Academy Street de Mary Costello

6,5€ // 192 pages
Paru le 14/04/2016
EAN : 9782757858974

Academy Street

Mary Costello

Littérature

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Tess a 7 ans. Alors qu'elle joue tranquillement dans le grand domaine familial, sa sœur Claire l'emmène au pied du monumental escalier. Là, elle comprend. Sa mère vient de mourir. Avec cette perte, se creuse en l'enfant silencieuse une solitude fondamentale. Après des études d'infirmière à Dublin, Tess suit sa sœur à New York. La timide jeune femme se laissera-t-elle emporter par le tourbillon de la ville ?

Originaire de Galway, Mary Costello vit à Dublin. Academy Street est son premier roman.

« Ce livre est une merveille.»

Ron Rash

« Avec une extraordinaire dévotion, Mary Costello donne vie à une femme qui aurait pu se fondre dans la masse des fragiles et des humbles.»

J.M. Coetzee

Traduit de l'anglais (Irlande) par Madeleine Nasalik.

 

Commentaires

7 juin 2016
LARDAUX Gérard

"Abouti" est un qualificatif qui m'est venu en cours de lecture avant même que je ferme joyeusement ce livre. Sa narration est simple, belle. Il n'y a rien de trop, c'est maitrisé malgré le survol ambitieux d'une vie, d'où cet abouti qui surgit. Cette écrivaine ira, sans nul doute, plus loin, dans d'autres contrées. Elle n'est pas "au bout" de nous surprendre.
Je garde ce roman très près (prêt) de moi même si j'ai très envie de le prêter, de l'offrir.

30 mai 2016
Richard S.

Ce joli roman court raconte l’histoire d’une jeune irlandaise, depuis sa tendre enfance, au moment du décès de sa mère jusqu’à ses années de vieillesse. Un parcours incroyable, depuis la vie âpre en Irlande dans une famille écrasée par un père autoritaire et austère jusqu’à la vie de femme dans le New-York des années 60. Un destin de femme raconté avec une belle écriture légère, qui ne s’encombre pas de longues descriptions. Le roman avance vite, mais tout en finesse. Un très beau roman poétique, chargé d’émotion – à découvrir.
Ce livre m’a fait penser au Film Brooklyn de John Crowley, vu au cinéma il y a quelques semaines. On y retrouve aussi le destin d’une jeune irlandaise partie tenter sa chance aux États-Unis

20 mai 2016
Rémi Dufétel

Journaliste de formation, Michel Moutot, sans sensationnalisme aucun, traite le sujet des attentats du 11 septembre 2001, dont les images nous paraissent encore aujourd'hui irréelles, sous le prisme de la participation de plusieurs générations d'Indiens, devenus les fameux "Ironworkers", à la construction des ouvrages faisant la plus grande fierté de l'Amérique du Nord, symbole de leur puissance. Un hymne au noble patriotisme, le vertueux, la démonstration d'une intégration peut être imparfaite mais qui existe, une belle fresque de l'Amérique sur plus de 100 ans ... ce livre est un petit peu de tout cela ... roman qui aurait pu à différents moments se laisser aller à un romanesque facile et convenu mais qui maintient le cap pour exister entre fiction et réalité, sans jamais que le lecteur ne sache vraiment ce qu'il en est. Et n'est-ce pas là l'essentiel ? Bravo Monsieur Moutot, et merci.

16 mai 2016
Florence C.

Depuis la perte de la mère à sept ans jusqu’à une autre perte à plus de soixante ans, le livre retrace une existence sans éclat, marquée par la solitude. Après le décès de sa mère, le silence s’abat dans la maison et c’est comme s’il entrait dans le cœur de Tess pour ne plus jamais en sortir. Installée à New York, Tess se mêle peu aux autres, elle ne va pas au combat, elle esquive, laisse couler les événements sur elle sans en être atteinte ou si peu. Elle aurait pu vivre sur une île déserte, son existence aurait été assez proche de celle qu’elle mènera à New York.

Mary Costello, avec une écriture lumineuse, nous attache au destin de cette émigrée ordinaire dont elle dresse un magnifique portrait. Bien qu’en marge de la vie, Tess est ultra-sensible, incroyablement réceptive aux signes, aux vibrations du monde qui l’entoure. Bien que seule, elle voudrait ne faire qu’un avec le reste de l’univers. De nombreux passages sont poignants.

Si le nombre de pages peut paraître faible comparativement à la durée couverte, c’est que Mary Costello s’attache à l’essentiel, aux éléments qui permettent aux lecteurs de toucher au cœur même de Tess.

Ce (premier) roman est un bijou de sensibilité, une petite merveille qui marque le cœur.

13 mai 2016
Carolivre

Academy Street fait partie du dernier envoi des éditions Points. La couverture, très belle, m’a poussée à ouvrir ce petit roman d’à peine 200 pages. Au final, je suis assez mitigée. Je ne peux ni dire que j’ai aimé ce roman ni affirmer que je ne l’ai pas apprécié.

Commençons par les points positifs. L’écriture (et donc la traduction) est juste magnifique. Mary Costello manie divinement bien la langue et toutes ses nuances. Elle a un style vraiment très beau. Au début du roman, j’ai véritablement eu les larmes aux yeux lorsqu’elle décrit la détresse de Tess qui assiste à l’enterrement de sa mère. L’auteur raconte avec justesse toute l’incompréhension de la petite Tess, âgée de 7 ans, qui ne saisit pas vraiment ce qui se déroule sous les yeux. La scène inaugurale est déchirante.

J’ai apprécié aussi la partie du roman qui se déroule en Irlande. La famille de Tess est nombreuse. Le père n’est pas tendre avec ses enfants et on imagine sans peine la dureté et les peines dans la vie de Tess. L’auteur nous plonge dans une Irlande à la fois belle et cruelle. J’ai beaucoup adoré cette atmosphère sauvage.

Cependant la suite du récit m’a beaucoup moins emballée. Alors que Tess devient infirmière, elle décide de rejoindre sa sœur Claire à New-York. Là-bas, la jeune femme va vivre une existence faite de labeur et de solitude. En réalité, l’histoire de Tess est intéressante. Cette jeune fille va vivre une partie du rêve américain en s’intégrant à la société et en travaillant mais c’est l’héroïne en elle-même qui ne m’a pas plu. Tess est molle, passive et se complaît dans une attitude attentiste. J’ai eu envie de la secouer comme un prunier tout au long du livre. Tess est « molle du genou » et c’est peu dire! Elle semble assister à sa propre vie, ne prend guère d’initiative et reste dans une inertie qui m’a parfois exaspérée.
Son destin ressemble à celui d’une héroïne tragique mais sans le sang et les larmes…. Tess semble être écrasée par la fatalité et ne fait, en tout cas, rien pour aller de l’avant.

Si Academy street a su m’émouvoir à certains moments, le personnage de Tess bien trop timoré à mon goût m’a ennuyée. C’est vraiment dommage car l’écriture de l’auteur est magnifique et nous emmène loin dans l’émotion.

12 mai 2016
Johanna Lilas

Irlande dans les années 1940 : Tess a 7 ans lorsque sa mère meurt de la tuberculose. Pour la petite fille c'est un choc. Les premiers chapitres du roman sont consacrés à cette période de l'enfance. Devenue adulte, elle décide de partir aux Etats-Unis à New-York pour être infirmière et gagner son indépendance grâce au travail. Elle doit s'adapter à un nouvel environnement qui, souvent la dépasse complètement. Le regard de la jeune femme évolue sur la société, puis elle se retrouve enceinte et fait le choix d'élever seule son enfant. Comme la plupart des êtres humains, elle vit des drames qui la touchent profondément. Tess se lie d'amitié avec sa voisine, s'investit beaucoup dans son métier et dans l'éducation de son fils. Lorsque son enfant la quitte pour voler de ses propres ailes, la solitude devient pesante mais elle accepte la situation avec résignation.

On s'identifie facilement à Tess car elle a une vie ordinaire. C'est un personnage très effacé et introverti. Mary Costello fait évoluer la psychologie de Tess de manière très crédible. C'est d'ailleurs, cette dimension du roman qui m'a plu. Le texte est agréable à lire et 192 pages sont suffisantes pour dépeindre la vie de Tess.

L'Irlande, l'émigration vers les Etats-Unis, la solitude sont des thèmes qui m'ont particulièrement intéressés.

J'ai apprécié ce roman sans avoir de coup de cœur car finalement Tess a une vie de femme ordinaire.

12 mai 2016
Cédric Moreau

Pour son premier roman, Mary Costello fait montre d'un talent et d'une virtuosité indéniables ; sa plume est à la fois poétique, sensuelle, pertinente, élégante et personnelle. Elle nous transporte dans son récit avec brio et il est difficile de se résigner à poser le livre une fois sa lecture entamée. Un roman prenant, fort agréable ; il est juste dommage qu'il soit si court – 176 pages –, on le referme à regret.

12 mai 2016
Eva

Ce court roman évoque la vie de Tess, petite fille irlandaise qui perd sa mère au début du récit. On suit l'enfant, discrète et solitaire, à l'école à la campagne, puis dans ses études d'infirmière à Dublin, et enfin à New York où elle va rejoindre sa sœur à l'âge de vingt ans. C'est un portrait de femme de son plus jeune âge jusqu'à l'orée de la vieillesse que nous propose Mary Costello.

Il est difficile de faire vivre un personnage sur près de soixante ans, et encore plus en si peu de pages - moins de 200, mais Mary Costello y arrive très bien. Malgré des ellipses, elle arrive à dresser un portrait détaillé et profond de cette femme solitaire et effacée, qui sera toute sa vie marquée par des drames. L'auteur rend très bien cette impression de solitude, de silence, de distance envers les autres qui marquera la vie de Tess, mais aussi les émotions de cette dernière. Il faut dire que la vie de Tess n'est pas folichonne : elle perd sa mère très jeune, sa sœur décède également de manière tragique, elle a peu voire pas d'amis, la seule personne sur laquelle on fonde un peu d'espoirs pour qu'il amène de la joie et du bonheur chez Tess se révélera très décevante, sa seule expérience sexuelle aura des conséquences "embarrassantes", et j'arrête là la liste des malheurs pour ne pas dévoiler une partie de l'intrigue, mais le récit est empreint de tristesse et de mélancolie.

Alors oui, "Academy Street" est très bien écrit, et il y a de très beaux moments, comme celui où Tess devient amie avec sa voisine Willa, ou lorsqu'elle découvre la lecture. Mary Costello a une écriture fine et délicate, qui réussit très bien à traduire l'intime et à créer des atmosphères et on s'attache à Tess. Pourtant, même si je l'ai plainte car elle collectionne les malheurs, je n'ai pu m'empêcher d'être un peu agacée par ce personnage qui subira sa vie du début jusqu'à la fin. D'un caractère timide et effacé, elle a une approche contemplative de la vie qui donne parfois envie de la secouer. Elle ne manque cependant pas d'initiative, au lieu de rester dans le petit village irlandais où elle est née, elle choisit de partir à Dublin, puis de partir aux Etats-Unis, mais elle ne semble pas profiter des opportunités qui s'offrent à elle, trop timorée pour vraiment prendre en main son destin. Ce sont toujours les autres qui viennent vers elle, David ou Willa - sans cela elle resterait seule, dans son coin, à regarder filer sa vie. Elle ne cherche pas réellement à retrouver le père de son enfant, et à le mettre face à ses responsabilités, préférant être mère célibataire - avec les difficultés induites par cette situation, et encore plus dans les années 60 avec l'opprobre que cela pouvait susciter - que d'aller à la confrontation. Elle ne cherche pas non plus à rencontrer d'autres hommes, restant figée dans sa solitude en attendant que les années passent. Tess a des émotions, une vie intérieure plutôt riche, mais elle apparaît comme une petite souris effacée, ballottée au gré des circonstances.

C'est cet énervement face à cette héroïne trop passive à mon goût qui m'a empêché d'adhérer complètement à "Academy Street". Je reconnais cependant l'intérêt de ce livre, qui reste un beau portrait de femme, riche et bien mené, ce qui n'est pas évident sur autant d'années, et le talent d'écriture de Mary Costello, une auteure à découvrir et dont c'est le premier roman. "Academy Street" n'est clairement pas un livre qui donne la pêche, même s'il peut inciter à se prendre en main de peur de subir sa vie comme Tess, mais c'est une jolie réussite.

11 mai 2016
Fabienne Defosse-Verrier

Academy Street est le premier roman de Mary Costello. Cent quatre-vingt-neuf pages consacrées à la vie de Tess qui nous mène de l’Irlande rurale des années 1940 à New York après le 11 septembre.

Tess Lohan n'a que sept ans lorsque sa mère meurt de la tuberculose. Avec elle, non seulement la radio s'éteint mais également le son de sa propre voix. Tess se réfugie dans le silence et s'enferme dans la solitude. Nous sommes en Irlande dans les années 40, dans le vaste domaine familial d’Easterfield. Tess grandit dans l'indifférence de son père et de tous les siens sauf de Clara, sa sœur aînée. Mais le rêve américain, New York, va la priver de son seul repère. Tess se retrouve alors vraiment seule. Elle a vingt ans lorsque des études d’infirmière la mènent à Dublin. Son diplôme obtenu, Tess rejoindra sa sœur à New York. La vaste métropole et le tourbillon des années 60 emporteront la timide jeune femme vers son destin. Un destin d'une femme solitaire qui n'aura rien d'exceptionnel. Une femme qui subit la vie, qui s'interdit de la croquer. Une femme qui vit sa vie par procuration à travers les personnages des livres qu'elle dévore. Tess ne connaîtra jamais l'amour. Elle se donnera à un homme une seule et unique nuit. Quelques heures sans plaisir suffiront pour que Tess devienne mère. Une mère isolée qui élèvera son fils, Théo. Une femme et une mère condamnée à rester seule dans son appartement d'Academy street. Heureusement, Willa, sa généreuse voisine noire, lui apportera de précieux instants de bonheur.

Mary Costello nous propose le portrait d’une anti-héroïne. Une femme désespérément seule, trop effacée, une femme craintive, paralysée par la peur de l'abandon que la vie n'épargnera pas. Tess est ce genre de femme que l'on voudrait secouer, que l'on voudrait voir réagir, mais l'écriture et le style de l'auteure font que nous nous résignons et acceptons le sort de Tess. Peu à peu Mary Costello nous révèle son héroïne telle qu'elle est, à savoir une femme d'une sensibilité étouffée, secrète, une femme somme toute banale mais qui possède une beauté intérieure touchante. Academy Street balaie plus d’un demi-siècle de la vie d'une femme sans importance que la plume délicate de son auteure magnifie et rend romanesque. Comme quoi les anti-héros sont de vrais personnages de roman. Un premier livre à découvrir et une auteure à suivre...

10 mai 2016
Anja

Le roman de toute une vie!
La vie de Tess de 7 à 77 ans... dévoré en deux jours! Dévorer une vie en deux jours, ça fait une sensation bizarre... Une sensation belle mais terrible que la vie est à la fois grande et insignifiante. Surtout la vie de Tess... De son Irlande natale dans les années 1940, où nous partageons sa douleur devant la perte de sa mère et la froideur de son père, à son exil américain; de l’excitation du premier amour et des affres de la maternité jusqu'aux premiers signes de la vieillesse, Mary Costello nous fait partager en profondeur l'intimité de cette femme douce et discrète confrontée aux aléas de la vie et de l'histoire.

Portée par une écriture parfaitement maîtrisée et par moments bouleversante, Academy street est un roman qui se dévore et qui ne peut pas laisser indifférent. Le style faussement détaché provoque une vraie émotion que je n'ai personnellement pas pu contenir et j'ai commencé le roman comme je l'ai terminé : en larmes!

Malheureusement, si il est indéniablement bon, ce roman est aussi sans conteste assez déprimant et c'est pourquoi j'en garde un souvenir de lecture mitigé, sa profondeur et sa finesse m'ont touchés mais la depressivité ambiante et le défaitisme de Tess m'ont été par moments trop lourds et même pénibles.

Une petite pépite quand même! Mais à lire de préférence quand on est de bonne humeur...

3 mai 2016
Laura D.

Ce livre dresse le portrait d'une femme, de sa jeunesse jusqu'à sa vieillesse. Sa vie donne un sentiment de solitude. Tess est une enfant qui perd sa mère à 7 ans. Elle se réfugie dans le silence. Son adolescence est rapidement parcourue. Jeune adulte, de sa terre natale d'Irlande, elle déménage en Amérique. Tout est nouveau et plus précipité. Comme toujours, elle semble ne pas s'accorder au rythme des autres. Le récit, bien que raconté à la troisième personne, est très introspectif. La narration est très juste et très belle. Une jolie découverte !

 

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