Au départ d'Atocha de Ben Lerner

6,7€ // 216 pages
Paru le 08/09/2016
EAN : 9782757849484

Au départ d'Atocha

Ben Lerner

Littérature

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Jeune poète américain en résidence d’écriture à Madrid, Adam Gordon écrit peu. Il fume beaucoup, va au musée, lit Tolstoï et Lorca… et s’invente une vie. Pour plaire à Isabel et Teresa, il leur raconte que sa mère est morte, que son père est fasciste. Fasciné par ses mensonges, il navigue sans cesse entre rêve et réalité. Jusqu’à ce que l’attentat de la gare d’Atocha vienne troubler sa fiction.

Né en 1979, Ben Lerner a été le lauréat de plusieurs grands prix de poésie. Au départ d’Atocha, son premier roman, a remporté le Believer Book Award et a figuré dans la plupart des sélections des meilleurs livres publiés aux États-Unis de l’année 2011.

« Ce premier roman impressionne par sa maîtrise, son intelligence et sa causticité. »

L’Express

« Audacieux, ce petit livre étonnamment dense parle autant du devenir de la poésie que du mensonge et de l'incommunicabilité… Voilà un écrivain à suivre, indubitablement. »

Bernard Quiriny, Le Magazine littéraire

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic

 

Commentaires

19 février 2017
mcv

J'ai plutôt bien aimé ce bouquin. Qui n'a jamais ressenti ce sentiment d'imposture que Ben Lerner décrit si bien ? J'ai souffert avec Adam de ses problèmes psychiques. Le malaise est bien présent. L'auteur n'explique pas, il décrit.

8 février 2017
Michèle CLAVIER

Ce « premier roman » du poète B.Lerner est un coup de maître. Bien écrit, à la 1ère personne, il nous fait vivre les états d’âme d’un jeune poète américain en résidence d’écriture à Madrid. Un étudiant qui travaille peu, navigue entre drogue et alcool, entre deux filles (Isabel, Teresa), entre désir de rester en Espagne et perspective de retour en Amérique, entre amour et jalousie, entre mensonge et réalité. Adam apparaît bien changeant, surprenant parfois. Bipolaire ? Tracassé aussi par des problèmes de communication (le livre joue sur le fait qu’Adam ne maîtrise pas bien l’espagnol, compréhension et expression).
Un livre magnifiquement écrit (dont un chat, puissant en émotions !), dense mais sans lassitude. Un peu d’érotisme, de la tendresse aussi. Tout contribue à faire ressentir le mal de vivre du personnage, que l’on quitte à la dernière page en meilleur état, tout de même : il reste en Espagne, Teresa y faisant vivre ses poèmes en espagnol…
Un vrai roman, une écriture à forte puissance émotionnelle. Une histoire qui interroge sur beaucoup de sujets existentiels. On se laisse prendre de sympathie pour plus d’un protagoniste de ce roman, tant il est vrai qu’on ne peut/doit pas jouer comme on veut avec les sentiments, avec la vie…

3 février 2017
Margaux MORCRETTE (Jury)

Au départ d’Atocha évoque la vie d’un homme en quête d’un sujet poétique. On comprend finalement que le sujet poétique est synonyme de personnage ici. En effet, la totalité du livre est poésie. Le personnage est touchant car il se situe toujours à la frontière entre deux choses. Il ne se voit ni comme poète, ni comme étudiant boursier méritant, ni comme bilingue. L’incertitude ne se trouve pas uniquement dans l’écriture de son recueil mais dans sa vie en général.
Un roman étonnant car de très nombreuses tournures rappellent la carrière poétique de l’auteur. Ben Lerner ne pourra pas cacher sa sensibilité poétique dans ce joli roman difficilement classable car la prose poétique et l’ajout de photographie n’étant pas sans rappeler certains romans surréalistes.
Peut être que ce roman permettra de rallier quelques sceptiques des arts du vers, vers quelques recueils vingtièmiste. En tout cas, Ben Lerner aura réussi à se créer une écriture reconnaissable et très spécifique dès son premier roman. En espérant que les prochains suivront. Cela est agréable de découvrir une telle petite perle arrivant du continent américain.

19 janvier 2017
carlier michel

On se perd un peu dans ce roman. Entre consommation de joints, d'alcool et de petites pilules blanches, Adam, poète américain, est pour le moins égaré dans Madrid. Il est séduit par les jeunes femmes espagnoles, mais a de gros problèmes pour communiquer dans une langue qui n'est pas la sienne. Il cherche à attirer l'attention sur lui en inventant une mère morte, puis la ressuscite gravement malade, laisse croire que son père est le dernier des fascistes.
Ce qui me dérange beaucoup, c'est qu'Adam ne cherche pas à comprendre la culture hispanique et les gens qu'il côtoie, il reste l'Américain dans un pays étranger.
On se demande même si l'attentat de la gare d'Atocha le touche vraiment, on le sent un peu à l'écart de tout ça, il n'y a que sa petite vie qui le préoccupe.
Ce roman est truffé d'éléments autobiographiques, Ben Lerner est poète comme Adam, sa mère était effectivement malade pendant son séjour à Madrid, il a vécu l'attentat à la gare en direct, etc ...
Ce qui me gêne surtout, c'est l'auto-apitoiement sur lui-même vraiment omniprésent.
Mais je comprends parfaitement le problème de l'incommunicabilité quand on ne maîtrise pas la langue, c'est un handicap qui renvoie dans la solitude, les joints et les petites pilules.
En résumé, impression très mitigée sur ce roman pourtant très bien écrit.

2 janvier 2017
MORCRETTE Margaux

Au départ d’Atocha évoque la vie d’un homme en quête d’un sujet poétique. On comprend finalement que le sujet poétique est synonyme de personnage ici. En effet, la totalité du livre est poésie. Le personnage est touchant car il se situe toujours à la frontière entre deux choses. Il ne se voit ni comme poète, ni comme étudiant boursier méritant, ni comme bilingue. L’incertitude ne se trouve pas uniquement dans l’écriture de son recueil mais dans sa vie en général.
Un roman étonnant car de très nombreuses tournures rappellent la carrière poétique de l’auteur. Ben Lerner ne pourra pas cacher sa sensibilité poétique dans ce joli roman difficilement classable car la prose poétique et l’ajout de photographie n’étant pas sans rappeler certains romans surréalistes.
Peut être que ce roman permettra de rallier quelques sceptiques des arts du vers, vers quelques recueils vingtièmiste. En tout cas, Ben Lerner aura réussi à se créer une écriture reconnaissable et très spécifique dès son premier roman. En espérant que les prochains suivront. Cela est agréable de découvrir une telle petite perle arrivant du continent américain.

23 décembre 2016
Michèle

Un premier roman courageux qui ne peut laisser le lecteur indifférent, par sa forme, son style, mais aussi par le foisonnement des idées et la volonté évidente de toucher du doigt l'immense complexité de la nature humaine.

17 octobre 2016
jeanne M.

Adam Gordon quitte l'Amérique après l'ébranlement du 11 septembre.Il a obtenu une bourse d'études à Madrid, où il sera en résidence, pour écrire sur les relations entre poésie et guerre civile,mais il ne maîtrise ni la langue espagnole, ni la poésie,ni la période de la guerre civile qui ne l'intéresse pas.Il fuit une société ébranlée, pour entrer à Madrid dans un milieu littéraire et artistique encore pris par "la movida", mouvement de libération totale de l'individu, après la dictature, où drogues, alcool,sexualité,optimisme débridé sont de rigueur dans la classe aisée.Ces relations sont floues et ambigües,mensonge et vérité sont inextricables, tout comme chez Adam qui souffre de schizophrénie, est dépendant de ses cachets et oscille sans cesse entre mythe et réalité, action et introspection. Un nouvel ébranlement social le secouera avec l'attentat d'Atocha et, très égocentré, il sera en proie à de nouveaux atermoiements, pour finalement quitter Madrid.
Ben Lerner est un poète et ce premier roman tire son intensité du thème de l'entre deux angoissant qui imprègne toute l'oeuvre, avec une réflexion sur l'apport de la poésie et de l'art, sur l'incommunicabilité, dans une société ébranlée,dans un monde en mutation,où l'individu est en perte de repères.