui marquera à jamais la petite ville. Un fascinant suspense psychologique !

3 septembre 2013
Oihana Olazcuaga

Dans sa jeunesse, Henry a eu une position particulière, qui l'a laissé assez solitaire et souvent au contact des adultes : fils du directeur de l'école, ce n'est pas rien. Âgé, il revient sur les événements qui ont bouleversé l'école, la ville, et sa jeunesse.
Le postulat est original : dès le départ, on sait comment finit l'histoire. On sait que l'aventure de Mlle Channing avec un autre professeur a eu de très funestes conséquences. Pourtant, le suspense est extrêmement prenant car, si l'on sait comment termine l'histoire, on en ignore tous les détails, qui sont révélés au compte-goutte par les tableaux de souvenirs qui se succèdent. Tout le monde connaît plus ou moins le topos de l'amour passionnel et interdit (cf. Roméo et Juliette, entre autres) : dans le décor de Cape Cod et de la Chatham School, dans les années 20, sur climat vaguement misogyne et xénophobe, la reprise de Thomas H. Cook est très réussie. L'ambiance, très sombre, et également très romantique (au sens artistique du terme), un peu surannée, et pleine de charme. Le récit est baroque, échevelé, et l'histoire entre les deux professeurs sobre et bien narrée. Le polar psychologique rend la tension très prenante, alors même que le rythme de l'histoire est assez lent : on se prend au jeu des semi-révélations et petites découvertes d'Henry enfant, et on attend de découvrir comment tout cela s'est réellement orchestré.
Au lieu-dit Noir-Étang est un polar étrange, au sens où il s'agit surtout d'une ambiance très travaillée : le jeu de donner la fin de l'histoire au lecteur dès le début du récit rend le suspens très travaillé et l'intrigue haletante. L'ambiance est merveilleuse : son charme désuet rend les personnages, les lieux, et le corps du récit très présent. On est plongé dans cette Amérique très conservatrice des années 20 : voilà un roman extrêmement réussi, époustouflant de maîtrise.

8 août 2013
galmiche caroline

Je viens de refermer cet ouvrage,et si personnellement,je ne le classerai pas dans les "polars",l'histoire m'a envoutée.L'écriture est sublime et l'on plonge dans une lointaine époque où les conventions dirigent l'existence des êtres.Cet univers faussement tranquille est tout,sauf ennuyeux,car on est happé par ce récit romantique,et on a l'impression de vivre à côté des personnages,de partager leur quotidien,leur destinée.Ceux qui recherchent un polar authentique avec meurtre et mystère seront déçus,mais si vous êtes prêts à partager l'existence d'Elisabeth,d'Henry,de Leyland,,vous serez conquis.

31 juillet 2013
socias

Décidément, Thomas H. Cook s'y entend pour trousser des histoires romanesques à la lisière de ce que l'on appelle communément le polar. Mais qui, le concernant, s'apparente davantage à la reconstitution d'un fait divers, dont il remonte aux origines pour en saisir toute l'inéluctabilité dramatique, plongeant dans les germes et les ferments du drame qu'il noue sous nos yeux. Ses personnages sont solidement campés, tout comme le décor, tous dignes d'un film d'Hitchcock. Transcendant les genres, sa plume sait emporter le lecteur dans un tourbillon de sentiments contrariés, faisant de chacune de ses livraisons une escapade littéraire ébouriffante, peinture sans fard des dessous d'une société d'autant plus portée sur une forme de violence libératrice et cathartique qu'elle se veut prude et respectable, corsetée qu'elle est dans le carcan d'un puritanisme exacerbé. Du grand art !

8 juillet 2013
Valérie Balcet

C’est une incursion dans la vie pleine de conventions des années 20 aux Etats-Unis que nous propose Thomas H. Cook. Le carcan de la « bienséance », les rumeurs et les qu’en dira-t-on emplissent ce roman, qui n’est pas vraiment un polar au sens hémoglobine, tueur sans foi ni loi et scène de crime. La société puritaine va s’abattre sur la malheureuse Mlle Channing qui n’a que le tort d’être jolie et de tomber amoureuse de la mauvaise personne. C’est un tableau intéressant de la société de l’époque et de la place assignée aux femmes que le célibat et la vie non conventionnelle rend suspectes.
Les descriptions de la vie à cette période nous enlisent parfois dans des chemins de traverse et nous fait perdre le fil : où est l’intrigue ? Elle se construit peu à peu au fil des pages et sans savoir avant la page 300 se qu’il s’est passé, on a du mal à rester concentrer sur cette histoire un peu désuète. La révélation (dans les 10 dernières pages) est cependant extraordinaire et rien ne m’avait laissé entrevoir cette fin surprenante. Ici, l’intrigue policière n’est que le prétexte à un roman romantique et descriptif. A conseiller aux amateurs de ce genre littéraire.

8 juillet 2013
Caroline Guingot

Je viens de refermer Au lieu-dit Noir-Etang et je n’ai qu’un mot en tête : bouleversant.

Cette histoire d’infidélité entre deux professeurs dans les années 20 prend naissance dans une petite ville que l’on imagine sombre et sans couleur, le lecteur est plongé dans une atmosphère triste et lugubre, au sein de laquelle les habitants simples spectateurs deviennent des juges implacables. La cruauté humaine n’a une fois de plus aucune limite.

Le narrateur, Henry, est un adolescent qui va nous emmener avec lui dans une histoire qui va chambouler toute son existence, où il est question de culpabilité, de responsabilité. En effet, la jeunesse empêche parfois d’avoir le recul nécessaire afin d’éviter certains actes aux conséquences tragiques. Il s’agit de l’effet papillon et de comment apprendre à vivre avec un poids indéfectible sur la conscience.

Il est aussi question de description sur l’adolescence, la fougue de la jeunesse, le rejet de la famille, le désir d’évasion, de découvrir le Monde et de ne pas se contenter d’une vie tracée d’avance, semblable à celle des parents.

Tout le livre, extrêmement bien écrit d’ailleurs, est un puzzle dont on ne met la dernière pièce qu’à l’avant dernière page, c’est notamment cela qui est très appréciable, pouvoir être embarqué avec Henry et découvrir ce mystère qui a eu lieu au noir étang.

Et Quelle histoire ! Il est d’ailleurs trop restreint de le catégoriser Thriller, ce livre est bien plus que cela, c’est un drame et une terrible histoire d’amour, romantique et romanesque. Pour les adeptes des thrillers haletants il est vivement conseillé de continuer son chemin car ici il n’en sera rien.

Dès le départ je savais que j’allais le terminer fébrile et émue. Une phrase résume à elle seule toute la puissance de ce roman « c’est un tragique caprice du destin que de ne pas connaître le sublime d’une passion amoureuse ».
Tout simplement merveilleux !

2 juillet 2013
Anne-Marie BALLAUX

Au lieu-dit Noir-Etang

Le roman baigne dans la nostalgie du Chattam des années ’20, petite ville de Nouvelle-Angleterre si paisible et engoncée dans les conventions et les normes sociales. A Chattam, qu’il n’a jamais quittée, Henry, vieil homme solitaire et désabusé, revisite les souvenirs des événements tragiques de son adolescence.

C’est le roman du passage à l’âge adulte d’Henry, le roman de ses rêves adolescents d’absolu, d’évasion, d’amour et de liberté, prisme déformant à travers lequel il interprète la réalité des adultes : projections sur son père qui symbolise pour lui la rigidité de Chattam et de son collège, projections sur la relation adultérine de ses professeurs Mlle Channing, jeune artiste qui vit en dehors des conventions et M. Reed, blessé de guerre torturé par ses démons, projections sur Mme Reed femme fragile et épouse délaissée.

Dans cette réalité déformée par le jeune Henry, l’histoire se déroule lentement, au rythme de la vie apparemment paisible de Chattam. Henry désire à toutes forces que ses rêves deviennent réalité et pour que Melle Channing et M. Reed jouent le rôle qu’il leur a attribué, d’observateur, il se fait messager et complice du couple. Dans l’histoire racontée par Henry adulte, chaque bribe ajoutée de souvenir éclaire les personnages de nouvelles facettes, recomposant sans cesse notre compréhension des événements. Jusqu’à la dernière phrase qui, mettant en place la dernière pièce du puzzle, nous livre la clé : pourquoi le jeune Henry, animé de tant de rêves et de passions s’est transformé en cet Henry adulte, casanier, éteint, n’ayant connu d’histoire d’amour que celle vécue par procuration avec Melle Channing et M. Reed.

Beau, captivant en dépit de ou grâce au rythme lent de l’écriture, profond quant à la psychologie des personnages et la peinture de la société de Chattam, Au lieu-dit du Noir-Etang m’a souvent fait penser au Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, ou aux pages de Stefan Zweig sur l’éveil de la sexualité chez un adolescent. Plus qu’en roman policier, c’est un roman psychologique à énigmes, à savourer absolument ! Bonne lecture !

2 juillet 2013
Valérie Balcet

C’est une incursion dans la vie pleine de conventions des années 20 aux Etats-Unis que nous propose Thomas H. Cook. Le carcan de la « bienséance », les rumeurs et les qu’en dira-t-on emplissent ce roman, qui n’est pas vraiment un polar au sens hémoglobine, tueur sans foi ni loi et scène de crime. La société puritaine va s’abattre sur la malheureuse Mlle Channing qui n’a que le tort d’être jolie et de tomber amoureuse de la mauvaise personne. C’est un tableau intéressant de la société de l’époque et de la place assignée aux femmes que le célibat et la vie non conventionnelle rend suspectes.
Les descriptions de la vie à cette période nous enlisent parfois dans des chemins de traverse et nous fait perdre le fil : où est l’intrigue ? Elle se construit peu à peu au fil des pages et sans savoir avant la page 300 se qu’il s’est passé, on a du mal à rester concentrer sur cette histoire un peu désuète. La révélation (dans les 10 dernières pages) est cependant extraordinaire et rien ne m’avait laissé entrevoir cette fin surprenante. Ici, l’intrigue policière n’est que le prétexte à un roman romantique et descriptif. A conseiller aux amateurs de ce genre littéraire.

26 juin 2013
Alexandra LOUESSARD

Un profond drame psychologique qui ouvre sur une réflexion vraiment digne d'intérêt sur la responsabilité et la culpabilité, plutôt qu'un roman policier. Même si la construction du récit peut faire penser à celle d'un polar où, à la manière d'une enquête, les faits sont peu à peu dévoilés, distillés au compte-gouttes pour créer et entretenir le suspense et déboucher au final sur la vérité.
Malgré un rythme lent (qui a manqué à certains passages me faire sombrer dans l'ennui), on se laisse porter par l'esprit romanesque de l'histoire et l'on voit au bout du compte sa lecture récompensée par le dénouement, certes attendu, mais d'une ampleur insoupçonnée.
Bref, un livre à lire, ne serait-ce que pour la chute qui vous remue les méninges bien au-delà du point final !

21 juin 2013
claire berest

Au lieu-dit Noir-Etang chemine tout au long à côté du chemin du classique polar.
On sait tout d’avance : cela va très mal se passer, mais on ne sait rien. Et cette absence de compréhension nous hante, tout à notre découverte des impeccables et passionnés protagonistes de ce fait divers, qui se fait désirer. Une architecture en entonnoir dessinée à coups de flash-backs, qui distillent à la pipette, les détails de plus en plus inquiétants d’un passé dévastateur. Le lecteur s’engouffre !
Une petite ville, la prude nouvelle Angleterre des années 20, un pensionnat pour garçons très « cercle des poètes… » qui sent bon la veste en tweed, un étang sombre, et le ciel qui se reflète, menaçant, comme pour mieux mesurer tout ce qui nous échappe dans notre goût de l’immensité et du sublime. Une nouvelle professeur d’art plastiques, belle, indomptable et échevelée Melle Channing sous le chignon impeccable, « débarque » littéralement, et la « machine infernale » se met en branle. On ne cesse plus de lire, jusqu’à la dernière ligne, jusqu’à la dernière pièce du puzzle. Puzzle somme toute banal et tragique, des accidents poétiques qui surgissent, quand les hommes, roseaux branlants, se souviennent que par leur pensée et leurs désirs, ils pourraient se saisir de l’univers.
Un polar atypique à lire, le soir, par temps d’orage !

8 juin 2013
Croce

Présenté comme l'un des meilleurs polars de 2012 par de nombreux sites, ce roman annonçait moult surprises. En fait, Au Lieu-dit Noir Etang n'a, à mon sens, pas tenu toutes ses promesses. C'est fort bien rédigé, l'auteur a su créer une ambiance, un décor, des personnages mystérieux mais il n'a pas relevé le défi de l'intrigue et s'est assez vite enlisé .On comprend rapidement ce qui se noue entre les personnages et il n'y a pas beaucoup de surprises. Le rythme est lent et la lecture de ce roman n'est pas vraiment exaltante. La fréquence des allers-retours entre le passé et le présent m'a un peu gêné dans ma lecture.
La dernière page donne néanmoins au lecteur un petit regain d'énergie.
Au lieu-dit Noir-Etang est un roman à recommander plus aux amateurs de drame psychologique qu'aux fans de romans policiers pur jus

5 juin 2013
Stéphane GUINOT

Au départ, il y a une école calme et tranquille. Puis, une arrivée, celle de Mademoiselle Channing, professeur d'arts plastiques, va semer le trouble. Sa relation adultérine avec un autre professeur va déboucher sur des événements tragiques. Un magnifique roman empreint de romantisme. Dès le départ, Thomas H. Cook distille des petites allusions qui mettent l'eau à la bouche du lecteur. Petit à petit, on comprend qu'il s'est passé quelque chose de grave au lieu-dit Noir-Etang... Les descriptions des personnages sont si précises qu'on arrive à visualiser les scènes. Les portraits psychologiques sont magistraux. Le lecteur en arrive à comprendre chaque personnage et à avoir de l'empathie pour chacun d'eux, y compris pour le narrateur, témoin et acteur de cette tragédie... Une histoire vraiment poignante.

23 mai 2013
josette delmas

"qu'arriverait-il si nous étions libres ? nous n'étions pas en mesure de répondre... nous étions jeunes... et la dure réalité que la vie ne peut s'accommoder des passions mêmes qu'elle inspire était une leçon que nous n'avions pas encore apprise...".

Lorsqu'une très jeune et jolie enseignante d'arts plastiques, Elisabeth Channing arrive dans un collège de garçons dans une petite ville où rigueur et autorité rythment les cours et la vie d'alors, le lecteur s'attend bien à quelques turbulences au sein du collège...
Le narrateur, fils du fondateur-directeur de cet établissement, conduit le lecteur -inquiet dès les premières pages d'un drame qui va se jouer et qui laisse des traces à jamais englouties- dans une intrigue qui l'a dépassé -

Ce n'est pas vraiment un polar même si le ton est grave, captivant ; c'est un mélange romanesque, un huit-clos entre collège, cottage, noir-étang, c'est un non-dit ; un peu comme un tableau où la lumière (Mlle Channing) illumine le clair-obscur d'une ville quelconque chamboulée, médisante.
Le jeune Henry, narrateur, n'a pas su, pas pu, pas voulu (?) aller au bout de sa rebellion d'adolescent ; enfermé dans les habitudes sociales où l'imagination ne suffit pas à s'en échapper.
Un très beau roman ; des personnages attachants ; une histoire un peu désuète ; des sentiments et de l'émotion faute d'action.

Ce n'est pas un polar comme les autres.
Je découvre un Thomas H. Cook différent.
Merci à lui.

21 mai 2013
Danièle Bouin

Ce roman démontre une fois encore que les frontières entre les genres littéraires sont ténues :drame romantique, roman noir....Sa construction est maîtrisée de bout en bout; le lecteur navigue entre le passé et le présent du narrateur, les évènements et les révélations sont distillés peu à peu et il faut atteindre les toutes dernières pages pour en posséder toutes les clés. C'est aussi la peinture d'une société étriquée, mesquine et conservatrice des années 20 dans une petite ville des Etats-Unis, le récit des relations entre un père et un fils qui les réévalue à la fin de sa vie, une réflexion sur la liberté, la responsabilité individuelle, la culpabilité. Un grand livre.

16 mai 2013
Matthieu Dubois

Attention!! CHEF D'OEUVRE ABSOLU!!! Un mélange incroyable de Daphné Du Maurier, des Soeurs Bronte et de Thomas Hardy. Ceci est ma première rencontre avec Monsieur Cook, et je dois dire que j'ai été époustouflé. 1926 à Chatham, petite bourgade paisible de Nouvelle-Angleterre. Un pensionnat de garçons accueille la nouvelle professeur d'arts plastiques: Mademoiselle Elizabeth Channing, d'une beauté incroyable, mais l'on sait, grâce à d'incessants flashs backs entre passé et présent que cette femme sera celle par qui le scandale arrivera. En cela, Melle Channing est un personnage de tragédie grecque, car sa rencontre avec le professeur de littérature anglaise, Leland Reed, homme marié et père de famille, ne sera voué qu'à l'échec, au malheur et au désespoir. Cook est d'abord un fabuleux "planteur de décor": cette petite ville bourgeoise est écrasée de chaleur l'été et croule sous la neige et le blizzard l'hiver, ce qui concoure à instaurer une atmosphère pesante et inquiétante, renforcée par le caractère maudit et même effrayant du Lieu Dit Noir-Etang. Ensuite, Monsieur Cook dessine de splendides personnages, que ce soit le narrateur, Melle Channing ou son amant Mr Reed. Melle Channing est un personnage véritablement composite et paradoxal: une femme fatale, une féministe, une Antigone ou une Médée, une Catherine Hernshaw ou même une Lady Mac Beth par certains côtés. Cette richesse du personnage est véritablement un tour de force. Par son côté extraordinaire, Melle Channing dérange et l'auteur nous le fait bien sentir par des petites touches qui finissent par prendre une impensable importance. Plus on tourne les pages, plus on se rend compte que le roman devient une cocotte-minute qui va exploser. Les sentiments exacerbés des deux amants vont finir par s'enflammer comme des gaz toxiques. Par là même, Cook dévide deux thèmes majeurs du roman noir: la culpabilité et, corollaire évident, la déchéance. En effet, la "déchéance" de Melle Channing entrainera celle de Chatham School.
Le lecteur est finalement pris au piège d'une implacable logique de mort, de meurtre et de douleur. Le résultat est terrifiant et merveilleux à la fois. Ce roman noir dégraissé jusqu'à l'os(378 pages de tension insupportable), au souffle épique m'a rappelé par moments les Hauts de Hurlevent et Jude l'Obscur.
Bref, un grand, très grand roman.

15 mai 2013
Sophie Gauthier

Les romans de Thomas H. Cook sont toujours bien plus que des romans policiers... Bien sûr, il y a l'intrigue, toujours racontée d'un point de vue original, mais il y a aussi tout ce qui affleure derrière l'histoire et au creux de chaque personnage. "Au lieu-dit Noir-Etang" est époustouflant de rigueur et de sens. La transmission entre un père et son fils, le sentiment de culpabilité, les liens entre passé et présent, thématiques chères à T. H. Cook, irriguent subtilement la narration. L'auteur explore tout ce qui fait que nous sommes des adultes construits par notre histoire, par notre environnement, par le poids des conventions sociales et familiales... et ce n'est jamais pesant ! La construction de la narration est sans faille : indices, fausses pistes, fragments de vérité progressivement distillés, éparpillés pour mieux faire partager au lecteur le point de vue de l'adolescent, narrateur vieilli. Ce roman-là me questionne sur la vérité, la réalité et ses interprétations... comme une mise en abyme de la littérature et de la vie même. "Au lieu-dit Noir-Etang" c'est à la fois un roman policier, un roman d'initiation et un roman sur la passion amoureuse. A lire AB-SO-LU-MENT... et à relire !

13 mai 2013
Dubruitdanslesoreilles

Le rythme est lent, il règne une certaine torpeur dans les lignes que renferme ce livre. Ce qui frappe dès le départ c’est la maitrise qu’a l’auteur pour instaurer un climat. Thomas H. Cook a assurément une belle plume.

Il y a une totale opposition entre Mlle Channing et le mode de vie de l’époque dans cette région de la Nouvelle-Angleterre. Cette citation résume bien l’état de pensée du personnage : « Un artiste ne doit obéir qu’à ses passions…Tout le reste n’est que nœud coulant autour de son cou. ».

Bien que n’ayant rien à redire sur la qualité de ce livre je ne suis pas totalement rentré dedans, mais c’est une affaire de sensibilité personnelle. Je le recommande à tous les amateurs d’atmosphères noires et romantiques.

9 mai 2013
Sébastien Socias

Thomas H. Cook est un peu plus qu'un simple faiseur de romans policiers. C'est un très grand conteur qui sait surprendre le lecteur en troussant des histoires simples en apparence. Mais en apparence seulement. Au lieu-dit Noir-Etang ne fait pas exception, qui évoque un fait divers dont les journaux se feraient l'écho à sa survenance, sans parvenir à en saisir tous les tenants et les aboutissants. Avant d'en oublier progressivement l'existence. Thomas H. Cook sait merveilleusement bien planter le décor de ce quelque chose qu'on pressent comme inéluctable, pour nous conduire en témoin privilégié vers l'instant "T" où tout converge pour que précisément, le drame survienne. Sa peinture ciselée de personnages attachants comme celle nostalgique d'une époque révolue, sa capacité à conférer une couleur aux regrets comme aux remords, son sens du rythme et de la tolérance valent au moins autant que l'aspect "polar" d'un roman dont on se souvient longtemps après l'avoir refermé.

31 janvier 2013
Brigitte François

Les points de suspension du titre en disent long : que s'y est-il passé, en ce lieu qui, malgré son nom, n'a au départ rien de glauque ? Un jeune homme (le narrateur), élève dans l'école dont son père est fondateur et directeur, va un jour accueillir la future prof d'art plastique. On est sans doute dans les années 50, et certaines choses ne se font pas dans ce coin du Massachussets au bord de la mer, non loin de Boston... et ce qui ne se fait pas, surtout, c'est d'avoir une liaison avec un homme marié. La jeune femme le paiera au prix fort, alors que, par romantisme exacerbé, le jeune homme voulait être l'instrument du succès de l'amour entre la prof d'art et celui de lettres. Un polar déroutant, dans la mesure où le suspense joue essentiellement sur ce qu’on pressent de non dit. Original, sans aucun doute.

24 janvier 2013
christine SCHIMMER

Au lieu-dit noir Etang…n’apparaît pas au premier abord comme un roman policier, même si la trame policière est présente en filigrane tout au long du roman à travers l’évocation du procès et le témoignage d’Henry.
Le roman de T.H Cook est clairement un roman d’initiation, qui fait beaucoup penser à The Go- Between, le roman de Hartley adapté au cinéma par Losey. Comme dans The Go-Between, le narrateur est un jeune garçon impliqué malgré lui dans une passion amoureuse dont il ne saisit pas totalement les enjeux et où il jouera aussi un rôle fatal. Comme dans The Go-Between, les personnages sont brisés par les conventions sociales et une société à la morale rigide. Comme dans The Go-Between, les sentiments du narrateur par rapport à la figure féminine centrale dElisabeth Channing ne sont pas dépourvus d’ambiguité.
Mais Au lieu-dit Noir Etang, dont le titre français est plus évocateur que le titre original The Chatam School Affair reste original, d’abord par l’hymne à la liberté et à l’évasion qui souffle sur tout le roman et traverse tous les personnages jusqu’à celui de Sarah Doyle . Il est original aussi par la complexité des personnages, qui ne sont pas tout d’une pièce et se dévoilent progressivement ( notamment le personnage du père du narrateur). Il est original aussi par le rapport étrange du narrateur à son passé, à la fois idéalisé et honni. Il est original enfin par son dénouement , partiellement attendu certes, mais surprenant en définitive et réinscrivant finalement le texte dans le genre policier.

 

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